‹ La Réunion et MadagascarChapitre 23 sur 32 · PARNY · texte numérisé non relu

PARNY

Evariste-Désiré Desforges Parny naquit à Bourbon le 6 février 1753. Dès l’âge de neuf ans, on l’envoya en France, au collège de Rennes, où il fit de brillantes études.

D’une nature sensible, affectueuse, impressionnable, Parny se laissa séduire par le mysticisme de la religion, et résolut d’entrer dans les ordres; il vint à Paris, au séminaire de Saint -Firmin, avec l’intention de s’enfermer à la Trappe. Pendant les huit mois que dura son séjour dans la retraite, il réfléchit, étudia, et sa foi disparut; il quitta la soutane pour prendre l’épée.

Au commencement de 1773, Parny, qui servait alors aux Indes, fit connaissance d’une jeune créole dont il devint éperdument épris. Cette passion, née sous les plus doux aupices, eut une fin malheureuse qui détermina le retour de Parny en France. C’est à ces chagrins que nous devons les premières poésies de Parny : il dit en vers touchants, simples et mélancoliques l’histoire de

(1) Georges Azéma, Histoire de Vile Bourbon. Paris, 1862, in-8. H. Plon.

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ses tristes amours avec Eléonore qui, forcée d’obéir à là volonté d’un père, abandonna Parny pour en épouser un autre. Cette douleur vraie suivit le poète presque jusqu’au tombeau.

En 1786, Parny revint en France après un secôii'd voyageaux Indes; il ne demanda aucune faveur, sa fortune suffisant à ses goûts simples; il s’éloigna de la ville, et dans la retraite qu’il s’était choisie, loin du bruit, il composa le Poème des fleurs et la Journée cliàiïïpêtre.

Parny accueillit avec bonheur la nouvelle de la révolution de 1789; la régénération politique delà France excita au plus haut point son enthousiasme.

Tout occupé de la patrie, le poète ne songeait plus qu’à elle; bientôt sa fortune disparut par des remboursements en assignats et par la réduction des rentes; il avait vendu jusqu’à ses livres. Il ne se plaignit jjâs; mais il se vit obligé de demander, en frimaire an IV , iitl emploi dans les bureaux de l’instruction publique, où il se distingua par son exactitude et la netteté de son travail; il fut ensuite, pendant près d'une année, l’un des quatre administrateurs du théâtre des arts.

Malgré ses nombreuses occupations, Parny n’abEttidonna pas la poésie, et continua à publier plusieurs ottvrages: YEpître aux insurgents, la Lettre aux assiégeârïté du camp de Saint-Roch , le Coup d'œil sur Cythèrè j Y Epître aux infidèles , la Confession d'une jolie femrne ; puis plus tard, en février 1799, la Guerre des Dieux , cet

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ouvrage qui lui a été tant reproché depuis, malgré les qualités littéraires qu’il renferme.

Plus tard, par la protection de M. Régnault de Saint- Jean-d’ Angcly, Parny fut élu à l’Académie. Depuis lors, grâce à la générosité d’un de ses amis, son admirateur, M. Français, de Nantes, Parny put jouir dans sa vieillesse d’une douce aisance et de la sécurité.

Longtemps après leur séparation, Eléonore, devenue veuve, écrivit à son ancien ami ; elle lui offrait sa main et voulait passer avec lui les derniers jours qui leur restaient à vivre. Parny fut touché; mais il s’écria :

— Ce n’est plus Eléonore !

Et il ne répondit pas.

En novembre 1802, le poète épousa Marie-Françoise- Grâce Vallée, originaire, comme lui, de l’île Bourbon.

Parny mourut le 5 décembre 1814. M. Etienne, alors directeur de l’Académie française, fit entendre des paroles de douleur sur la tombe du poète que la France pleurait.

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