syndicats ouvriers avec 437-793 membres
176 syndicats mixtes avec 34.236 membres.
Pour Fagriculture, à la même date, 1.824 syndicats agricoles avec 491*692 membres.
Mais ce développement remarquable a été, pour ainsi dire, annihilé par les efforts d'un ennemi que nous avons déjà vu surgir aux premiers Congrès ouvriers: le marxisme, qui, transposé en France sous le nom de collectivisme, s'en vient, comme un parasite, les réalisations une fois obtenues, se poser sur elles et en sucer, jusqu'à consomption complète, les germes multiplicateurs des futures moissons. Les
1. La loi est encore restrictive de la liberté en ce sens que les syndicats professionnels ne peuvent acquérir d'autres immeubles que ceux qui seront nécessaires à leurs réunions, bibliothèques et cours d'instruction professionnelle (art. 6). C'est toujours la méfiance organique du principe d'autorité qui reparaît.
syndicats professionnels,au lieu de se livrer à Tétude des questions économiques, au lieu d'être Tinstniment d'amélioration et d'élévation du prolétariat se sont, écoutant de malencontreux avis, lancés dans la politique. Ils se dépensent en agitations stériles et dangereuses, préconisent la violence comme la meilleure solution des conflits, condamnant ainsi l'ouvrier à une perpétuelle minorité, à une rétrogradation immorale et désastreuse. Au nom de la justice, au nom de la dignité humaine et pour l'honneur du prolétariat, entre le Mutuellisme et le Collecli- . visme, ces deux frères ennemis, la lutte doit être engagée sans merci; il faut que l'un tue l'autre (i). Alors seulement, les syndicats professionnels rendus à la liberté, à Tessence de leurs fonctions, donneront tous leurs fruits. Pour le moment, bompns-nous à constater qu'il n'existe qu'un grand cadre d'études. Quant aux syndicats agricoles qui, eux aussi, ont pris un développement considérable et exécutent par eux-mêmes ce qu'ils délibèrent puisque leurs membres sont en majorité de petits propriétaires fonciers, il ont rendu de très estimables services. Ils ont commencé par être des associations pour Tachât en commun de fourrages, d'engrais, puis de machines, indispensables à cause de la rareté de la main-
I . Une réaction s'est faite contre les tendances collectivistes par la création de syndicats, dénommés par dérision par les rouges, syndicats jaunes. Nous n'avons pas plus de tendresse pour les uns que pour les autres, ne nous arrêtant jamais aux mesquineries de Tétiquette. Nous combattons les divisions et Voulons faire l'union de tous les ouvriers sur les données mutuellistes, ce qui pousse à la négation du collectivisme .
d'œuvre et de l'économie inévitable dans tout travail intensif fait par Foutil multiplicateur. Ils ont créé des associations d'élevage, des laiteries, des fromageries (i), etc., et sont même arrivés dans certaines régions à localiser les industries connexes à Tagriculture, à établir sur place la prospérité économique par une entente bien comprise de l'interdépendance des facteurs de la production (a).
Le mouvement syndical s'accentue donc d'une manière sensible en France. Il est tout aussi prospère à l'étranger :
En Angleterre, la loi de 1869 et surtout le Trade Union Actde 187 1 reconnurent l'existence des syndicats (Trades- Unions) qui existaient déjà en fait. Après quelques velléités combattives, ces associations comprirent vite que le terrain des réformes pratiques était leur meilleur champ de développement et d'amélioration.
A la fin de 1898, il y avait 1.267 t rades-unions et 13.738 unions locales avec un total de i .644-591 membres, c'est le plus haut chiffre constaté, et 112 fédérations d'union avec 1.009.690 membres.
, I. D'après Y Emancipation du i5 novembre 1898 il y a environ s. 000 fromageries coopératives dans le Jura et les Savoies.
a. Dans les centres viticoles, les Syndicats agricoles sont malheureusement restés à la phase primitive de l'achat en commun des fourrages et engrais. Tout comme dans les entreprises exclusivement capitalistes, des dividendes sont distribués SLVLX actionnaires, les bénéfices étant prélevés sur le groupe exploitable des adhérents. Il faudrait que ces derniers fiissent tous appelés à être actionnaires par un prélèvement £ait sur les économies résultant de leurs achats.
En Allemagne on compte 507,747 sjoidîqués. En Autriche .... 100.000 »
En Belgique .... 100.000 »
En Danemark. . . . 90.000 »
En Suisse 3o.ooo »
Le mouvement syndical est donc un mouvement européen. Il est assez répandu pour qu'on tienne un grand compte de cette réalisation pratique du Mutuellisme d'autant plus que, si la tendance des syndicats est bien comprise, si elle ne subit ni entraves ni déviations, ce sont eux qui serviront de cheville ouvrière à la trame de l'économie mondiale travaillée par une large application de la formule mutuelliste.
Et maintenant quelles conclusions allons-nous tirer de cette revue historique ? Les suivantes :
lo Que la coopérative, l'assurance mutuelle, le syndicat professionnel étant des associations fondées sur le principe de réciprocité^ puisque Teffort d'un seul concourt au bien de tous et que Teffort de tous concourt au bien d'un seul, alors que d'autre part, elles ne mettent pas à Tordre du jour la question de suppression de la monnaie de métal, sont des applications inconscientes, anticipées du Mutuellisme PRATIQUE formulé dans la balance plus haut énoncée : Consenmtion du numéraire — Association réciproci taire.
ao Vérité subséquente : que le Mutuellisme n'est pas un leurre comme toutes les décevantes théories qui l'ont précédé ou suivi (i), mais un socialisme positif, aboutissant à des réalisations pratiques.