I. Du Principe fédératif, chap. XI, p. m
longe toujours. Les élections de i863 ayant fait arriver au Corps législatif des candidats de Topposition républicaine qui, d'après la Constitution, devaient prêter serment de fidélité à rempcreur, dans la brochure : Les Démocrates assermentés^ c'est Tabstention qu'il recommande aux électeurs, attitude plus digne que celle de ces tribuns brouillons prêts au parjure envers le monarque ou à la duperie envers le peuple. 11 écrit dans le Messager de Paris de Nouvelles Observations sur l'Unité ita-
LiENNE (i864) et tombe enfin ayant eu juste le temps de dicter à un ami la conclusion d'un ouvrage-programme : De la Capacité politique des classes ouvrières (i 865) où,toul en combattant la contrainte de la force reconnue dans le droit de coalition et de grève, il recommande aux ouvriers l'abstention politique et surtout une alliance nécessaire avec la classe moyenne. Il finit sur cette pensée de concorde (i) terrassé, à Tage de 56 ans (16 janvier i865), par une maladie de cœur dont il soufl'rait depuis longtemps, laissant à des amis dont le dévouement égalait l'admiration ressentie pour ce grand et ans- 1ère génie, le soin de mettre ordre à ses écrits et de les publier après en avoir rempli les vides et donné la dernière forme. Ses exécuteurs testamentaires : Langlois, Duchêne, Chaudey, Rolland, Bergman le vieux camarade d'école, Delhasse trouvèrent tant d'ouvrages en chantier que Ton reste étonné devant une telle puissance de travail, une telle ampleur de vues pour mener de front des développements si peu connexes en apparence. Ce sont :
1, Delà Capacité politique des classes ou^rièreSy chap. IX, p. 346.
!• Du PRINCIPE DE l'aRT ;
2« Théorie de la Propriété ;
3** Géographie politique et Nationalité ;
France et Rhlx (réfatatioa d'Amédée Thierry) ;
5° Théorie du mouvement constitutionnel en Europe ou qu'est-ce enfin que la République?
6o Histoire de Jéhovah ;
'f Conclusions sur les Evangiles et la vie de Jésus ;
8° Histoire de Pologne;
9*» Parallèle entre Napoléon I*' et Wellington (réfutation de Thiers) ;
lo" De la Pornocratie ou les Femmes dans les TEMPS modernes ;
1 V Les Normaliens ;
12° Histoire condensée de Napoléon I«' d'après Thiers ; -
13° Critique littéraire (Revue. V. Hug^, Renan, Lamartine) ;
\!\Q Cours d'Economie politique ;
i5o Suite du Spéculateur a la Bourse (nouveau Manuel) ;
i6o Mélanges (i) (articles sur divers sujets).
De tous CCS ouvrages, quelques-uns étaient à pey. près achevés. Ce sont :
Du Principe de l'Art sujet d'esthétique, contenant des appréciations originales mais ne justiGant pas un titre trop ambitieusement philosophique. On aurait dû plus justement l'intituler : Défense de
I. Ses amis firent rééditer sous un format uniforme ses anciens ouvrages sous le titre Œuçres complètes par opposition aux Œui^res posthumes qu'ils devaient parachever.
l'art réaliste dont le peintre Courbet était alors le plus renommé représentant.
La Théorie de la Propriété à laquelle Proudhon travaillait depuis i86:a semble répondre, au crépuscule de sa vie, à Tinterrogation dont il titrait son premier mémoire socialiste à l'aurore de sa fulgurante carrière.
Cet ouvrage peut être présenté comme un chefd'œuvre de sagesse. Oui, la propriété est légitime et pour la découvrir telle, ce n'est pas dans son principe qu'il faut chercher celte légitimité comme tous les économistes l'ont fait jusqu'ici — on en reviendrait aux premiers errements — mais dans sesjins(i). On doit, par raison, accepter les abus delà propriété et permettre cet absolutisme, pour si vicieux et antisocial qu'il soit, pour n'être pas écrasé par celui de l'Etat auquel il fait contrepoids. C'est la propriété qui a provoqué toutes les réformes, toutes les chutes de dynasties, depuis la loi de Licinius Stolo (376 avant J.-C.) en passant par la Grande Charte de Jean sans Terre jusqu'à la Révolution française. C'est par elle que l'individu, assuré de sa liberté, trouvera la place de sûreté de son indépendance antithétique de la puissance de concentration de l'Etat. On ne saurait détruire sans péril pour l'humanité ce « pivot » ce « grand ressort de tout le système social » (2).
De la Pornocratie nous révèle chez un Proudhon misogyne la plus belle des vertus humaines, la chasteté, la plus haute des expressions de notre