‹ La revanche de ProudhonChapitre 18 sur 140 · L'endroit du premier mémoire cité plus haut · texte numérisé non relu

L'endroit du premier mémoire cité plus haut

titué par un contrat international et s^^allagmatique, éclose plus tard dans son cerveau, il était pérMi^oirement établi avant la deuxième république que Pn>ndbnTi n'était pas anarchiste au sens vulgaire du mot. Bavait usé d'une terminologie savante, des ennemis de maoTÛse foi abusaient de Téquivoque.

L'accusation d'athéisme va tomber à son tour ; une simple explication de méthodoi contiendra la réputation d'un pareil grief.

On sait déjà que Proadhon, empruntant à He^elsa dialectique, pose l'antinomie comme forme des idées et des faits. Ainsi, rien ne peut être ni pensé ni agi qui n'affirme par ce seul fait sa particularité, c'est-àdire sa séparation et par suite son opposition avec un je ne sais quoi d'intrinsèquement indifférencié non pensé et non agi. Je pose par exemple l'affirmation de mon mot, j'en pose aussi la négation puîsqu'en me séparant du non moi, j'affirme du même coup qu'il existe. Ainsi les contradictions coexistent pour le tout comme pour la partie : affirmation négative, négation affirmative, c'est tout un.Et toutes ces antinomies particulières par l'opposition de nos pensées et de nos actes se révèlent sous l'antinomie générale de V Idée-Réalité , ultime forme contradictoire de nos manifestations personnelles au delà de laquelle nous ne pouvons plus rien sonder car il dépasse notre raison de démontrer par I'Indémon- TRABL£,en nous appuyant sur F Absolu, quelle cause engendre la Contradiction.

Comment donc Proudhon, après avoir constaté dans l'humanité la présence indéniable du concept théologique, forcé, par sa méthode dialectique, de

saisir ropposition de l'HOMME, sujet-objet rfer^aW^ avec DIEU, sujet-objet (Tidée^ aurait-il illogiquement nié ce dernier terme nécessaire à son antithèse (i). Autant dire que pour marcher une seule jambe suffit. Et remarquons comme tout s'enchatne dans cette dialectique implacable. Du moment que Dieu se trouve être antithèse de l'Humanité, que cette contradiction à la fois faiblesse et source de progrès inhérentes à rhomme, si elle n'existait pas, entraînerait arrêt ou plutôt absence de mouvement, indifférenciation, amorphisme, caractères essentiels de l'absolu théologique, l'accusation d'athéisme se trouve réfutée en même temps que celle d'anarchisme exposée plus haut. Et cette contradiction primordiale dénommée par Proudhon : Antithéisme(2), se reflète dans le gouvernement des hommes. L'antagonisme règne entre le principe d' AUTORITÉ, reflet théologique, et le principe de LIBERTÉ, reflet humanitaire. Si jamais ces termes contradictoires parvenaient à se résoudre en une synthèse, clôture de la série simple, la Justice, but de la philosophie proudhonienne, serait atteinte (3). Donc Dieu est tout aussi nécessaire que l'Humanité. Voilà donc, par le seul argument dialectique de nécessité méthodique, l'accusation d^athéisme logiquement réfutée. Mais surabondance de preuves, Proudhon va s'expliquer lui-même et en des termes qui ne laisseraient aucun doute s'il pouvait encore en subsister.

1. Contradictions Economiques, Tout le chapitre VIII : «De la Providence » et spécialement p. 871.

2. Encore un terme de dialecticien que des rhabiileurs ignorants ou de mauvaise foi peuvent facilement travestir.

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