CONSÉQUENCES DE LA BANQUE MUTUELLISTE
Suppression des Intermédiaires (p. 17a) entraînant : i*" économie considérable ; 2"^ reci*udesceace de la consommation ; 3<» recrudescence de la production. — La Banque n'est pas elle-même un intermédiaire. — Moyens de réalisation : A) Syndicat de production et de consommation ; B) Mutualité ; C) Comptoir de Vente.
Suppression de l'Intérêt (p. aoa). — L'intérêt est illégitime parce que : a) le capital c'est le travail et rien que du travail ; &)rhomme produit sa subsistance et rien que sa subsistance ; c) dans la nature, il y a identité du produit net e^ produit brut.
Gratuité DU Crédit (Voir page). — Le crédit doit être gratuit car celui qui prête ne se priçe pas. — On peut annuler les intérêts par la compensation, même au cas où l'intérêt serait le prix du transport de la valem\ — L'intérêt n'est pas le prix du temps, de l'avance, car la durée du crédit en mutuellisme égale zéro.
Du moment que la banque disparaît comme spécialité économique indépendante, qu'elle n'est plus qu'une succursale de toutes les maisons de commerce et de production, dont les représentants ou directeurs lui ont donné la vie par leur libre adhésion, du moment qu'elle est supprimée dans son rôle d'intermédiaire isolé et reparaît comme organe adjacent nécessairement surétabli comme point de convergence de la circulation pour rétablir, produit contre produit, l'égal échange — A =: A — et par
contrecoup rechange direct, la conséquence primordiale sera, logiquement, i^ suppression des intermédiaires.
Or, le métal que nous voulons chasser de la circulation est encore tout comme ses détenteurs un intermédiaire ; puisque en supprimant toute intermédiarité, nous annihilons ce qui constituait sa puissance et sa force de reproduction, c'est-à-dire le péage prélevé par elle sur la circulation sous des noms divers : escompte, intérêt, fermage, loyer, etc., l'or réduit à l'état de marchandise, n'étant plus monnaie nécessaire, ne peut désormais rien rapporter, d'où découle, deuxième conséquence logique, 2° la suppression de rintérêt.
Mais si l'argent ne se fait plus payer dans son prêt; si, d'autre part, pour vivre ou s'enrichir, le seul moyen est de produire directement, tout le monde pouvant désormais se procurer un capital, tout le monde travaillera, tout travailleur sera simultanément capitaliste.
Conformément à la justice et contrairement aux pratiques actuelles, le Travail qui, dès lors, commanditera le capital, sera jugé garantie suffisante et l'avance de la matière première justifiée par sa transformation ultérieure sera faite sans frais, même à de simples ouvriers devenus indépendants, maîtres de s'élever, s'ib en ont l'énergie, en bien-être et en moralité, parce 'qu'ils auront désormais à leur disposition ce qui, jusqu'ici, leur avait fait défaut : le capital ; d'où nous aboutissons à l'énorme conséquence théorique, 3^ du crédit gratuit.
Reprenons ces trois points et développons :
Ija
i^ Suppression des intermédiaires
Et d'abord commençons par arrêter en dés contours précis ce qu'un mutuelliste doit entendre par : intermédiaire. Ce n'est pas, comme le vulgaire le croit et l'appelle, tout individu ou toute exploitation dressé entre le producteur et le consommateur et se chargeant de réserver pour ou d'apporter sur les lieux de consommation qui en manquent les marchandises dont les centres de production regorgent, haussant ainsi à sa limite maxima, par le prélèvement d'une commission, rémunération de leurs services apparents ou réels, la valeur d'un produit toujours à sa barre minima dans les régions productrices. Non ! ceux qui, sans les transformer directement, se chargent, pour un certain temps, des produits destinés à la consommation d'autrui ne sont pas tous des intermédiaires. On ne peut ranger pêle-mêle dans la même catégorie : courtiers, négociants, entrepreneurs de transports, boutiquiers, spéculateurs, etc. Il faut faire un départ entre ces divers modes, distinguer entre le commerçant qui rend un service réel et celui qui n'ajoute pas d'utilité à L'utilité première du produit, et dont l'intervention s'explique seulement par l'exclusif désir de s'enrichir ou parfois seulement hélas ! par le besoin de vivre, ce dernier seul par l'inutilité sociale de ses fonctions méritant en Mutuellisme le nom d'intermédiaire, de parasite.
Ainsi Proudhon, reprenant l'exemple de J. B. Say, admet que l'Auvergnat qui pour o fr. lo puise de Teau à la Seine ne créant pas matériellement l'eau
« d'inutile qu'elle était pour vous à loo mètres de votre porte, vous la rend utile en l'apportant dans votre cuisine » produit quelque chose, une réalité, un usage, une utilité (i). Donc, dans le sens rigoureusement scientifique, le commissionnaire n'est pas, comme on le dit vulgairement, un intermédiaire, il crée une forme, un déplacement de matière ; il peut et doit être appelé producteur. Reprenons encore cet exemple trop précieux. Il contient en germe la question des transports ; c'est le transport à rétat d'embryon. Le voiturier autonome et même l'actionnaire administrateur ou surveillant d'une entreprise de navigation ou de chemins de fer, parce qu'ils transportent ou aident à transporter les produits d'une utilité relative dans les lieux de production jusqu'aux centres de consommation où ils acquièrent leur utilité absolue ainsi créée par leur propre service^ sont des producteurs. Bien que ne transformant pas par leur activité la marchandise d'une manière sensible et paraissant n'être à première vue que de simples intermédiaires, on doit les ranger dans la même catégorie que les industriels et agriculteurs qui créent, eux aussi, quoique plus directement, sur des produits apportés par les transporteurs, des formes nouvelles.
Les commerçants qui produisent une utilité étant ainsi mis à part, ce sont antithétiquement et du même coup les non producteurs qui se trouvent rangés dans la masse des intermédiaires, des inutiles que le Mutuellisme veut supprimer. Quels sont-ils? Les négociants, les entrepositaires avec la légion de