I. Solution du Problème Social, pages t8o, 197, aog
montagnards, saints-simoniens, phalanBtériens; communistes, tous furent passés au crible et sous une ci*itique mordante qui bafouait et parfois assommait sans retour de vie ceux qu'elle étreignait, les hurlements et les fureurs des appétits dénoncés et des vanités blessées s'élevèrent dans un concert de malédictions. Proudhon ripostait avec assurance et d'autant plus de vigueur que les cris de ses antagonistes prouvaient que ses coups portaient. Devenu redoutable aux polémistes, on ne Tattaqua plus de front; mais la mauvaise foi, la calomniedes Basile de la politique se mirent à disséquer son œuvre en détail, cherchant les phrases à double sens, les paradoxes brutaux, les questions brûlantes qui pouvaient effaroucher et diriger contre lui l'opinion publique. Deux mots écrits de la main d'un homme, dit le dicton populaire, peuvent le faire pendre. On en agit ainsi avec Proudhon. On lui prit ses deux paradoxales formules: « La propriété, c'est le vol », « Dieu, c'est le mal ! ï), tout en se gardant bien de rapporter les atténuations qu'il avait données à ces afiirmations brutales dans leur isolement, et on le n\ontra au peuple froissé comme un ennemi de la société,, comme un blasphémateur de Dieu (i), un anarchiste doublé d'un athée. <( De la calomnie, il reste toujours quelque chose », a dit Beaumarchais. La mémoire de uotre socialiste en souffre encore de nos jours. Entouré d'ennemis, cet homme, soutenu par la seule reconnaissance des prolétaires, ne pouvait attendre aucune merci de ses impitoyables adversaires qui faisaient tous leurs efforts pour le réduire au silence. Son