‹ La revanche de ProudhonChapitre 81 sur 140 · Associations ouvrières de production^ p. lag · texte numérisé non relu

Associations ouvrières de production^ p. lag

2. Associations ouvrières de production, p. i35.11y a même en plus ds Tintérêt, dos dividendes acquis aux actionnaires jusqu'à un maximum de 20 0/0. C'est tout ce qu'il y a de plus antimutuelUste*

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prêts faits aux associations ouvrières, que par suite, la consommation ne paiera pas au prix de revient les produits qu'elle achètera, que la Banque coopérative, en un mot, si elle supprime les intermédiaires autour d'elle, ne le fait pas par système d'extinction générale mais bien par concurrence, c'està-dire s'affîrmeelle-même comme seul et indispensable intermédiaire, ce qui laisse à la fois subsister le principe et le fait que le Mutuellisme tendrait à détruire.

Ainsi donc, pour résumer toutes les contradictions qu'un essai pratique inspiré des idées proudhoniennes — les similitudes établies entre la Banque du Peuple et la Banque Coopérative l'ont surabondamment prouvé — soulève vis-à-vis de la théorie, la Banque Coopérative :

1" Réunit un capital de garantie qu'elle tend, qui plus est, à augmenter non à arrêter à un certain chiffre ;

2** Prélève non seulement un intérêt, mais encore des dividendes pour rémunérer ses actionnaires ;

deux conditions antimutuellistes indispensables d'où découlent comme corollaires :

v3° La négation du billet représentatif de produits ou généralisation de la lettre de change ;

4° La négation de l'échange direct ou maintien de rintermédiarité^puisque la Banque Coopérative veut vis-à-vis des associations ouvrières devenir le seul intermédiaire, ce qui n'empêche pas que chez elle, comme dans toutes les banques bourgeoises et capitalistes de l'économie actuelle, les produits, d'après la formule de J.-B, Say, s'échangent contre les produits, parce que cette formule, contrairement à l'interprétation de Proudhon, ne signifie pas qu'on

doit n'user que du papier monnaie ou revenir au troc ancien; mais bien que l'argent représentant par convention une certaine somme de produits, ces derniers s'échangent toujours entre eux.

Si nous passons de Texamen de cette application contradictoire de la théorie proudhonienne à l'étude des moyens estimés pratiques par Proudhon pour réaliser la suppression des intermédiaires, savoir : Syndicat de production, de consommation, Mutualité, Comptoir de Vente, etc., nous verrons encore ici que ces applications tout aussi bien contenues, une fois réalisées, par le relatif pratique, tournent antagoniquemetit le dos à Fabsolu de la théorie.

Voyons d'abord ce qu'a donné, dans le domaine des faits, le Syndicat de Production.

A. — Syndicat de production. [ — C'est, nous l'avons écrit sous la même rubrique dans l'exposition de la théorie mutuelliste, la question de vitalité des coopératives mise à jour.

Il était clair que les associations ouvrières de production ne parvenant pas à se former, faute de capital, étaient condamnées — en 1848 plus que jamais — à rester à Tétat d'abstraction théorique, si le crédit qui leur était refusé par tous, ne leur était dispensé par une institution à ce spécialement destinée. C'est alors que Proudhon fondant la Banque du Peuple y adjoignit le Syndicat de production chargé a de recevoir les demandes des consommateurs, de s'assurer du débouché », de «publier tous renseignements et avis utiles tels que demandes et offres de travail et de marchandises » (art. Sa), de mettre en un mot la matière première à portée des coopératives ne vivant que par le travail, leur donnant ainsi

rélîncelle de vie. Et pourquoi des coopératives plutôt que d'autres associations ? Parce que ces sociétés sont une émanation directe du Mutuellisme, obéissant aux trois conditions du système, savoir :

lo Union pour le travail ;

!2<^ Indépendance vis-à-vis du capital ;

3° Propriété des produits, autrement exprimé : paiement intégral du travail.

Si bien que parler du Syndicat, c'est analyser l'essence des coopératives, manifestations concourantes du même principe.

Du Syndicat de production il en existe actuellement, nous l'avons déjà fait entrevoir, une sorte de décalque dans la Chambre Consultative des associations ouvrières de production. Ces deux entreprises véritablement issues de l'inspiration mutuelliste vont dans leur comparaison fournir à nouveau la preuve qu'une conception, passant de la théorie dans le domaine de la pratique^ subit, dans sa réalisation, une réfraction telle que celle-ci contredisant à celle-là, lui inflige toujours les plus constants démentis. Exposons d'abord les similitudes (i) :

Première similitude. — Le Syndicat, spécialisation intégrante de la Banque du Peuple, doit deçenir indépendant^ poursuivre son évolution, devenir une différenciation autonome dès que les faits y forceront (Voir art. 54).

La Chambre Consultative gîtée sous le même toit que la Banque Coopérative quoique concourant au même but, a réalisé cette indépendance.

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