LE RÉVEILLON GA1LLARDIN
Sans doute... •
ALFRED
Pourquoi dites-vous que le mari est un honnête homme ?.,V
GAILLARDIN.
Comment, pourquoi je dis?
ALFRED
Vous ne devez pas dire que le mari est un honnête homme, puisque vous êtes mon avocat. Vous devez taper dessus, au contraire.
GAILLARDI1T, à part.
I)u calme... du calme...
ALFRED, à part, se levant.
Je ne sais pas, moi, cet avocat-là, il ne m’inspire pas. . , (Haut.) Si vous ne deviez pas taper, il faudrait me le dire... je Serais venir un avocat de Paris. Il y en a à Paris qui ne plaident que les affaires dans le genre de la mienne... je ferais venir un de ceux-là, si vous ne deviez pas taper..., je prendrais un aigle du barreau.
GAILLARDIN.
N’ayez pas peur... je taperai.
ALFRED
Bien sûr?. . . Faites voir un peu comment vous taperez ?
GAILLARDIN, levant les mains sur Alfred, puis prenant 1a table, la soulevant et la laissant retomber par terre.
Tu veux !..
ALFRED, se sauvant à l’autre bont du théAtre.
Eh là?...
GAILLARDIN, se contenant et se rasseyant.
Vous verrez ça plus tard.
ALFRED
Ah ! ça, dites donc, il n’y a pas d’erreur. .. c’est bien pour me défendre que vous êtes venu?