‹ La Revision De L'Encéphalopathie SaturnineChapitre 20 sur 23 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Les deux observations qui vont suivre sont dues au Pr Balthazard qui a bien voulu nous les communiquer.

Obs. 1. — L... C... âgé de 42 ans, exerçait depuis quinze mois environ la profession de broyeur de céruse, et n'avait jamais auparavant manié les composés plombiques.

Il a cessé de travailler le 4 juillet 1921 mais depuis 6 mois l'appétit a diminué et les forces sont moindres. Il avait dû se reposer une journée en juin 1921 puis trois jours, une huilaine avant le 4 juillet 19214. A cette date, étant très fatigué il rentre chez lui et se couche. Trois jours plus tard, alors qu’il s'était levé, il tombe brusquement et perd connaissance ; on le remet au lit mais il s’agite, veut se lever, présente alors de la carphologie. On le conduit à l'hôpital ; il présente de l’impotence généralisée, du tremblement, de l’agitation et du délire. Il reste à l'hôpital du 8 juillet au 25 août. A sa sortie il existait une tension artérielle de 17-11 au Vaquez et une élimination intermittente du bleu. On n'aurait jamais trouvé d’albuminurie.

D Le

A l'examen aux fins d'expertise, on constate que L. C. se plaint d’éprouver des maux de tête, de douleurs dans les jambes et aux reins. Le liseré saturnin existe.

Il n’y a pas de paralysie. Les réflexes patellaires un peu exagérés, les réflexes pupillaires normaux.

Il y aurait des troubles de la vision avec sensation de mouches volantes.

La tension artérielle est de 18-12 au Pachon.

L'anémie est très prononcée Gl. rouges 1.600.000 Hémoglobine 60 gr. 0/00 Valeur globulaire 1.07

Il y a présence d’'hématies à granulations basophiles.

Obs. Ii. — À. B..., âgé de 40 ans, manipulait depuis trois mois les composés plombiques dans une usine de fabrication d’accumulateurs. Depuis une quinzaine il ressentait des malaises et était pris de coliques.

Le 23 février 1923 il fut brusquement pris pendant son travail d’une crise violente et prolongée. Il a poussé un cri comme les épileptiques et est tombé en se raidissant. On l’a étendu par terre car il se débattait.

La crise a duré trois quarts d'heure puis il a pu seremettre debout et a marché avec l’aide d’un camarade, mais il paraissait avoir perdu la raison. Entré à l'hôpital, il y meurt six jours après.

A l’autopsie l'on constate : un peu de congestion et un léger œdème des poumons.

Le cœur est entièrement normal tant comme volume

que comme état des valvules ; l’aorte n’est pas athéromateuse. ;

Le foie est de volume normal, sans sclérose ni dégénérescence graisseuse.

La rate est petite.

Les reins paraissent absolument intacts.

Les centres nerveux ne renferment ni foyer hémorragique ni foyer de ramollissement.

Les méninges sont légèrement louches mais sans in-

filtration leucocytaire visible à l'examen histologique. Les cellules de l’écorce cérébrale, colorées par la mé- thode de Nissl, apparaissent remplies de granulations chromatophiles.

Au bord des gencives : un liseré gris bleuté très intense et continu.

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