INTRODUCTION
Nec perit in toto quisquam mihi credite mundo Sed variat, faciemque novat.…..
OvipE.
Tout semble avoir été dit au sujet du saturnisme et de ses différentes manifestations cliniques car après les remarquables études entreprises au siècle dernier par de grands cliniciens, des recherches menées avec la précision scientifique moderne ont éclairé de nombreux passages de son histoire.
Cependant un certain nombre de faits reste sinon complètement obscur, du moins discutés et parmi eux les accidents cérébraux désignés depuis Tanquerel des Planches sous le nom d’ «encéphalopathie saturnine ».
Après s'être vu attribuer une importance peut-être excessive, elle a connu les heures amères de la critique et du démembrement, et il fut une époque où toute existence pathologique lui fut contestée. A l'heure actuelle, enfin, les travaux des auteurs modernes permettent de l’envisager comme une entité morbide distincte.
La raison de ces grandes variations de l’histoire de l'encéphalopathie c’est la confusion qui régna longtemps dans sa description clinique, base de toute discussion. Il est donc nécessaire d'analyser ces accidents cérébraux, de déterminer si ces manifestations cérébrales sont d’origine saturnine, ou étrangères au saturnisme au cours duquel elles se manifestent ;il s’agit donc bien de faire une « revision » des signes encéphalopathiques. |
Cette revision s'impose parce qu’elle permettra non seulement de rechercher à l’encéphalopathie un mécanisme physiopathologique, mais aussi de savoir à quels accidents cérébraux sont exposés les ouvriers des professions saturnines.
Elle permettra par conséquent de préciser les accidents qui devront figurer sur le tableau annexe dela loi sur les maladies professionnelles.
Pour atteindre ce but, nous rappellerons tout d’abord la description ancienne de l’encéphalopathie.
Nous discuterons ensuite sa valeur, tout en appréciant les lésions organiques signalées ; nous donnerons connaissance des deux grandes théories pathogéniques modernes.
Enfin nous en afrriverons à la conception actuelle de l’'encéphalopathie et à la place qu’elle doit occuper dans la médecine légale.
* * Avant de commencer cette étude, qu’il nous soit permis de remercier iciM. le Professeur Balthazard d’avoir
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bien voulu accepter la présidence de cette thèse, et d’y avoir joint deux observations personnelles ; M. le Professeur Duvoir qui fut l’instigateur de ce travail et fut pour nous un guide bienveillant.
MM. le Professeur Ribierre, médecin de lhôpital Necker et R. Delauney, chef de l'Inspection du travail au Ministère du Travail et de l’Hygiène, qui nous ont aidé de leurs précieux conseils.