RE LS
une source d'erreurs et on éviterait une perte d'énergies précieuses et de temps. Comme on a toujours recours aux phntographies pour contrôler les collations, au point de vue de Pexactitude, le résultat est le même dans tous les cas.
Jusqu'à présent le travail de la Commission a surtout consisté à réunir les matériaux. C’est la partie de la tâche la plus laborieuse et celle qui demande le plus de temps. Lorsque cela aura été fait il faudra relativement peu de temps pour grouper les variantes et les classer. s
Mais ne l’oublions pas, tout cela n’est encore qu'un travail préparatoire et préliminaire qui doit simplement fournir aux recenseurs les moyens de reconnaître, entre les variantes, la leçon ancienne, si elle a été conservée. C’est alors que commencera la partie essentielle en même temps que la plus délicate du travail. Entre deux ou trois leçons différentes, supportées par plusieurs manuscrits, laquelle faut-il choisir, laquelle est la leçon originale, celle de saint Jérôme? Il est souvent difficile de le dire. Ce n’est pas toujours la leçon qui est supportée par le plus grand nombre de manuscrits. Ce n’est pas nécessairement non plus celle des plus anciens manuscrits. Elle peut se trouver dans un petit nombre de manuscrits plus récents, et même dans un seul, alors que tous les autres contiennent une altération qui remonte presque aux origines. Il faut ici que l’histoire guide la main du critique. S’en rapporter uniquement au flair indéniable qu’on acquiert an contact prolongé avec les documents, c’est laisser une trop large part à l’élément subjectif et s’exposer à recevoir tôt ou tard le démenti des faits. Il n’y a qu’une méthode absolument sûre de distinguer avec certitude les leçons originales, c’est de refaire à rebours le chemin parcouru. C’est de remonter pas à pas par la filiation des textes, jusqu’à l’origine des altérations accumulées au cours des siècles, afin d’en dégaser le texte primitif. C’est en un mot de faire l’histoire du texte et des modifications qu’il a subies.