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Tel ne fut pas le sort de la revision d’Alcuin, abbé de Saint-Martin de Tours, faite par l’ordre de Charlemagne. Alcuin était un anglais, et ce fut naturellement aux manuscrits saxons ou irlandais, c’est-à-dire aux meilleurs manuscrits, qu'il eut recours. Son travail était achevé à Noël de l’an 801, et il fit présenter à Charlemagne une copie du nouveau texte qui fut immédiatement imposé à tout le rcyaume. Une bible conservée à la bibliothèque Vallicellana à Rome, représente assez bien, dit-on, ce texte. [1 jouit immédiatement d’une très grande autorité et se répandit partout avec une extrême rapidité. Les moines de Saint-Martin pouvaient à peine suffire à satisfaire aux demandes qui leur étaient adressées de toutes parts. Mais cette diffusion elle-même fut fatale à sa pureté. Cinquante ans suffirent pour défigurer et presque détruire l'oeuvre d'Alcuin. Les bibles copiées par ses disciples vers 850 n’ont déjà presque plus rien des caractères alcuiniens. Les leçons qui avaient été rejetées sont rentrées de nouveau dans le texte et l’uniformité un instant obtenue sous
l'impulsion puissante de Charlemagne est complètement disparue...
Ce fut bien pis encore pendant les siècles suivants, du Xe au XEITe siècle. ‘“ C’est l’époque des textes copiés sans ensemble et sans règle, mais en même temps des textes médiocres et de seconde main”, dit Samuel Berger (*'). Cependant même à cette époque il se trouve encore quelques personnages qui s'efforcent de remédier à la corruption toujours croissante des textes. Tels sont entre autres Lanfranc, évêque de Cantorbéry (998), et saint Etienne Harding, troisième abbé de Citceaux (1109-1134), qui corrigea les manuscrits de son ordre en consultant le texte hébreu. Mais ces efforts d’autant plus louables qu’ils étaient isolés, restèrent sans ré-
- . (") Histoire de la Vulgate, Paris 1893, p. 329.
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sultat appréciable et il faut attendre au XIIIe siècle pour voir un essai de correction fait avec suite et méthode.
Le développement des études théologiques au XIIIe siècle en donnant une impulsion nouvelle à la lecture et à l’étude de l’Ecriture, ne pouvait manquer de mettre en relief les divergences considérables qui existaient entre les manuscrits. Le besoin d’un texte uniforme se faisait sentir surtout à Paris où affluaient des milliers d'étudiants, attirés par le renom de sa célèbre université. Pour répondre à ce besoin, les éditeurs parisiens ne tardèrent pas à s'entendre pour reproduire un même type de texte, dont se servirent les professeurs,et qui devint en quelque sorte le texte officiel de l’université. Ce texte parisien acquit ainsi une grande célébrité qu’il ne méritait pas. Il ne fallut pas longtemps pour qu’on s’aperçût de son infériorité et les plaintes les plus vives et les plus justifiées se firent entendre. Roger Bacon s’en est fait l'écho en des termes d’où l’amertume n’est pas toujours absente. C’est alors que des études spéciales furent entreprises par les docteurs de l’université et par les grands ordres religieux, les franciscains et les dominicains. Les résultats en furent consignés dans ce qu’on appelle des correctoires, c’est-à-dire des recueils de leçons fautives à corriger, qui circulaient parallèlement avec les manuscrits et pouvaient rendre les mêmes services que nos listes d’errata. Malheureusement, ces correctoires dont la valeur critique est faible, ne parvinrent pas à faire disparaître ni même à diminuer la variété et la confusion des textes. |
La Vulgate continua donc d’être recopiée an hasard des manuscrits qu'on avait entre les mains pendant le XIVe et le XVe siècle. Au cours du quinzième siècle les événements qui allaient précipiter la formation du monde moderne se préparaient et devaient avoir leur contrecoup dans le domaine de la critique biblique. Un besoin indéfinissable de retour à l'antiquité, cette Renaissance dont on n’a pas encore fini de
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mesurer les effets, s’emparait des esprits. La connaissance du grec et de l’hébreu commençuit à se répandre davantage, pendant que d'autre part les anciens manuscrits étaient plus appréciés. L'invention de l’imprimerie, qui devait modifier si profondément les conditions de la vie humaine, allait favoriser singulièrement la diffusion des textes bibliques et leur comparaison. Enfin et surtout, la crise qui devait se dénouer par la douloureuse scission du protestantisme, en obligeant les défenseurs de nos dogmes à une étude plus approfondie de leurs preuves, allait les contraindre à une critique plus sérieuse des sources et d’abord du texte sacré. Tout ccla devait contribuer à mettre dans une lumière défavorable les imperfections des éditions courantes de la Vulgate. Aussi bien dès le début du XVIe siècle, tant chez les catholiques que chez les réformateurs, les corrections et les revisions de la Vulgate faites sur les textes originaux se multiplièrent-elles. On vit même apparaître un grand nombre de traductions entièrement nouvelles. Le résultat le plus clair de tous ces efforts divergents fut de mettre le trouble dans les esprits et de jeter un profond discrédit sur la vieille Vulgate.
Réuni pour porter remède aux grands maux dont souffrait l'Eglise, le concile de Trente ne devait pas tarder à s'occuper de cet état de choses et à donner une direction aux fidèles. La quatrième session, qui eut lieu le 8 avril 1546, fut consacrée aux Saintes Ecritures. Les Pères y adoptèrent un décret, préparé par de longues discussions préliminaires, dans lequel ils déclaraient que le texte authentique de l'Eglise (latine) serait désormais, comme il l’avait d’ailleurs toujours été, l’édition connue de tous sous le nom de Vulgate. En conséquence, toutes les traductions latines nouvelles, toutes les soi-disant revisions d’après le grec et l’hébreu, étaient mises de côté, et le texte traditionnel, en d’autres termes la version de saint Jérôme, gardaiït ses droits acquis par un usage constant de dix ou onze siècles. Bien que l'intention des Pères.
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eu imposant la Vulgate comme texte officiel, ait été avant tout de mettre fin à la confusion qui venait de la variété des textes latins employés dans la prédication ou l’enseignement théologique, il n’y a pas le moindre doute qu’ils ont voulu en même temps lui donner une garantie de correction suffisante et de valeur intrinsèque (°°).
Nous voici maintenant arrivés à la dernière et à la plus importante des corrections du texte de saint Jérôme. En même temps qu’il déclarait la Vulgate le texte authentique de PEolise, le concile de Trente recommandait d’en faire une édition aussi correcte que possible, quam emendatissime imprimatur. Aucune des éditions courantes ne pouvait prétendre à l’honneur de représenter fidèlement le texte traditionnel que le concile avait en vue. Un éditeur parisien, Robert Estienne, avait déjà, il est vrai, en 1528, fait une édition critique en coflationnant trois bons manuscrits. Après l'avoir réimprimée plusieurs fois il avait repris son oeuvre, en 1538,
(?} A s’en tenir à la lettre même du décret, expliquée par les actes et les opinions exprimées au cours de la discussion dans les sessions préparatoires, l’authenticité de la Vulgate dont il est ici question ne consisterait qe dans son caractère officiel par comparaison avec les autres versions ou recensions privées. Les Pêres n’ont en effet jamais parlé d’autre chose, Cependant une pareille déclaration emportait nécessairement avec elle une approbation implicite et une garantie de sa conformité au moins substantielle avec les textes originaux. Il y avait bien eu quelques théologiens qui auraient voulu aller plus loin et faire condamner les autres versions et même les textes originaux, pour donner dans toute hypothèse la préférence au texte de la Vulgate. Mais une opinion aussi étrange n’avait évidemment aucune chance d’être acceptée. Il est déjà assez étonnant qu’elle se soit manifestée. Toute étrange qu’elle soit, cette absurde conclusion a trouvé un écho dans les siècles suivants et elle a presque fait fortune. On la trouve exprimée par exemple dans Frévier, La Vuilgate authentique dans tout son texte, plus authentique que le texte hébreu, que le terte grec qui nous restent, Rome, 1753. Les dispositions sévères prises par Sixte-Quint pour assurer l’uniformité absolue du t:xte officiel ont sans doute contribué à accentuer encore la portée exagérée que donnent au décret du concile de Trente certains théologiens habitués à poursuivre leurs déductions sans tenir compte des circonstances et des faits.
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en se servant cette fois de dix-sept manuscrits. Mais cette édition, quoique marquant un progrès, n’était pas jugée suffisante. Des recherches spéciales en vue d’une édition nouvelle furent immédiatement commencées, mais le concile se termina en 1563, avant que l’édition désirée fut prête ou même à la veille de l’être. Ce ne fut guère que 40 ans après le voeu émis par le concile, que, sous l’impulsion de $ixte-Quint, les travaux furent repris et poussés avec vigueur. Une commission de cardinaux et de consulteurs, sous la présidence du cardinal Carafa, fut instituée à cet effet. On fit venir des manuscrits latins excellents des différentes bibliothèques de l'Italie et de l'étranger, et quand il était impossible d’avoir les manuscrits, on en fit prendre des collations. On eut la bonne fortune de consulter le meilleur de tous peut-être, l’Amiatinus, et de l’apprécier à sa valeur. Les meilleures éditions imprimées furent aussi mises à contribution. Enfin dans les cas douteux on eut recours au grec et à l’hébreu. Deux ans suffirent à parachever le travail qui fut présenté à Sixte-Quint au commencement de 1589. La commission avait fait une oeuvre excellente (*}), mais l’intervention personnelle de Sixte-Quint la rendit en partie inutile. Le Pontife revisa tout lui-même et prit sur lui de rejeter, malgré les représentations du cardinal Carafa, un grand nombre des corrections proposées par la commission. Il semble que le texte de l’édition de Robert Estienne de 1538 n’a pas été étranger aux préférences de Sixte-Quint (*).
Le texte ainsi remanié fut publié par Sixte-Quint en 1590, avec une bulle qui l’imposait à toute l'Eglise avec défense d'y rien changer sous les peines les plus sévères. Mais l'oeuvre d’un homme, fut-il revêtu de l’autorité la
(*) Voir Hoepfl, Beitrage zur Geschichte der Sixto-Clementinischen Vulgata, Herder, 1918.
(*) Tel est du moins le sentiment de Wordsworth, pour ce qui regarde les Evangiles. Wordsworth, Not. Tes., Oxonii, 1898, p. 722.
plus haute, ne saurait être durable quand elle est fondée sur l'arbitraire. Sixte-Quint mourut avant que sa bible se fut beaucoup répandue, et sa dépouille mortelle n’était pas encore rendue à sa dernière demeure que les cardinaux, dont il avait méprisé les sages avis, incapables de révoquer la bulle du pape, en empêchaient pratiquement l’exécution, en défendant la vente de la nouvelle bible. Grégoire XIV, le successeur de Sixte, s’empressa de faire reviser la bible sixtine, c’est-à-dire en somme de la débarrasser des malencontreuses corrections de Sixte-Quint. Le traveil fut rapidement terminé, mais l’impression du nouveau texte fut retardée jusqu’au pontificat suivant. (Clément VITE confia ce soin au Père Tolet, qui fit une dernière revision et surveilla l'impression. La nouvelle bible parut avant la fin de lannée 1592. Le Père Hetzenauer y a relevé environ 4,900 variantes avec la bible sixtine. Pour ne pas paraître condamner trop ouvertement l’oeuvre de Sixte-Quint, qu’on n’avait pas hésité à transformer totalement dans le secret, on laissa entendre dans la préface que tous ces changements avaient été prévus et voulus par lui. Cette pieuse supercherie, louable sans doute dans l’intention, était parfaitement inutile pour sauvegarder lPautorité du Pontife, et la mémoire de Bellarmin aura éternellement à souffrir d’avoir suggéré cet expédient à Clément VII.
L'édition clémentine de 1592, qui est celle dont nous nous servons encore, tout en n'étant pas parfaite, est cependant supérieure à l’édition sixtine (*), et marque un progrès sur les éditions antérieures. Il est facile de s’en rendre compte pour ce qui concerne les Evangiles, en consultant par exemple la liste des principales lecons des éditions imprimées qui ne sont
(*) On the whole we willingly admit that the Clementine text is eritically an improvement upon the Sixtine. White H. J., art. Vulgate dans le Dictionary of the Bible de Hastings.
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pas supportées par les manuscrits hiéronymiens, telle que la donne Wordsworth à la fin de son édition des Evangiles (*°).
En imposant une édition ne varietur, Sixte-Quint et surtout Clément VIII n’avaient en vue que de mettre un terme à la multiplicité des textes, et non pas d'empêcher les investigations critiques. Ce dernier résultat a été néanmoins la rançon de l’uniformité ainsi obtenue. A force de voir ce texte uniforme reproduit sans variantes (?), on en vint à oublier les réserves expresses faites dans la préface qui l’accompagne toujours et la légende d’une Vulgate absolument parfaite et intangible ne tarda pas à se créer. À tel point qu’un certain nombre des nôtres ont cru faire oeuvre critique, c’est-à-dire oeuvre de science et de vérité, en prenant le texte clémentin pour base de leurs éditions du texte grec du Nouveau Testament. C’est à peine si depuis Clément VIII, c’est-à-dire depuis plus de trois cents ans, on peut citer deux ou trois savants qui se sont occupés de faire des recherches afin d'améliorer notre texte officiel Le Père Vercellone mérite particulièrement d’être mentionné (*}). ‘“ Par un paradoxe étrange les efforts qui ont été faits dans ces dernières années pour corriger la Vulgate, sont venus de savants en-dehors de la communion de l'Eglise Romaine. ” Ces paroles sont du Rév. H. J. White dans l’article cité plus haut. Il est donc impossible de ne pas se réjouir de voir l’Eglise reprendre l'oeuvre interrompue et de ne pas souhaiter que la Commission bénédictine nous donne bientôt un travail digne des anciennes traditions en perfectionnant l'oeuvre des Cassiodore, des Alcuin et des Carafa.
(*#) Wordsworth, Nov. Tes., Oxonii, 1898, p. 721.
(7) ‘“ C’est là un fait unique dans l’histoire du Nouveau Testament ”, dit le Père Durand. Le texte du Nouveau Testament, Etudes, 5 mai 1911, p.325. Or pourrait en dire autant de l'Ancien. : (#) Variae lectiones Vulgatae latinae Bibliorum editionis, 2 vol. Komae 1860. 1864.
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Regrettable à bien des égards, l’absence complète de toute revision de notre texte officiel depuis Clément VIII a eu au moins cet avantage de nous permettre de faire maintenant cette revision sur des bases beaucoup plus solides et avec des garanties de succès qu’on n’avait jamais eues auparavant. Pendant cette longue période, il est vrai, on s’est trop facilement contenté d’un texte qu’on avait au début reconnu imparfait. On a laissé perdre par incurie de précieux manuscrits : nous le savons pour quelques-uns et nous avons bien le droit de le soupçonner pour plusieurs autres. On s’est habitué à faire peu de cas de la critique et même à la regarder avec défiance. Mais d'autre part, cette critique elle-même s’est élaborée et perfectionnée et elle a profité des progrès réalisés dans les sciences philologiques et historiques, dont la lumière rejaillit sur elle. Les documents ont été explorés et peu à peu recucillis dans les grandes bibliothèques où ils sont d’un accès facile à tous. Les plus importants ont été étudiés dans des monographies spéciales qui rendent les travaux d’ensemble plus faciles et plus sûrs. Le nombre de ceux qu’intéressent ces travaux et qui peuvent y apporter un utile concours s’est considérablement accru. En un mot nous sommes dans des conditions beaucoup plus favorables que tous nos devanciers. Nous avons à notre disposition des ressources et des instruments de travail qui leur ont en grande partie manqué. Et même s'ils avaient eu ces moyens, ils n’auraient pu faire une oeuvre définitive, et il faudrait encore la recommencer après eux. Car ce n’est pour ainsi dire que dequis quelques années seulement que la critique est en pleine possession de sa méthode (*).
(*) Les méthodes de la critique biblique moderne que nous jugeons absolument indispensables, et qui sont somme toute très simples, n’ont pas été découvertes du premier coup. Elles ont été, comme toutes les lois scientifiques, péniblement dégagées par l'observation de la masse des faits. Elles se sont lentement élaborées au cours des recherches qui ont
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Quoique la lumière reste encore à faire sur bien des points de l’histoire de la Vulgate, l'étude des documents est cependant assez avancée pour tenter avec toutes les chances de succès une grande oeuvre de reconstruction d’après les inéthoôdes de la critique moderne. Le moment est donc venu, nous avons eu l’occasion de dire que nous sommes déjà un peu en retard, de reprendre les travaux de correction à la pierre d'attente laissée par Clément VIII et de faire un nouvel effort pour nous donner cette édition emendatissima qu'avait demandée le concile de Trente. Au surplus, on ne se bornera pas à perfectionner l'oeuvre des anciens. Tout en rendant hommage à leur mérite, il faut bien reconnaître que leurs méthodes étaient imparfaites, et on ne se propose rien moins que de tout recommencer à neuf, comme si rien n’avait jamais été fait, et de tout refaire avec les ressources, les précisions et les exigences de la science et de l’érudition modernes.
été faites depuis le XVITe siècle sur le texte grec du Nouveau Testament, et nous devons en toute justice reconnaître que nous en sommes principalement, pour ne pas dire uniquement, redevables aux efforts des protestants. Au XVIIe siècle, la critique textuelle biblique était tombée dans le discrédit et dans le plus complet abandon. Fidèles aux prescriptions de la bulle de Sixte-Quint, les catholiques s’en tenaïent au texte de la Vulgate, et s’interdisaient toutes recherches critiques. Les protestants de leur côté accordaiïient une confiance aveugle, avec beaucoup moins de raison semble-t-il, au texte reçu (texte de l'édition Elzévir de 1633). Ce texte, qui est essentiellement celui d’Erasme, a été “ établi en dehors de tout principe scientifique ”, et il n’a pas d’autre mérite que celui ‘“d’avoir été réimprimé pendant trois cents ans sans modification ” (Cambridge Biblical Essays, 1909, p. 513). Il a été répandu à profusion par les sociétés bibliques protestantes. C’est au fond celui qui est à la base des innombrables éditions de l’Authoriied Version (1611), qui est comme une espèce de vulgate protestante anglaise et dont on n’a revisé le texte qu’en 1881. Grâce à la propagande protestante, le texte reçu était parvenu à s'imposer à la vénération des catholiques. Et telle est la tyrannie d’une habitude ancienne, surtout quand elle touche à des choses saintes, qu'il n'est pas nécessaire d’avoir des cheveux blancs pour se rappeler le temps où on n’osait pas, dans les séminaires, par exemple, préférer les éditions critiques à ce texte receptus, mais en réalité, comme on l’a dit, non recipiendus.
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C’est à l’ordre bénédictin que le Saint-Siège a confié le redoutable honneur de mener à bonne fin cette colossale entreprise. Pour une oeuvre de cette importance qui devra nécessairement durer plusieurs années et qui exigera le concours d’un grand nombre de travailleurs expérimentés, le Souverain Pontife, qui avait peut-être en mémoire le peu de succès des commissions du XVIe siècle, a jugé qu’il fallait renoncer au vieux procédé d’une commission de cardinaux et de consulteurs, la plupart du temps surchargés d’autres affaires. Il a cru, et personne ne songera à l’en blâmer, qu’il valait mieux s'adresser à des techniciens, à des hommes du métier, et leur laisser la plus grande liberté d’action. En la confiant à une grande famille religieuse, dont les membres sont habitués à agir de concert et où un confrère plus jeune, formé à la même école, est toujours prêt à recueillir la plume que la main défaillante d’un ainé laisse tomber, il était assuré que le travail ne chômerait pas et qu’il serait fait avec unité de méthode et esprit de suite, conditions indispensables de succès dans une oeuvre de cette nature.
Le premier qui donna l'éveil à la critique fut l’anglican Walton, qui imprima dans le cinquième volume de sa polyglotte, en 1657, un certain nombre de variantes tirées d’un manuscrit très ancien, l’Aleæandrinus. Au commencement du siècle suivant, en 1707, John Mill publia au grand émoi du public protestant une édition accompagnée de trente mille variantes, tirées de quatre-vingts manuscrits. Il n’en fallait pas davantage pour ébranler la confiance dans le ferte reçu et pour faire naître des doutes sur sa valeur. Devant une telle accumulation de variantes, il fallait bien reconnaître que le texte était incertain sur bien des points, mais on ne voyait pas encore par quelle méthode on pourrait démêler les lecons anciennes et véritables des corruptions postérieures. Bentley proposa comme critère général l’accord des anciens manuscrits grecs avec la Vulgate latine. Mais il ne fut pas suivi, et ce sont en réalité trois Allemands, Bengel, Semler et Griesbach, qui ont fondé les méthodes, dont nous nous servons aujourd’hui. Jusque-là, on accordait en général la préférence aux variantes qui avaient pour elles lé plus grand nombre de manuscrits. Bengel suggéra le premier l’idée, déjà entrevue par Bentley, de classer les manuscrits en famille et de juger de leur valeur par leur généalogie, Cependant personne n’osait encore s'affranchir du teæte reçu. Ce fut Lachman
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Aucun ordre religieux n’était plus désigné que celui de saint Benoît à la confiance du Saint-Siège. Célèbres de tous temps par leur amour de la science, maîtres incontestés et presque les seuls représentants des sciences paléographiques et critiques, il y a deux siècles, les fils de saint Benoît conservent toujours le secret en même temps que le goût de ces patientes et laborieuses études. Ils sont encore aujourd’hui d’inlassables fouilleurs de bibliothèques. Il n’y a pas de figure plus familière, dans les salles de travail des grandes bibliothèques, que celle d’un bénédictin absorbé dans la lecture de quelque précieux manuscrit. Au moyen de leurs monastères répandus dans toute l’Europe, ils peuvent employer tout un essaim de travailleurs et faire faire simultanément des recherches partout où il y a quelque chose à butiner. L’attention de nombreux confrères, parmi lesquels il y a tant de savants distingués, appliqués déjà à des travaux qui embrassent toute l’histoire de l'Eglise, est stimulée et tenue en éveil, et ils pourront à l’occasion apporter à l’oeuvre commune le concours de leurs lumières, ainsi que des observations et des découvertes qu’ils peuvent faire au cours de leurs propres
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qui, en 1831, eut le premier cette audace et donna une édition basée uniquement sur le témoignage des anciens manuscrits. C'était assurément une heureuse innovation, maïs il restait encore un pas à faire. En effet, bien que les manuscrits anciens aient la présomption en leur faveur, îil n’en est pas moins hors de doute qu’un texte plus ancien, une lecon plus ancienne peuvent se rencontrer dans un manuscrit relativement récent. Il faut donc attacher moins d'importance à l’aspect extérieur et à l’ancienneté du manuscrit qu’au type de texte qu’il contient, ce qu’on ne peut faire d’une manière vraiment sérieuse sans une connaissance aussi Commplète que possible de l’histoire des textes. Ce pas décisif et final a été fait dans la seconde moitié du XIXe siècle. C’est cette méthode historico-critique qu’on appliquera à la Vulgate. Les grands noms de la critique à notre époque sont Tischendorf (1872), Tregelles (1872), Westcott et Hort (1881), von Soden (1913), enfin Gregory dont l'édition n’est pas encore publiée. La part prise par les catholiques à ces recherches est trop modeste, c'est à peine si nous pouvons citer le nom de Hug, ainsi que ceux de Scholz et de Martin, dont le sens critique n'égalait pas l'érHdétions LUE AN MSP | 7") | APE 7:
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recherches. On ne pouvait donc remettre en de meilleures mains le soin de restaurer le texte de notre Vulgate.
Au mois de mai 1907, les supérieurs des différentes congrégations bénédictines, réunis à Rome en chapitre général, reçurent du cardinal Rampolla une lettre dans laquelle on leur faisait part du désir du Saint-Siège. Sans se dissimuler aucunement les difficultés et les responsabilités de la mission qu’on voulait leur confier, ils l’acceptèrent sans hésiter, et même, peut-on dire, avec enthousiasme. Une commission de religieux fut immédiatement formée, ayant à sa tête le président de la congrégation anglaise, le révérendissime abbé Gasquet, aujourd’hui le cardinal Gasquet (*”). Le siège de la Commission fut fixé à Rome. Jusqu'à cette année, on avait pu se contenter de l’hospitalité du magrifique collège de Saint-Anselme, sur le mont Aventin, où la Commission occupait une charmante petite pièce donnant sur un coin riant de la campagne romaine. Maïs vu le nombre toujours crois-
(*) Le cardinal Gasquet s’est surtout fait connaître par ses travaux sur les monastères anglais et sur la Réforme : Ienry VIII and the Enalish monasteries, 1888-1889. Ædicard VI and the book of common prayer, 1890. T'he great pestilence, 1893. The last abbot of Glastonbury, 1895, À sketch of monastic constitutional history, 1896. The eve of Reformation, 1900. Mais ses recherches devaient l’amener nécessairement à étudier l’activité des moines anglais dans le domaine biblique, ce qu’il fit dans ies publications suivantes : The old English Bible and other essays, 1897. English biblical criticism in the XIII century, dans la Dublin Review, 1898, p. 1-21. Le docte hénédictin se préparait ainsi sans le savoir à continuer sur un théâtre beaucoup plus vaste les traditions de ses compatriotes. Sa nomination à la présidence de la Commission est un hommage discret aux services séculaires rendus par les moines saxons à la critique biblique. C’est reconnaître en même temps les qualités précieuses qui distinguent la critique textuelle anglaise: précision, méthode, esprit positif également éloigné de l’arbitraire et du système. Depuis sa nomination, le cardinal Gasquet, a entièrement renoncé à ses études favorites pour se consacrer exclusivement aux devoirs de sa nouvelle fonction. Non seulement, il a organisé les travaux et dirigé les récherches, mais il a largement payé de sa personne, en s'imposant, comme le dernier des membres, le travail ingrat et fastidieux de la collation des manuscrits. Te Saint-Siège vient de reconnaître son mérite en l’élevant au cardinalat,
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sant des documents de toutes sortes accumulés par les travailleurs, il a fallu chercher un local plus vaste, et la Commission a émigré récemment au palais San Cailisto, près de Santa Maria in Trastevere.
La Commission a commencé immédiatement ses travaux. Ceux qui s’étonneraient que la révision ne soit pas encore terminée après sept ans, quand deux années suffirent aux correcteurs de Sixte-Quint et dix-neuf jours à la commission de Grégoire XIV, ne se rendent pas compte de la somme prodigieuse de travail que suppose l’édition critique, faite d’après les méthodes modernes, d’un texte de quinze cents pages, aussi souvent recopié que l’a été la Vulgate. Qu'on songe qu’il faudra comparer dans les moindres détails, ou au moins examiner, plus de huit mille manuscrits, dispersés sur tous les points de l’Europe. Au XVIe siècle, on avait pu se contenter de collationner les meilleurs, mais la science moderne est plus exigente. Elle ne permet de négliger aucune source d’information, aucun moyen de contrôle.
Nous savons d’ailleurs que la Commission est loin d’être restée inactive. Elle a publié deux rapports, l’un en 1909 et l’autre en 1911, où nous sommes parfaitement renseignés sur le progrès des travaux. On y a même joint la liste des souscripteurs qui ont contribué à défrayer les dépenses de Ia Commission, ce qui est une chose inouie à Rome, et montre
Ses collaborateurs ordinaires sont au nombre d’une quinzaine. Il y a parmi eux d'excellents ouvriers. Il suffira d’en indiquer quelques-uns parmi les plus connus : Dom Henri Quentin, l’auteur d’une étude remarquable sur Les Martyrologes historiques au Moyen-Age : la Commission doit en grande partie à son esprit clair et lucide la méthode pratique adoptée pour recueillir et classer les variantes; Dom Donatien de Bruyne, bien connu des lecteurs de la Revue Bénédictine; Dom Henri Cottineau, travailleur infatigable, dont on ne sait ce qu’il faut le plus admirer ou de l’ordre parfait avec lequel il sait disposer et utiliser les collations qui lui sont adressées de tous les points de l’Europe, ou de la bonne grâce avec laquelle il en fait les honneurs.
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bien l'influence d’un anglais à la présidence (*’). Le cardinal Gasquet lui-même a donné des détails intéressants dans un article de le Catholic Encyclopedia (*).
La première chose dont on a dû s’occuper a été de faire l'inventaire de tous les documents à utiliser. Car il n’existe pas encore de catalogue complet des manuscrits de la Vulgate. Ce n’est pas là un mince travail puisqu'il ne s’agit pas seulement d'enregistrer tous les manuscrits connus, qui sont au nombre d'environ huit mille, et d'indiquer l'endroit où ils se trouvent, mais il faut que chacun soit minutieusement dé crit et même sommairement étudié afin qu’on puisse le elasser et juger de sa valeur. Or pour un bon nombre de ces manuscrits tout reste à faire. L’exploration méthodique de tous les dépôts de livres, entreprise pour la confection de ce catalogue, devait amener quelques découvertes. Cependant on n’en a pas fait, au moins à ma connaissance, de sensationnelles, ni même de bien considérables. Le catalogue, dont la rédaction a été confiée à Dom Quentin, sera publié plus tard'(*).
Il n’était pas nécessaire d’attendre que le catalogue fut terminé pour commencer à recueillir les variantes des manuscrits déjà connus, qui sont du reste les plus importants.
(*) Les collaborateurs ne reçoivent aucune rétribution mais les frais entraînés par les recherches; voyages, impressions, photographies de documents, achats de livres, etc. sont nécessairement considérables. En 1911, la Commission avait recueilli plus de 15,000 piastres, L’année dernière, le cardinal Gasquet lui-même est venu en Amérique donner des conférences sur son oeuvre et faire un appel à la générosité des catholiques. Empêché par la fatigue et la maladie de venir à Montréal comme il l’avait projeté, il s’est fait remplacer par son secrétaire et dévoué compagnon de voyage, Dom Philip Langdon. Dom Langdon a donné ici &eux conférences fort intéressantes, l’une au Grand Séminaire, le 14 novembre, et l’autre, le lendemain soir, à la Salle Mance. Les Chevaliers de Colomb, qui s'étaient chargés de le recevoir, lui ont fait un cadeau de 1000 piastres, et d’autres dons aussi généreux ont témoigné tout l’intérêt qu’on sait prendre à Montréal à cette grande oeuvre.
(®) Vulgate (Revision of), t. 15, pp. 515-520.
(#) Le voeu d’un infatigable catalogueur, Caspar René Gregory, sera alors comblé. Cf. C. R. Gregory, Textkritik des Neuen Testaments, Leipzig, 1909, p. 1343.
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Dans ces travaux de critique, il va sans dire que ce qui intéresse, ce sont uniquement les variantes, car là où tous les manuscrits sont d'accord, il n’y a rien à corriger et on a toutes les raisons de croire qu’on est en présence du texte primitif. Quelle méthode convenait-il d'adopter pour réunir et grouper les variantes des manuscrits ? Après quelques tâtonnements inévitables au début, on résolut de faire l’opération en deux mouvements. On commencerait d’abord par extraire de chaque manuscrit toutes les variantes par rapport à un texte donné et le même pour tous, en les notant soigneusement sur une feuille à part: c’est ce qu’on appelle en faire la collation. Et puis, lorsque toutes les collations auraient été faites et réunies à Rome, on les reporterait sur un grand registre où elles se classeraient d’elles-mêmes.
Pour faciliter le travail des collations et les faire faire sur un plan uniforme, on n’a pas reculé devant la dépense considérable de l’impression d’un exemplaire spécial de la bible clémentine. Le texte de cette bible est imprimé sans indication de chapitres ou de versets, sans majuscules et sans ponctuation, et il n’occupe qu’un tiers de la page, le reste étant laissé en blanc pour l’inscription des variantes. Pour faire la collation d’un manuscrit, on n’a qu’à corriger ce texte à la manière des épreuves d'imprimerie en notant en marge les variantes. Un exemple en dira plus long que toutes les explications. |
Lev. 24, 1-2.
[XXIV] : et locutus
est dominus ad moysen (est add. 24 manu) dicens * prxecipe filiis Pr
israel ut gfferant tibi o|
oleum de oliuis
purissimum ac lucildum issim|
ad concinnandas
lucernas iugiter ‘ extra
Fragment d'une page de collation.-
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Cette disposition met les variantes en relief et permet de le saisir au premier coup d’oeil.
Il n’a pas fallu moins d’une année entière pour imprimer cette bible, qui a près de cinq mille pages et dont les épreuves durent être corrigées avec le plus grand soin. Aussitôt qu’elle a été prête elle a été distribuée aux collaborateurs, qui se sont mis à l’oeuvre. En 1911, 65 volumes de collations diverses étaient terminés et alignés sur les rayons de la bibliothèque de la Commission à Rome. Depuis lors le nombre doit en avoir été considérablement accru.
Mais hélas, on n’a pas tardé à s’apercevoir que les copistes modernes ne sont pas plus infaillibles que les anciens, et que les collations faites avec le plus grand soin, contenaient un trop grand nombre de nouvelles variantes propres uniquement à égarer le jugement des correcteurs. Comme le succès définitif dépend dans une large mesure de la précision apportée à relever les variantes, on décida d’avoir recours à un procédé coûteux mais qui a l’avantage d’être tout à la fois plus expéditif et d’une absolue précision, je veux dire la photographie. La Commission a fait fabriquer dans ce dessein un appareil spécial qui permet de photographier les plus grands manuscrits à leur grandeur naturelle. Afin de simplifier les manipulations, l’image est redressée par un prisme et reproduite directement sur le papier. Sans doute l’image reste blanche sur un fond noir, mais cela est sans inconvénients pour un manuscrit. Ces photographies sont ensuite montées page par page sur toile et reliées. [ci plus d'erreurs possibles, c’est la copie parfaite de l'original. Par un surcroît de précautions qui semblent bien superflues dans la plupart des cas, on compare encore les photographies avec le manuscrit lui-même et on note en marge les particularités que l’appareil est impuissant à enregistrer, différence dans la couleur de l’encre, grattages, et autres détails semblables (*). Lors
(*})} Le lecteur s’étonnera peut-être de ce luxe de soins donnés à des
en
de la publication du dernier rapport, la collection des manuscrits ainsi photographiés se composait de 66 volumes. La Commission se propose de faire photographier tous les manuscrits antérieurs au Xe siècle et les manuscrite postérieurs les plus importants. La réunion de ces documents constituera une collection absolument unique et extrêmement précieuse.
La deuxième étape du travail consistera à grouper et à classer les variantes. On se servira pour cela d’un immense régistre à colonnes. On colle sur une page à gauche le texte type imprimé et on inscrit en regard les variantes de chaque manuscrit dans la colonne qui lui est réservée. ‘“ Un essai a été fait cette année (1911) à Saint-Anselme sur un livre de l’Ancien Testament, l’Exode, pour grouper les variantes d’une trentaine de manuscrits dont la moitié a été reportée dans les colonnes. Cet essai a fourni à ceux qui s’occupent de cette partie du travail, le moyen de réunir en familles quelques-uns de ces manuscrits ; il à servi aussi à montrer combien il sera nécessaire d’en consulter un plus grand nombre avant de pouvoir établir le texte avec certitude ? (*).
On continue à faire faire la collation des manuscrits photographiés, mais, pour ma part, je suis convaincu qu’on renoncera à ce procédé qui semble bien inutile et superflu, quand on peut utiliser directement les photographies pour le report dans les colonnes. En faisant ce travail de report à plusieurs, chacun dictant les variantes d’un ou deux manuscrits à un secrétaire commun, on pourrait le faire avec toute la précision et la rapidité désirables. On éliminerait ainsi
détails qui sont après tout très secondaires. Mais en fait de critique textuelle, les plus légers indices peuvent être révélateurs et mettre sur la piste de découvertes importantes. D'ailleurs c’est à bon droit que les méthodes modernes imposent ces exigences, car la science comme la na-
ture ne livre ses secrets qu'aux observateurs attentifs et minutieux. ($) Second rapport de la Commission, 1911, p. 9.