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On voit combien il est facile à un copiste de sauter deux lignes et d’omettre tout un verset.
Si la répétition d’un même mot explique les omissions, les notes marginales sont en général responsables des additions. On écrivait fréquemment en marge les leçons différentes recueillies dans d'autres manuscrits, ou bien on ajoutait une petite note explicative, une glose ("*). Dans un cas ou dans l'autre, le copiste a cru qu’il s'agissait d’un mot omis qu’il fallait ajouter. On a alors une leçon redondante, ce que les critiques anglais appellent conflate reading, c’est-à-dire une leçon formée des variantes de deux manuscrits différents. Le psantier de Saint-Germain, qui est maintenant à la Bibliothèque Nationale de Paris, où il porte la cote, fonds latin 11947. contient beaucoup d'additions de ce genre, En voici quelques-unes notées au hasard : Ps., 118, 127, /deo quia dileri me; Ps., 139,5, Libera me et custodi me Domine, de manu peccatoris: Au Ps., 122, 4, après opprobrium abundantibus, il ajoute maledictum eis qui abundant, ce qui est manifestement un doublet : c'est la leçon du psautier de Vérone. Il y a dans le livre de l’Ecclésiastique un certain nombre de ces doublets. Quelquefois c'est tout un verset qui est répété dans une traduction un peu différente, sans que rien avertisse le lecteur. On trouve même un verset traduit ainsi trois fois. :
Eccli., 13, 10-11, Attende ne scductus in stultitiam humilieris Noli csse humilis in sapientia tua (*) ne humiliatus in stultitiam deducarts.
Enfin quand les manuscrits étaient écrits à dictée, ez ore ‘dictantis,une prononciation vicieuse ou incorrecte a pu engen-
(*) Il sera question des gloses un peu plus loin. Bien qu'elles atent pu pénétrer accidentellernent dans le texte, leur caractère en fait surtout des variantes intentionnelles.
(*) Saptentia suppose une petite confusion de traducteur ou une tetouche,