SERRE
2° Il peut se rapporter aussi à la disposilion des divers éléments d'une troupe, les uns par rapport aux autres, dans les manœuvres, soit de parade, soil dé guerre. Par exemple, la disposition des divers éléments d'une troupe les uns à côté des autres conslitue une « formation en balaille »; ces mêmes éléments placés les uns derrière les autres consliluent une « formalion » en colonne.
Les deux interprétations ont élé soutenues dans les débats de l'affaire DREYFUS.
A l'appui de la première on a fait valoir les considérations suivantes : « Du mois de mai au mois d'août 1894, la troisième direction de l'Etat- Major ont fréquemment correspondu au sujet des « formations » üe l'artillerie qui résullaient de la suppression des pontonniers et de leur remplacement par deux régiments d’arlillerie de campagne. L'organisation de l'artillerie en cas de mobilisation a subi, à cetle époque, une transformation radicale de nature à intéresser vivement une puissance étrangère ; un dossier volumineux existe à ce sujet dans les archives de la troisième direction. Une des pièces de ce dossier (août 1894) résume toutes les dispositions prises. Elle émane de l'Etait-Major de l'armée (premier Bureau), qui en a la minule, et porte la mention confidentielle. »
Il est tout d'abord à remarquer qu'aucune des pièces du dossier indiqué, n’a pour titre « formalion de l’arlillerie ». Le tilre est tantôt mobilisation des régiments d’artillerie, tantôt, organisation de l’arlillerie, dans le plan de 1895. Un traître qui aurait pu livrer celle organisation n'aurait certainement pas manqué de l'indiquer bien clairement el de le faire sonner bien haut. Personne n'ignore quelle extrème importance on attache, à juste titre, à lout ce qui se rapporte au plan de mobilisation. Est-il vraisemblable que le traîlre ail employé l'expression tout à fait modeste de « formations » sans souffler mot ni de la mobilisation, ni du plan de 1895, lorsque les titres des documents eux-mêmes étaient formés de ces mots infiniment plus imposants? De plus, en dévoilant une partie si importante de la mobilhsalion générale, il aurait fourni un renseignement d'une importance telle qu'il n’eûl pas un instant senti le besoin de corser son envoi, de battre les buissons pour réunir un assemblage disparale de documents quelconques, comme l’a fait l'auteur du Bordereau, s’efforçant visiblement de remplacer la qualité par la quantité.
Reste la seconde interprétation du mot « formations ». Il faut se rappeler à ce sujet que les régiments de la 3° brigade d'artillerie étaient chargés d'essayer, pendant leur séjour au camp de Châlons, en juilletaoût 1894, un projet de revision du règlement sur les manœuvres de batteries attelées. Or, si l'on examine, dans ce document, ce qui se rapporte aux manœuvres de guerre, on lrouve successivement
Pour 1a Balterie (titre IV, article I), les paragraphes portant les titres suivants :
IV. — Des formations de la batterie de guerre; V. — Formation de rassemblement ; VI. — l'ormation de marche ; VII. — Formalion préparatoire de combat ; VIII. — Formalion de combat.
Pour le groupe des batteries de guerre (litre V, article IH, chapitre I"): V. — Formation de marche ; y VI. — Formalion préparatoire de combat ; VII. — Formation de combat.
Pour la manœuvre de plusieurs groupes réunis (titre V, chapitre II) : II. — Formations ; V. — Formation préparatoire de combat ;