‹ La revision du procès de RennesChapitre 91 sur 117 · EC · texte numérisé non relu

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@) Rennes II, 443: Broch. Bernard, p. 11 ; Broch. Painlevé, p. 41.

I1 procède ainsi sans paraître attacher d'importance à ce changement, sans rien en dire, en tout cas, alors que ce second réticulage contient les causes d'erreur les plus multiples et les plus graves (1).

Le bord réel, par suite de manipulations excessives, est alléré, mal défini. Ainsi le bord réel du cliché Bertillon n’est pas celui du cliché Tomps. Et il est plus que probable que celui du cliché Tomps n’était pas celui du papier pelure du bordereau avant que celui-e1 ne fût déchiré. Les lignes du second réticulage sont tracés arbitrairement; les différences qui en résultent par rapport au premier réticulage sont considérables (2). à

M. Bertillon, malgré ce changement de méthode, dont il ne dit rien, ne tire pas moins argument à Rennes de toutes les coïucidences qu'il avait signalées à Paris en 1894 et qui n’existent plus avec son nouveau procédé! (3).

Ce n’est pas tout!

2° Pour que la démonstration soit sérieuse, elle doit porter sur tous les éléments, sur tous les mots du Bordereau ; sil s’agit par exemple de polysyllabes redoublés, sur tous ces polysyllabes (4).

Mais les uns ne présentent pas de coïncidences! Ils vont tout à l'envers du système qu’ils détruisent ! C’est bien simple, M. Bertillon n’en tient pas compte ! Il prend ce qui lui donne raison, écarte, en se taisant, tout ce qui le condamne!

MM. Darboux, Appel et Poincaré ont, eux, refait sur des données exactes tout ce qu’a négligé M. Bertillon. [ls sont arrivés à des résultats diamétralement opposés aux siens. Et c’est identiquement ce qu'avait déjà dit avant eux M. l’ingénieur des mines Bernard dans son excellente brochure (5).

Tous ils arrivent à cette conclusion : que rien ne prouve que le Bordereau ait été truqué, que toutes les particularités relevées par M. Bertillon ont pour point de départ et pour cause les dimensions fausses du bordereau par lui reconstitué (6) ; que les superpositions de mots qu’il allègue n’ont pas d'existence et ne révèlent aucun rythme kutschique, que non

ME GAII SA DRAC 20) (REC LE RERO AIS TA ) Broch. Bernard, p. 15-16.

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ne

seulement les coïncidences qu’il signale n’ont aucune existence objective, mais encore que, lorsque, par exception, elles se réalisent, elles se produisent dans les parties du Bordereau où l'écriture n’a aucun rapport ävee le gabarit imaginé ; enfin que M. Bertillon n’hésite pas à donner un coup de pouce, pour arriver aux coïncidences qu'il relève ensuite gravement (1).

De tous les arguments invoqués par MM. Bertillon et consorts pour établir que le Bordereau est un document forgé, aucun ne résiste done à un examen critique un peu sérieux. Un raisonnement correct, accompagné de vérifications sincères, montre que les particularités signalées sont sans consistance et que la lettre incriminée présente tous les caractères d’une écriture naturelle et normale.

Que si l’on s'attache cependant encore à l’examen de l’artifice de construction imaginé par M. Bertillon, si l’on en discute les éléments, tout s’écroule de même !

1° M. Bertillon soutient que le mot-clef « Intérêt » présente, sur sa longueur, une dimension de 12 mm. 5, tout à fait remarquable, dit-il, à raison de ses rapports avec la distance réticulaire : 5 mm.

Il n’y a qu’un malheur! L'observation est inexacte !-Comme le prouvent les mesures prises par M. Lœwy avec ses instruments de précision (2), la longueur du mot ést de plus de 15 **.

Sans doute on peut dans ce mot repérer deux points distants de 12 mm. 5; maïs cela est possible aussi pour tous les mots dont la longueur serait supérieure à cette mesure. Ce qui revient à dire, avec Les experts, que Dreyfus n’aurait pas été moins coupable, si au lieu de la lettre dite « du buvard » où M. Bertillon a pris le mot: Intérêt, on avait trouvé chez lui

n'importe quelle autre lettre (3).

Et il n’est pas davantage exact que tous les éléments de ce mot clef soient nettement des multiples de 1 mm. 25, et qu'il puisse être facilement reconstitué à l’aide de la règle et du compas.

Tout n’est encore ici que fantasmagorie dissipée par les experts observant que les mesures de M. Bertillon ont été obte-

(D E. c. II, 370.

(2) E. c. II, 350, 362.

G) E. c. IL 350

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