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nues sur des photographies agrandies et altérées, en prenant pour base des points de départ et d'arrivée qui varient avec chacune d'elles, suivant les besoins de la cause (7 lettres. 7 dimensions), sans qu'aucun rythme géométrique apparaisse
dès qu'on s’en tient à une définition fixe de la longueur d’une lettre (1).
En résumé, concluent les experts, le mot : Intérêl ne présente aucune parlicularilé géométrique que ne puisse présenter tout mot écrit d'une écrilure courante, et son soi-disant rythme kutschique provient de mesures incorrectes el incomplètes, de définitions arbilraires et contradictoires et même d'erreurs! (2)
2 S'agit-il de la construction de la double chaîne avec les
mots 2rtérét placés bout à bout de façon à ce que l’& de chacun vienne s’imbriquer, se caler contre le t final du précédent ?
Les experts observent d’une part que c’est là une création de pure fantaisie, non seulement arbitraire, mais exigeant pour sa mise à exécution un coup de pouce. — [ls ajoutent en second lieu que, si le prétendu moulage du tracé des mots du Bordereau sur le gabarit est inévitable puisqu'entre les lettres du gabarit il ne reste aucun espace blane, ce moulage n’obéit du moins à aucune coïncidence systématique, et qu'il n'existe que dans l'imagination d’esprits prévenus. Malgré l'examen le plus scrupuleux fait avec M. Bertillon lui-même, les experts n’ont pu le constater.
Quant aux localisations des initiales du Bordereau sur certaines lettres, M. Bertillon, suivant sa tactique ordinaire, ne signale que celles qui sont favorables à sa thèse, laissant de côté toutes celles qui ne répondent pas à son système, et n’expliquant en outre rien de ce qu’il signale. {lne les obtient enfin qu'en rompant onze fois la chaîne par coups de pouce.
Ces coups de pouce, M. Bertillon est bien obligé de les avouer ; ils condamnent tout son svstème !
L'auteur anonyme de la brochure verte cherche à les excuser en les assimilant aux ruptures de elef dans les dépêches chiffrées, Le vice du raisonnement est manifeste. La dépêche chiffrée est nécessairement un document truqué. Dès lors, si on ne réussit pas à la déchiffrer entièrement, il faut bien admettre qu'il y a rupture de elef. Notre situation est ici toute différente. Si le gabarit n’explique pas toutes les parti-
(1) E. c. II, 362.
() E. c. IL, 363.
cularités du Bordereau, cela ne veut pas dire que le Bordereau soit truqué, car il reste toujours cette explication plus naturelle et plus simple que le document n’est pas forgé.
Ajoutons enfin que les experts ont refait toutes les opérations de M. Bertillon et qu'ils les ont trouvées inexactes, le nombre probable de localisations étant supérieur au nombre réalisé qui ne présente par suite rien d’insolite.
On peut donc conclure avec certitude que, contrairement à ce que dit M. Bertillon, les initiales des polysyllabes sont placées au hasard, et ne sont en aucune façon localisées sur la double chaîne.
Toutes ces observations infirment entièrement la théorie de M. Bertillon sur la construction du Bordereau dans le sens horizontal .
M. Bertillon s’en était tenu là. Le capitaine Valério a voulu pousser la preuve plus loin. Ce que M. Bertillon avait fait pour le repérage horizontal, M. Valério l’a tenté pour le repérage vertical des lignes du Bordereau.
À première vue, le Bordereau parait écrit négligemment, dit-il, aucune des lignes n’est droite ; au recto, toutes sont descendantes ; au verso toutes sont montantes. Mais à examiner de près, on voit que le Bordereau porte sur son bord libre (à droite), une petite encoche.
M. Valério s’est dit que cette encoche ne pouvait être naturelle, n1 l'effet du hasard, et qu’elle devait, combinée avec le bord supérieur et le bord inférieur du Bordereau, avoir été faite volontairement pour servir de repère au tracé des lignes.
Enfin il a cru trouver qu’en prenant ces trois points de repère : encoche, bord supérieur, bord inférieur, le tracé des lignes n’a plus rien d’arbitraire; qu'au verso l'intervalle des lignes est constant et rigoureusement de 6 mm. 66, soit deux tiers de centimètre, qu’au recto il est, soit de 10 mm. ou 6/6 de tiers de centimètre; qu’au recto il est, soit de 10 mm. ou 6/6 de dant dans un ordre uniforme : un intervalle de 10 mm., deux intervalles de 8 mm. 33. D'où il conclut que toutes les lignes sont entre elles à des distances qui sont des multiples de 1/6 de centimètre.
Si l’on transporte ensuite le Bordereau sur un transparent dont les lignes sont espacées de 1/6 de centimètre, on s’aperçoit que non seulement toutes les lignes du Bordereau viennent
s'appliquer sur des réglures du transparent, mais qu'il en est de même pour l’encoche, le bord inférieur et le bord supérieur. En outre toutes les lignes du Bordereau s'appliquent à un nombre entier de centimètres ou de demi-centimètres de l’un de ces repères, en se succédant suivant un ordre invariable: nombre impair, nombre demi-centimétrique, nombre pair. Enfin, la différence entre le repérage des lignes du recto et de celles Œu verso, due à l’encoche, aurait pour but d'empêcher leur eoïncidence par superposition du versa sur le recto et par suite de rendre le moulage plus facile. Tout cela, dit M. Valério, est contraire à la probabilité. Donc cela prouve que le Bordereau est truqué verticalement, comme il l’est horizontalement.
Nous avons vu que le repérage horizontal est faux; que penser du vertical et du raisonnement Valer1o ?
Tout ce raisonnement suppose, n'est-ce pas, que l’encoche est contemporaine à la confection du bordereau, ou même à précédé l'écriture à laquelle elle a servi de repère.
Or, Messieurs, nous savons maintenant avec certitude que l’encoche n'a été faite que bien postérieurement à la confection du document, et qu’elle est l’œuvre, non pas du scripteur cherchant à se créer ainsi un point de repère pour les lignes, mais de celui-là même qui a recollé le Bordereau, lorsqu'il est arrivé à la Section de statistique. c’est-à-dire d'Henry. Pas de doute sur ce point. L’expertise en a fait la preuve avec la dernière évidence (1).
En effet, l’encoche est due manifestement à un coup de ciseau qui a été donné obliquement par rapport au bord libre du bordereau. Or voici ce qui s’est passé, et comment ce coup de ciseau a été donné,
Henry, pour recoller le bordereau, s’est servi de bandes de papier pelure (2). L'une d'elles recouvrait le mot « extrémement »; dans le but de raccommoder la déchirure oblique qui le traversait. Mise de biais, elle dépassait primitivement Le bord, une fois le bordereau recollé. L'opérateur a voulu naturellement enlever le dépassement ; mais son coup de ciseau, ayant été donné un peu obliquement par rapport au bord du papier, a entamé légèrement ce papier, dont il a détaché une petite languette qui ne tenait plus qu'en tête, et qui, étant ultérieu-
(1) E.c. Il, 380.
(@) E..c. IL 381, 382.
rement arrachée, a produit la petite encoche triangulaire (1).
Comment M. Valério ne s’en est-il pas aperçu ?
Pour la raison la plus simple : c’est que quelques-unes des bandes appliquées par Henry, et notamment celle qui recouvrait ie mot: extrêmement, étaient tombées soit d’elles-mêmes, soit enlevées par M. Bertillon. Mais leur existence n’est pas douteuse; nous en trouvons la preuve sur la photographie de Tomps, où elles sont visibles, et M. Bertillon le reconnaît lui-même (2). Nous comprenons fort bien que M. Valerio ait pu se tromper sur l’origine de l’encoche. Elle est aujourd'hui indiscutable !
Aussi, en l’état de ces constatations que personne ne peut plus nier, les experts n’ont-ils pas hésité à conclure:
Que l’encoche a été faite après la constitution du bordereau, qu'elle n'existait pas sur le document original.
Elle n’a done pu servir au seripteur pour le repérage et l’inclinaison des lignes. Et il ne reste rien sur ce point des affirmations erronées de M. Valerio, ni de ceux qui, comme M. Bertillon, ont déclaré en accepter les conclusions que la preuve à la fois de leur redoutable ingémiosité et de leur grossière erreur (3).
C’est qu'en effet M. Bertillon et ses adeptes ont toujours eu le tort d’attacher à-des expériences qui ne sont nullement probantes la plus grosse importance.
Tout leur a semblé bon, même les expériences les plus ridicules. Je fais iei allusion notamment à la Photographie Composite, que M. Bertillon nous donne comme une vérification expérimentale de son système, et qu’il considère comme décisive.
Vous savez en quoi cette photographie composite consiste.
M. Bertillon impressionne trois plaques sensibles.
Sur la première, il fait passer par sections de 12 mm. 5 de longueur et avec une pose de à secondes par section toutes les lignes du Bordereau placées bout à bout sur une bande de 3 mètres.
Sur la seconde, il procède de la même manière, en faisant une sélection, et en ne reportant sur la bande que la partie
(D°E:°c. Il 380.
CRE CAL e382; HSE SCI 380;
he
hote
du Rordereau qui aurait été écrite sur ce qu'il à appelé la chaîne rouge.
Sur la troisième, même opération pour ce qui a été écrit sur la chaîne verte.
Tous ces mots venant ainsi s’accumuler les uns sur les autres par sections de 12 mm. à, forment, vous le comprenez sans peine, des empâtements de traits noirs se superposant les uns sur les autres, de grosses taches informes en somme, et rien que cela,
M. Bertillon avoue lui-même ne rien pouvoir tirer de la première qui, pour lui comme pour nous, ne présente qu'un tel enchevêtrement de traits qu’il est impossible d’y rien retrouver des deux chaînes imbriquées.
N'insistons pas sur ce premier et inévitable échec. Il prétend au contraire reconnaître dans la succession des masses alternativement noires et blanches des deux autres épreuves un écartement et un rythme semblables à ceux des lettres du mot : tutérêt dans la chaîne, si bien qu’en superposant un calque à l’une ou l’autre de ces épreuves il reconstitue la chaîne. D'où 1l conclut qu’il y a preuve d’un rapport absolu entre les mots du Bordereau et le mot intérêt de la lettre du buvard-(L).
C'est, dit-il, un contrôle matériel de sa théorie, la preuve matérielle que le Bordereau a été écrit sur son gabarit, sur le mot intérêt (2).
Que de réponses! et combien irréfutables !
1° Tout est truqué dans la composition du gabarit; on y dispose quarante et une fois de l’origine du Bordereau : trente fois à raison du nombre des lignes, onze fois par suite des glissements ou coups de pouce au milieu des lignes, et on profite de ces facil'tés qu’on se donne pour amener le plus de coïncidences possibles entre les lettres du Bordereau et celles du mot: intérêt (3).
2° M. Bertillon avoue n'avoir obtenu de résultats qu’en faisant une sélection entre les lettres du Bordereau, et en séparant celles qui s’appliquaient sur une chaîne de celles qui s’'appliquaient sur une autre. Et, comme l’ont fait observer M° Demange et le commandant Corps, cette sélection, dont la
(1) Rennes II, 368.
(2) 2° dépos. devant les experts, p. 5 et 6.