‹ La révision du procès Dreyfus: faits et documents juridiquesChapitre 20 sur 22 · APPEL AUX RÉPUBLICAINS LIBÉRAUX · texte numérisé non relu

APPEL AUX RÉPUBLICAINS LIBÉRAUX

ajouter une autre : — C'est la plus grande partie de rélite intellectuelle de la France.

Tous les hommes qui ont quelque notion, je ne dirai pas de droit, mais de méthode, ne peuvent admettre que, dans notre civilisation actuelle, une condamnation ait été prononcée dans les conditions où Ta été celle de Dreyfus.

M. le ministre de la guerre parlait de l'étranger, dans son discours du 13 janvier. Il avait bien raison ; car c'est quelque chose pour une nation d'avoir un bon renom dans le monde. Eh bien ! lisez tous les journaux sérieux, interrogez vos amis à l'étranger et vous trouverez partout l'élite intellectuelle des autres peuples frappée d'une stupéfaction douloureuse en voyant « cette justice à la française », locution qui se répand, comme nous disons nous-mêmes : a justice à la turque ».

Si beaucoup d'entre vous se sont abstenus, si quelques-uns ont voté contre, la plupart d'entre vous ont voté, le 13 janvier, un ordre du jour ainsi conçu : « La Chambre, comptant que le gouvernement saura prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à la campagne entreprise contre l'honneur de l'armée... »

Que signifie cet ordre du jour?Implique-t-il que le gouvernement va déposer un projet de loi interdisant aux citoyens de parler de l'armée et renvoyant les publicistes qui auraient cette audace devant les conseils de guerre, comme en Espagne ?

Prenez garde : le nom du signataire de cet ordre du jour aurait dû vous rappeler des souvenirs récents. C'est M. de Mun. Il était, en 1889, membre du comité chargé de répartir les fonds et de distribuer les candidatures dans le formidable assaut livré à la République par les monarchistes, les cléricaux et les boulangistes.

Si nous avions eu, pendant la période où Boulanger était ministre de la guerre, une loi comme celle qu'implique l'ordredu jour du 13 janvier, on l'aurait invoquée, sous prétexte de défendre l'honneur de l'armée, contre ceux qui osaient attaquer le général, importé

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