‹ La revision du procès DreyfusChapitre 10 sur 22 · ANALYSE MÉTHODIQUE · texte numérisé non relu

ANALYSE MÉTHODIQUE

DU RAPPORT RAVARY '"

Ceux qui oui lu l'acte d'accusation de M. d'Ormescheville contre le capitaine Dreyfus se dironl en lisani le rapport du commandant Ravary sur M. le commandant Esterhazy que les deux rapporteurs s'appellenl en réalité Bouvard et Pécuchet.

'Tous les deux ont le même étiage de mentalité ; et il esl fâcheux de constater qu'ils qous prouvenl une le colond Ramollol u'est pas un personnage dénué de réalité.

Tous les deux, quoique chargés d'une besogne fort différente, concluent de la même manière, ;ï savoir que lecapitaine Dreyfus est coupable de trahison.

Mais M. d'Ormescheville avail au moins une excuse. Il ne connaissait pas lecommandanl Esterhazy.

Le commandant Ravary n'a pas la même excuse. Il connaît les charges qui pèsent sur le commandant Esterhazy. .Mais, par une étrange transposition, toutes les charges, les accumulations de prouves, les mensonges du commandanl Esterhazy, - la similitude effroyable - avouée par le commandant entre son écriture el celle du bordereau : les lettres reconnues par lui. dans lesquelles il dil qu'il ne peut sortir de sa situation désespérée que par un crime ; toutes ces histoires de dames voilées qui prouveraient qu'elles ont

(1) Le Siècle ta 11 janvier 1898.

accès dans les bureaux les plus mystérieux de l'étatmajor; les propos avoués tenus par le commandant chez le coiffeur du passage du Saumon, toutes ces preuves matérielles et morales ne comptent pas. Il se borne à dire que la conduite privée du commandant Esterhazy n'est peut être pas à citer comme modèle aux jeunes officiers.

Mais il enregistre les certificats de ses chefs que Y Intransigeant avait déjà publiés et qui nous font nous demander à nous, simples civils, si c'est ainsi que les officiers supérieurs comprennent leur recrutement ?

Le commandant Ravary, qui a de bonnes raisons pour être porté à l'indulgence pour beaucoup de peccadilles, n'a point la sévérité à l'égard du commandant Esterhazy que M. Oimescheville avait montrée à propos destrois ou quatre aventures galantes survenues dans la rue ou au concours hippique au capitaine Dreyfus.

Le Jour de M. Verwoort a dit le mot juste :

L'acte d'accusation est un acte de [réparation pour le commandant Esterhazy.

Le commandant Ravary et M. Verwoort sont faits pour être d'accord.

11 n'est pas étonnant que le commandant Ravary ait fait un acte de réparation pour le commandant Esterhazy et un acte d'accusation contre le lieutenant-colonel Picquart.

Il n'a rien pu comprendre à cette passion de justice qui anime un officier qui, découvrant le véritable coupable, l'a dit; qui a risqué toute sa carrière militaire, tout son avenir parce qu'il a appris qu'il y avait un innocent à Gayenne et un coupable en liberté ; qui, dans son besoin de vérité, a insisté auprès des chefs qui, après l'avoir écouté tout d'abord, lui ont répondu — Il y a chose jugée! et lavons-nous les mains ! • :

Le commandant Ravary est exaspéré contre cet homme qui a osé examiner le crime judiciaire commis en 1894 : et, alors, il le dénonce comme criminel ; c'est contre lui qu'il requiert ; nous assistons à cette chose d'un grotesque effroyable : l'apologie d'Esterhazy et le réquisitoire contre le colonel Picquart.

D- accusation i>ri:uiiA/.v <yj

Le commissaire du gouvernement, sentanl le danger de la publication d'un pareil acte d'accusation su dant à l'acte d'accusation de M. d'Ormescheville, avait demandé le huis clos absolu. Le Conseil de guerre n'a accordé que le huis clos partiel. Nous devons l'en remercier, puisque nous connaissons le papier de Ravary, l'interrogatoire du commandant, les dépositions de Mathieu Dreyfus, de Scheûrer-Kestner, de MM. Autant et Stock, de Mme Pays, de M. Weil qui confirment tout ce qu'on savait.

Mais les experts en écriture on1 été entendus à huis clos. Il parait que leurs dépositions, si elles n'étaieni entourées de mystère, compromettraient la défense nationale! La science de M. Bertillon es1 ésotérique.

El puis, ou a entendu l'apologie d'Esterhazy et hj réquisitoire contre Picquart. Mais I" huis <■{>>> es! prononcé pour les explications du colonel Picquart. Et alors nous nous demandons : — Est-ce qu'on veul l'étrangler aussi lui en silence? Les chefs de l'armée veulent-ils faire des juges du conseil de guerre les muets «lu sérail .'

Toutefois, il y a tant de perles à. cueillir dans le rapport du commandant Ftavary, dans l'interrogatoire du commandanl Esterhazy el dans les dépositions de certains témoins <iu<* je oe -aurais être trop reconnaissant au conseil de guerre de n'avoir pas commencé par déclarer le huis clos.

Dans sa déposition, M. Scheurer-Kestner cite deux paroles du général de .Pellieux qui doivent être précieusemenl enregistrées.

La dénonciation de M. Mathieu Dreyfus étail simple. Q accusait lé commandanl Esterhazy d'avoir écrii le bordereau . ! hie information «-si ouverte.

Puisque le commandanl «lu Paty de Clam, sur la simple affirmation, faite le 13 octobre 1894 au soir, de M. Bertillon, contraire à l'opinion de M. Gobert, avait tenu Dreyfus pour coupable el l'avait fait arrêter el

lendemain matin, la première chose à faire était de communiquer ce fameux bordereau au général de Pellieux pour qu'il put le comparer avec l'écriture d'Esterhazy.

Or. le général de Pellieux répondait à M. Scheurer- Kestner qu'il ne connaissait pas ce bordereau ; et il trouvait tout naturel qu'on ne le lui eût pas remis, il ne songeait pas un seul moment à se le procurer, car, disait-il : <• Je ne puis pas le faire venir. Ce serait douter de l'autorité de la chose jugée. »

Mais alors pourquoi avoir ouvert une information à la suite de la dénonciation de M. Mathieu Dreyfus, puisque le général de Pellieux refusait d'examiner la pièce en litige :'

Depuis, a-t-elle été examiner ? < >n peut se le demander.

M. Scheurer-Kestner, lui, parlait de la nécessité de faire venir le lieutenant-colonel Picquart. Le général de Pellieux lui répondait :

Le général Saussier est d'avis de le faire venir, niais le général Billot ne le veut pas.

Nous savions depuis longtemps que le général Saussier était un homme sérieux et loyal ; mais comment le général Billot comprenait-il donc l'enquête ? Et son intervention négative nous paraît engager sa responsabilité. Le général Billot avait parléaussi « d:un coup de massue. Où est-il ce coup de massue:' Est-ce le rapport du commandant Ravary ?

Cette affaire nous apprend que certains officiers ont une manière de se respecter entre eux qui n'est guère de nature à inspirer du respect aux simples civils. On a vu les étranges procédés de M. du Paty de Clam à l'égard du capitaine Dreyfus.

Le général de Pellieux a fait procéder à une perquisition chez le lieutenant-colonel Picquart, sous prétexte de chercher des allumettes de contrebande, pendant que celui-ci était en route pour revenir de Tunisie. D*un autre côté, le commandant Esterhazy prétend que le lieutenant-colonel Picquart aurait fait faire, quand il était chef du bureau des renseignements, une perquisition chez lui, en son absence. Nous ne savons si le fait est exact. Car le commandant Esterhazy a beaucoup d'imagination' et les accusations contre le

d'accusation esterhazv 61

lieutenant-colonel Picquart mit été publiques tandis que celui-ci n'a pu donner ses explications qu'à huis çjûfa Eh fous cas, céil échange de procédés aussi mauvais qu'illégaux nous montre que ces officiers paraissent comprendre la légalité à la turque. Ce n'est pas rassurant. Seulement, il est assez intéressant d'entendre le commandanl Ravary dire du lieutenant-colonel Picquart :

Il a commis des illégalités monstrueuses en violant sa correspondance, allant jusqu'à faire perquisitionner dans son appartement pendant son absence.

Ce bon commandant Ravary ne s'est pas aperçu que sa phrase tombait d'aplomb sur le généralde Pellieux. Seulement, il ne l'a pas fail exprès.

Le commandant Ravary parle des recherches faites par le commandanl Picquart, chef de bureau des reniements, qui était convaincu qu'Esterhazy était un

Le commandant Ravary raconte qu'au mois de mai

l'attention du lieutenant-colonel Picquart l'ut atti-

iecommandant Esterhazy par les fragments

d'un- carte-télégramme portanl son uom etsonadresse.

Le texte en étaitconçu dans d tels qu'il v avait

Louches existaient entre le l'expéditeur; lee lont l'ori

l pour lui la même que celle du bordereau ''naît il a été stion, lui comme pièci

. i Henry sans que '•chu ci, con at à -un habitude, y eût apporté une attention par- • que de L'initiale I té que lui parut présenter cette carte tail -i accentué que le Lieu-

n'en point parler ., sur la personnalité du commandant Esterhazj qu il ae connaiss lit pas.

d'ou\ ni' une enquête très discrète sur la v: ommandant ainsi que surla considération

dont il jouissait a Bon régiment.

Les renseignements furent déplorables. Le commandant Esterhazy était « toujours en quête de documents, tout en étant loin d'être un officier s'occupant de son métier ». Les renseignements que lui donnait « l'agent très sûr o qu'il employait dans cette enquête lui apprirent que o Le commandant Esterhazy menait une vie difficile et avait de grands besoins d'argent ».

C'est le commandant Ravary qui continue :

Avec l'assentiment de ses chefs, dit il, il (Picquart) se procura de l'écriture du commandant Esterhazy. afin d'en faire l'objet d'une comparaison officielle.

Quand il reçut les spécimens réclamés, comme il avait encore présent à la mémoire le genre d'écriture du bordereau Dreyfus, il fut frappé à première vue de la ressemblance des écritures. Toutefois, ne voulant pas s'en rapporter à sa propre impression, il fit tirer des photographies de ces spécimens, on ayant soin d'enlever les en-têtes et les autres parties qui auraient pu dénoncer leur autour, puis il les montra à plusieurs personnes qui auraient déclaré spontanément, d'après lui, « qu'il y avait identité entière avec l'écriture du bordereau ».

Enfin, sa conviction serait devenue complète sur la culpabilité de l'inculpé, quand il eut constaté qu'une pièce contenue'dans le dossier secret s'appliquait plutôt à Esterhazy qu'à Dreyfus.

C'est alors seulement qu'il songea à en référer à ses chefs. Mais auparavant, il crut utile de rédiger un mémoire de qutre pages sur l'état de la question, mémoire qu'il conserva par devers lui jusqu'à son départ du ministère, survenu le 16 novembre 1896.

Dans le premier paragraphe, le commandant Ravary dit que « Picquart, avec l'assentiment de ses chefs, se procura de l'écriture du commandant ». Puis, dans le troisième paragraphe qui suit, il ajoute: « c'est alors seulement qu'il songea à en référer à ses chefs ». Comment avait-il pu obtenir auparavant leur assentiment, s'il ne leur en avait référé qu'après?

Il nous semble que, d'après les constatations du coinmandant Ravary, l'enquête de M. Picquart a été menée avec autrement de prudence et de calme que celle du commandant du Pat y de Clam à l'égard du capitaine Dreyfus.

Le commandant Ravary conclut :

L'accusation du lieutenant-colonel Picquart présentait un

d'agcusation esterhazv 63

caractère exceptionnel de gravité, eu égard à l'origine attribuée à la carte-télégramme.

Alin d'en apprécier la valeur avec certitude, l'instruction a dû faire une enquête approfondie sur les circonstances qui ont accompagné La découverte de ce document compromettant, ainsi que sur les agissements latéraux du lieutenant-colonel Picquart à ce sujet.

Le résultat de l'enquête fut loin d'être favorable à l'accusation.

El immédiatement, le commandant Ravary, ajoute :

Enfin, lorsque les chefs, mis au courant de ces agissements et effrayés du scandale qui pouvait en résulter, lui eurent conseillé d'y mettre lin. le lieutenant-colonel Picquart s'écria dans un momenl d'emportement : « Ah ! ils ne veulent pas marcher là-haut, je les y forcerai bien ! »

L'information a révélé encore d'autres faits particuliers qui donneraient à croire que le lieutenant-colonel Picquart pourrait bien avoir été Tàrne de la campagne scandaleuse qui vient de S( produire e1 dans laquelle il aurait eu l'habilel 3simuler e1 laisser les autres porter le premier

Coup.

n'est plus Le commandant Esterhazy qui es1 \'-ac- -t Le lieutenant-colonel Picquart.

AJors commencent les racontars du genre de ceux quo M. d'Ormesche ville avait servis contre le capitaine fus. Le Lieutenant-colonel Henry L'aurait vu compulsant le dossier Dreyfus avec M8 Leblois. Enfin, il aurait remis à M Leblois quatorze Lettres que Lui auraient adressées ses chefs.

Tel est L'ensemble des faits révélés par les témoins autreel collaborateurs du lieutenant-colonel Picquart. Il Bemble tellement sérieux que, malgré l'autorité qui doit icher à La parole d'un officier supérieur, on esl en droit demander si L'on peut accorder à ta base de son accu- . a l.i carte-télégramme dont L'origine a été pour le moins m . une authenticité suffisante pourétayer

une accusation de haute trahison, alors surtoul que Les - caractéristiques destinées à imprimer à cette pièce un caractère de véracité préalable démontrent surabondamment qu'elle n'en possédait aucun par elle-m< Nous n'avons point mission de faire le procès du Lieutenantcolonel Picquart. Il appartiendra à L'autorité militaire le soin d'examiner et d'apprécier see actes et de leur donner la suit.' qu'il appartiendra.

64 ANALYSE DE TRACTE

Le commandant Ravary s'inquiète de l'origine de la carte-télégramme, le commandant d'Ormescheville ne s'était jamais inquiété de l'origine du bordereau. Cependant, si la question d'origine a une importance pour la carte-télégramme, elle doit en avoir pour le bordereau.

On voit comment la transposition est faite. Le commandant Esterhazy n'est plus accusé : c'est le lieutenant-colonel Picquart.

Seulement, dans son zèle, le commandant Ravary ne s'est pas douté qu'il donnait l'argument juridique qui entraîne la nullité du jugement prononcé contre Dreyfus.

L'état-major faisait répéter par ses journaux qu'il y avait une pièce secrète qui n'avait pas été communiquée à la défense, Me Démange ayant déclaré dans les termes les plus formels, dans sa lettre du 25 novembre 1896, qu'il n'avait jamais connu d'autres charges contre Dreyfus que celle du bordereau. L'état-major se servait de cette pièce pour affirmer la culpabilité de Dreyfus ; mais le ministre de la guerre se dérobait devant M. Scheurer-Kestner et refusait de la connaître, parce qu'il comprenait la gravité légale de tout aveu qu'il ferait dans ce sens.

Le colonel Ravary dit tranquillement pour raconter un potin :

Un soir que le lieutenant-colonel Henry, de retour à Paris, était entré brusquement chez M. Picquart, il aperçoit M> Leblois, avocat, dont le colonel recevait de fréquentes et longues visites, assis auprès du bureau et compulsant avec lui le dossier secret. Une photographie portant « cette canaille de D... » était sortie du dossier et étalée sur le bureau. Si l'on considère que c'est une pièce identique qui a été renvoyée au ministère de la guerre par l'inculpé, on est amené fatalement à se demander si la corrélation qui existe entre les deux faits n'est point le résultat de cette indiscrétion !

d'accusation estebhazt 65

AJnsi le commandant Ravary déclare dans an documentjuridique qu'il ya un dossier secrel donl la lettre contenant ces mots : ■■ Cette Canaille de D. .. oestla pièce capitale '

Voici le second fail avec lequel le commandan Ravary, dans sa naïveté, veut établir une corrélation:

- le commandant Ravary es! sévère pour le cdonelt l 'if-quart, il accepte avec une facilité admirable toutes les histoires du commandant Esterhazy.

Au mois d'octobre dernier, étant à la campagne, il reçut une lettre signée Speranza, lui donnant de minutieux détails sur un complot le visant et dont l'instigateur était un colonel nommé Picqimrt (le nom était écrit Pi<{uart, sans

Le commandant Ravary ne s>st pas inquiété de rechercher l'officier du ministère de la guerre qui veillait >i soigneusement sur le commandant. 11 esl iable cependant qu'il assistait à l'audience.

Puis \ ienl l'histoire de la dame voilée.

Le commandant se rendit à l'endroit indiqué e1 trouva

dans une voiture une dame qui exigea d'abord de lui

ir serment de respecter -un incognito. S'y étant engagé

d'honneur, l'inconnue opi^ la [tresse a désignée' -mis

l'appellation d'' la a daine voilée »>) lui détaill i longuement

cernent» de ceux qu'elle appelait » la h ndi

Ensuite eurent lieu trois entr^vuen, toutes entourées du

racière de discrétion, tantôt derrière l'église du

- oeur, tantôt à Montsouris.

Pas de doute pour le commandant Ravary : la dame voilée qui se procure si facilemenl les secrets esl une réalité. Ii continue avec admiration .

Au cours de la second» visite, l'inc mnue remit un pli à interlocuteui en lui disant : « Prenez la pièce c intenue nveloppe. elle prouve votre innocence, e1 torchon brûle, n'hésitez pas d vous en servir». I l : novembre, l'inculpé, conseillé en ce Bens, n'h

démunir du document libérateur en l'envoya I hu mil: rre, s'en remettant loyalement à s,'- 1

du soin de défendra son honneur mei

Admirable, ce brave commandant Esterhazy, qui « se démunit du document littérateur ! »

Et qu'est ce document libérateur? C'est la fameuse pièce : « Cette canaille de D... » sur laquelle aurait été condamné Dreyfus, dans le huis clos du Conseil de guerre .

Le commandant Ravary ne s'est même pas aperçu, dans son parfait dédain pour la légalité et la vraisemblance, qu'il fournissait la preuve juridique nécessaire pour provoquer la revision du procès Dreyfus.

L'article 101 du code de justice militaire est formel : « Le rapporteur fait représenter au prévenu toutes les pièces pouvant servir à conviction, et il l'interpelle pour qu'il ait à déclarer s'il les reconnaît. »

Or, cette pièce n'a pas été représentée au capitaine Dreyfus ; elle est inconnue de Me Démange : elle n'a pas fait un seul moment partie de la procédure. Si, grâce à elle, le général Mercier a pu obtenir la condamnation de Dreyfus, il a frappé cette condamnation de nullité, en vioiant tous les principes de droit reconnus dans tous les'pays qui ont la prétention d'être sortis de la phase de la barbarie.

Qu'est-ce que cette pièce ? Que vaut-elle ? Et cependant cette pièce mystérieuse qui aggrave si singulièrement la responsabilité des hommes décidés à se débarrasser de Dreyfus à tout prix, qui montre les juges du Conseil de guerre violant avec sincérité la loi au moment paêine où ils n'existent que pour appliquer la loi, est, d'après le commandant Ravary, « le document libérateur », qui, grâce à la dame voilée, fail acquitter le commandant Esterhazy !

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