‹ La revision du procès DreyfusChapitre 7 sur 22 · L'ACTE D'ACCUSATION · texte numérisé non relu

L'ACTE D'ACCUSATION

Je publiai dans li' Siècle du 8 janvier l'acte d'accu- !i de M. Besson d'OrmesCheville contre le capitaine Dreyfus en le faisant précéder des lignes suivantes 1 1 :

Pour certaines gens. Dreyfus est devenu une incarnation. C'est le traître et on le charge de tous les cas d'espionou de trahison qui ontpu être commis.

< »r. nous avons acquis la preuve que Zola avait complètement raison quand il a dit «pie cette affaire est simple entre toutes.

Puisque des journaux, qui reçoivent leurs inspirations ena qui paraissent conspirer pour empêcher la vérité ■ manifester, redoublent d'affirmations mensongères, [uent, grâce au mystère du huis clos du Conseil de guerre, de- accusations contre Dreyfus, si formidables que Le monde doit s'incliner et se taire, nous voulons ,jue chacun soit mis à même de juger entre les légendes et la vérité.

-I pourquoi noua publions le texte complet de I d'accusation «lu commandant Besson d'Ormescheville contre le capitaine Dreyfus, devant le Conseil de guerre, à la date du 24 décembre 1894.

n'est pas nous qui prenons l'initiative de violer le huis clos. Le Matin a publié, le 10 novembre 1896, le facsimilé du bordereau qui est l'unique base de l'accusation. Non seulement le ministère actuel, qui étail alors au pou voir, a reconnu par son silence la légalité de cette publication ; mais on a dit alors que le texte el le fac-similé du bordereau avaient été communiqués au Mutin par des b dignitaires du ministère de la guerre.

Voir le texte, l .

40 l'acte d'accusation

Nous n'en savons rien ; nous rappelons seulement le précédent.

L'acte d'accusation comprend, ainsi que le dit dans son résumé le commandant Besson d'Ormescheville, deux sortes de preuves : preuves matérielles, preuves morales.

L'unique preuve matérielle , c'est le bordereau dont l'écriture paraissait offrir quelques traits de ressemblance avec celle du capitaine Dreyfus.

Quant aux preuves morales, nous laissons à nos lecteurs le soin de les apprécier.

Du reste, toutes ces preuves morales — dont quelquesunes, empruntées à des rapports de police, n'ont pas été vérifiées, d'après l'acte d'accusation lui-même — ont paru tellement dépourvues de tout sérieux qu'elles ont été abandonnées au conseil de guerre dans les termes les plus explicites par le commissaire du gouvernement, le commandant Brisset,. qui, montrant le bordereau, s'est écrié : « Les éléments morauœ ont disparu, mais il reste cela, cela qui a été écrit par Dreyfus, je l'affirme avec les experts et avec le rapporteur. »

Donc, le capitaine Dreyfus n'a été condamné légalement que sur le bordereau, — et tous les lecteurs du Siècle ont pu constatei « l'effroyable similitude », reconnue par le commandant Esterhazy lui-même, entre son écriture et celle du bordereau.

L'acte d'accusation est une réponse péremptoire à tous les récits qu'on jet le en pâture à la crédulité du public.

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