‹ La révocation de l'Édit de Nantes à RouenChapitre 12 sur 14 · CI · texte numérisé non relu

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De leur côté, les Réformés roiiennais de 1883, bien qu'ils ne renferment plus parmi eux. aucun vestige appréciable de l'Eglise du xvii* siècle, ne doivent pas oublier qu'ils sont redevables à ceux qui souffrirent ainsi, de la liberté dont eux-mêmes jouissent avec reconnaissance.

Jean BIANQUIS.

Tandis que cette notice s'imprimait, nous avons reçu la réédition des Plaintes des Protestants de France, de Claude, avec une préface et de savantes notes de M. Fiank Puaux (11. Nous relevons dans ces notes un ou deux traits que nous enregistrons ici pour compléter nos propres renseignements.

C'est le 13 mars 1681 que Marillac, alors intendant du Poitou, inventa le système des dragonnades, en ordonnant « qu'on marquât les réformés taillables sur la marge des rôles des tailles, et qu'on les chargeât à la décharge des catholiques, tant par les ta.xes que par les logements des gens de guerre. » Ses cruautés furent telles que Louvois lui-même, écrivant à Bâville, le 3 mars 1683, lui disait : « 11 ne convient point au service de Sa Majesté qu il se fasse aucune violence pareille à celles dont on s'est plaint du temps de M. de Marillac ; » phrase qui fut raturée sur la minute de la lettre, mais qui n'en donne pas moins le jugement de Louvois. {Les Plaintes, p. 20, 38].

Le l" novembre 1683, Louvois écrit à Marillac : » Vous ne scauriez manquer d'agir de concert avec M. I Archevêque de Rouen et M. le Coadjuteur. » C'est une preuve, entre tant d'autres, de la part que prit le clergé dans les

(1) Paris, Fischbacher, 1 vol. in-4, 1885.

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conversions forcées. Le rôle de Colbert paraît avoir été l)lus actif que celui de Rouxel de Médavy. C'est pourtant le même Colbert qui, le 21 juillet IG80, avait harangué Louis XIV, au nom de l'Assemblée générale du Clergé de France, et avait osé nier l'existence de la pei"séculioD, allirmant que « c'était en gagnant le cœur des hérétiques que le roi domptait l'obstination de leur esprit, et par ses bienfaits qu'il combattait leur endurcissement; » ajoutant t qu'ils ne seraient peut-être jamais rentrés dans le sein de l'Eglise par une autre voie que le chemin couvert de fleurs qu'il leur avait ouvert. » [Les Plaintes, p. S7 et 2).

Notons enfin que, d'après une note des Archives nationales, dans la seule généralité de llouen, l'état des biens délaissés par les protestants montait à 198,730 livres de lente. {Les Plaintes, p. 7-4^

Il y avait la de quoi défrayer les soldats. Aussi les échevins pouvaient-ils inscrire, le 4 juillet 1(180, dans leur Registre des délibérations cette note hypocrite : « Le logement des cuvrassiei-s chez les religionnaires de cette ville pendant deux mois nous a duune plus d'exercice et de fatigue que de dépense, que nous avons tasché d'épargner à la ville tant (|ue nous avons jiu. » Il parait que les Réformés ne faisaient pas partie de la ville.

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