‹ La révolteChapitre 2 sur 25 · PERSONNAGES · texte numérisé non relu

PERSONNAGES

Elisabeth, 2$ ans. MU* FargueiL

Félix, 3$ ans. M. Delannoy.

La scène est à Paris, dans les temps modernes.

Genus irritabile vatum.

Qu'il me soit permis d'abdiquer, pour un instant, le diadème de . modestie qu'on « aime à voir » au front du Sage. Je tiens à faire preuve ici, — au mépris des devoirs de l'hypocrisie la plus vulgaire, — d'un orgueil presque égal aux vanités chétives de ceux-là même qui me le reprocheront. #

S'occuper du Présent est chose asse\ originale che\ les Poètes pour que l'on m'absolve si j'y condescends une fois. La Postérité, d'ailleurs, fut toujours un peu commère — et les commentateurs futurs ne me saurent pas mauvais gré de leur avoir épargné des recherches sur les quelques noms — (alors fort probablement tombés en oubli) — de ceux dont l'ire sentencieuse a cru devoir me couvrir de dédains vers l'an de grâce z8jo.

Sans doute, il est fastidieux de ne pouvoir se distraire un peu aux dépens des gens sans les couvrir d'un certain lustre; mais il est des jeux de prince moins innocents. On me passera donc celui-ci.

Voici les trois scènes, si simples, qui ont, un instant, mis quelque peu en émoi la Critique de France, et dont l'exécution au Théâtre du Vaudeville a dû être arbitrairement interdite, à la cinquième soirée, comme blessante pour la dignité et la moralité du public de la Bourse et des boulevards.

J'eusse préféré le silence à tous ces volumineux articles qui ont jeté sur cette œuvre un semblant de célébrité.

Merci, toutefois, et « du cœur de mon cœur, » comme dit Hamlet, à ces maîtres de la Pensée, de l'Art et du Style, qui Vont si magnifiquement acclamée, expliquée ou défendue ! A Richard fPagner, à Théodore de Banville, à Théophile Gautier, à Fran\ Listj, à Leconte de Lisle, à Alexandre Dumas fils, sans la violente intervention duquel ce drame n'aurait même pas vu la lumière. — Merci à tous ceux qui ont écrit, au sujet de La Révolte, ces belles pages dédaigneuses que de joyeux critiques se bornaient à répéter un peu à l'instar des oiseaux; A M. Mendès, à M. France, à M. d'Hervilly, à M. Camille Pelletan.»., — Merci à ceux-là même qui, désorientés par les mutilations de la Scène, ont discuté, du moins impartialement, ce qu'ils avaient entendu ! A M. Claretie,

à Ai. Ranc,... et à d'autres encore!... Et aux deux vaillants artistes qui ont imposé à toute la salle l'obsession de ces trois scènes! Et à toute cette jeunesse enthousiaste qui applaudissait et qui avait le courage de sa pensée, comme devant toute la « Bêtise au front de taureau, » j'avais le courage de la mienne.

Eu égard; maintenant, à la façon toute privilégiée avec laquelle des écrivains ont cru devoir se comporter à mon sujet, il ne serait peut-être pas de mauvais goût de se laisser aller à quelque amertume... que je pourrais, d'ail" leurs, leur faire amplement partager. — Mais le certain souffle glorieux qui m'a passé autour du front a dissipé en moi le souci de répondre à cette sorte d'ennemis. Je ne tiens ni à leur estime ni à conquérir celle des gens qui ont pu les croire jamais. Ils peuvent dormir sur les deux oreilles : l'oreiller sera large et doux. Je ne ferai pas droit à leurs objections, par la raison qu'on ne décharge pas de batteries de canons contre des cloportes : je les manquerais. Quant à ceux qui m'ont injurié dans leurs articles y — comme on crie : « touche! » dans les salles d'armes , — ils m'ont, simplement, donné cette victoire d'exciter leur indignation, alors qu'ils ne sauront jamais m'inspirer que de l'indifférence.

Ils s'écrieront, demain, et ce sera de bonne guerre : « Pauvre jeune homme !... Il s 9 est emporté contre nous!... C'est bien naturel 9 après ce que nous lui avons dit!... -— Nous sommes sûrs qu'il fera mieux, quand sa colère

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