‹ La révolte des fleursChapitre 4 sur 4 · sainfoins, les coquelicots, 1 - et les renoncule · texte numérisé non relu

sainfoins, les coquelicots, 1 - et les renoncule

Les clochettes des campanules,

I reines des prés, les pai

Aux couleurs vives et joyeuse lit, plus graves, les scabieuses Faites d'un ténébreux velours; I d'or, les pâquerettes,

H EVOLTE DES F LEURS.

Les marguerites, fleurs d'amo Et celles qu'on nomme amourecces, Frêles et frémissant toujours; Voilà les menthes, les verveines, Et les lavandes et les thyms, Dont les salutaires haleines Embaument l'air frais des matins ; Et vous qui décorez la haie, Qui rajeunissez le vieux mur, Etoiles de neige ou d'azur Dont le sentier perdu s'égaie :

Clématites et liserons, Aubépines, iris, éclaires, Joubarbes et pariétaires, Encor, encor nous vous suivrons Dans les ruines solitaires!

Et vous, dans les forêts encor, Anémones, douces pervenches, Perce-neige roses ou blanches, Blancs troènes et genêts d'or! Salut aussi, fleurs coutumières Des coteaux et des sablonnières, Lieux aimés des songeurs errants, Cistes, serpolets odorants,

LA REVOLTE DES FLEUR. -t

Verra réséda ; bruyéi

Sa! ut, amantes des lieux fi

Simples ec tendres vé\

Beaux narcisses mélancolique .

M 'tis aux lor. j :<; !

Salut, nénuphar dont L'œil rêve

S >us le dais tremblant de

Nymphéas pâles, ou la se

Semble dormir à fleur des eaux!

\ Eli dont les rares cv.

Sont l'œuvre et l'honneur des jardins :

(Juillets suaves au

Et vous, flamboyantes tulipes.

Lys impeccables, dalhias Orgueilleux, purs camelli Flammes rouges des plan: es,

Salut, princesses de l'été!

Ah! pour rendre à L'humanité, Aux cœurs souffrants, aux tètes la Peuple des fleurs tant regret:

Toutes tes t'raicheurs et tes grâc( Te voilà donc ressuscité!

Au-devant de la flore innombrable qui perce.

La foule, à travers champs, s'élance et e disperse.

Comme aux douceurs du jour ouvrant des yeux nouveaux.

Se culbutent les faons et les jeunes chevaux,

Se cabrant, se roulant, et par milles gambades

Adressant au soleil de fantasques ruades,

Tête au vent, pieds en l'air, affolés, enivrés

De la grasse mollesse et du bon goût des prés,

Ainsi sur les tapis que la terre déploie

Toute l'humanité danse et bondit de joie!

Jeunes et vieux, le cœur débordant, l'oeil ravi,

Sur les tendres massifs se ruant à l'envi,

S'ébattent dans les fleurs, s'y terrassent l'un l'autre;

On y plonge et replonge ; on s'y roule, on s'y vautre,

On dirait qu'un matin Cybèle, à son réveil,

Fait danser ses enfants dans sa robe au soleil !

Que de rires éveille et de soupirs étouffe

La molle profondeur de chaque large touffe !

Que de bruyants baisers et de joyeux appels !

Que d'étreintes d'amour et d'élans fraternels î

Et voici que dans l'air, spontanément unies,

Les voix ont réveillé l'essaim des harmonies ;

Sous des milliers de mains pillant partout les fleurs

Revit dans les bouquets le concert des couleurs ;

Dans mille arcs triomphaux, à festons de verdure,

LA REVOLTE DES KLEl il S. »j

Renaît, en souriant, L'auguste architeci ire;

Tous les arcs créateurs tic grâce et de beaui Avec une hardie ce simple nouveauté, P ir les sens et le cœur ressuscitent ensemb] O rieurs! puisse longtemps votre annuel reti Par qui le soir du momie : semble,

Rajeunir l'idéal et raviver l'amour]

I M P Kl M E PAU J. CLAV E

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