I. «bsédant souvenir du beau temps des calia
1). labeurs de la v:e avait fait ' Chacun, toute L'année, attelant sans répit Ses nui: i outil, son front a 8011 problème.
Travaillait d'un air morne et comme avcc dépit. Plus de tète : .sans rieurs la jou Avec ['{ irire avait fui ;
i s'ennuyaient : l'ennui s'e
., la H EVOLT i DES PCEURS.
On eût pour une fleur vivante Donné le plus riche grenier, La rançon d'un roi prisonnier.
On mit tous les herbiers en vente.
On se disputait un lambeau D'un lis jaune et mélancolique, Exhibé dans son froid tombeau Comme une adorable relique.
On s'arracha même un bouquet, Chef-d'œuvre oublié d'un fleuriste Mais ce simulacre était triste :
Une âme inconnue y manquait.
On chercha sur la terre entière, Avec l'espoir de tromper mieux Le regret du cœur ec des yeux, Pour l'art le plus ingénieux La plus délicate matière.
Les tisserands surent créer Des guirlandes avec adresse, Mais si bien que la main les tresse.
L'art peut-il jamais suppléer Ce qu'Avril y met de tendresse?
Les joailliers à leurs étaux Taillaient dans les rares métaux
Là RÉVOLT1 DES 1 LEURS. is
El liaiu Les {verres prt
Quelques courom
M. lis ai Légères ni soyeus* .
l i tentant l'acier îles marteaux ;
On y pendait de fa
L m sec ce bien imité,
Mais ce* fleurs n'avaient point de charmes.
N'a) ant pas de fragilité.
La démence tut telle à la cinquième année.
Que la foule vaguait scupide ou forcenée.
! ans, ù deux genoux, subitement dévots.
Imploraient du soleil les anciens renouveaux;
I [ autres blasphémaient, péroraient sur les plat
Et soufflaient) sans motif, L'émeute aux populaces.
( Des fleurs! des fleurs! i criait la foule aveuglément.
Puis, cette lièvre éteinte, un vaste accablement
Fie taire La révolte ec l'espérance même.
Et sur l'humanité le spleen muet et blême
( mme un linceul immense étendit son brouillard.
Or, en ces jours vivait un étrange vieillard
ni L'active multitude Qui le coudoyait en courant, Il poursuivait indifférent D : beau sacré l'intime étude ; ( mme dans l'azur un duvet Sa pensée errait solitaire, I). nier poète sur la terre.
Il rêvait.
i8 I.A RÉVOLTE DES FLEU KS.
Songeant à la fortune antique Des vers oubliés, et parfois Dérobant au récent patois Des épaves du verbe attique, Pris d'un vaste et lointain regret Mêlé d'envie involontaire, Dernier poëte sur la terre, Il pleurait.
Nuls bruits d'usines ou de rues N'étouffaient l'hymne intérieur Qui, le jour, emplissait son cœur ; Et, les étoiles apparues, A l'heure où le monde se tait, Son cœur seul ne se pouvant taire.
Dernier poëte sur la terre, Il chantait.
Etranger dans l'âpre mêlée Des égoïsmes dévorants, Où se ruaient petits et grands Ainsi qu'une meute affolée, Souriant à qui l'opprimait,
LA REV0LT1 DES FLEURS if
D.ms la douleur ec le mystère,
Dernier poète sur la terre.
Il aimait.
Il aimait, et devant la Campagne chagrine
Où les cités semblaient dans la mort s'accroupir,
Sa pitié débordant, un suppliant so îpir
A la rose adressé, sortie de sa poitri.ie :
Oh! reviens présider tous les arts de li piix, Reviens, comme autrefois, mêlée au simple lien Orner les piédestaux des figures de pierre Et parer noblement le seuil des hauts pal
Reviens aussi régner dans les humbles demeui Apporter chez le pauvre un sourire d'espoir. D'un peu de ta rosée attendrir son pain n >ir. Embaumer son travail et colorer ses heui
Reviens servir encor de modèle au pinceau. De symbole à L'amour et de parure aux femmes; . Reviens ouïr encor d'harmonieuses gammes Courir, pour te chanter, aux sept trous d' eau.
LA i< EV0L1 EURS.
Comme au temps des aïeux, reviens enguirlander Les harnais de la vie et ses jougs nécessaires, Et fêter, comme alors, les saints anniversaires, Tous les chers souvenirs consolants à garder.
Ah! c'est encore aux fleurs, dont la grâce est promesse.
De couronner au seuil les destins commencés,
Présage aux fronts des morts d'éternelle jeunesse,
Augure de beaux jours aux fronts des fiancés.
Et pendant qu'il chantait, ainsi qu'au temps d'Orphée
On vit se balancer en cadence les bois
Sous l'effort palpitant de leur âme étouffée,
Et voici qu'un rosier s'attendrit à sa voix.
La Rose, à cette voix qui la flatte et l'implore,
Sent fléchir sa rancune et résiste à demi ;
Ce qu'au long deuil du monde elle refuse encore
Elle l'accorde au chant de son antique ami,
Et le frisson qui court dans la royale plante
Fait rouler sur sa tige une larme tremblante ;
Puis, ô merveille! on voit un bouton tressaillir,
De son corset ouvert la corolle jaillir
Par une éclosion jusqu'alors inouïe,
LA K EVOL 1 i DES ! l.n II S. n
D'un seul jet, radieuse ce : mouie,
Comme si la captive, en forçant sa prise . Réclamait dix printemps à la même saison. Sitôt que la nouvelle eue volé dans la foule, 1 'enthousiasme au ciel, comme une énorme houle. Souleva tous les cœurs, dans un seul cri :
La rose a refleuri !
A l'instant toutes ses compagn
Fleurs des plai H iirs îles montag Fleurs des étangs et fleurs des bois, Emaillant soudain les campagi S'épanouissent a La fois!
Voilà dans les vasces prairies 1 tribus du soleil chéries :