SCÈNE XII
Mad. clément, FINETTE.
MAD. CLEMENT
Voyons, Fiuelte, qu*£vez-vous à me dire. . . FINETTE, d part.
Delà dignité , de l'aplomb ! N'oublions pas que je suis pou* le quart-d'heure un père de famille respectable. { Elle tousse}. ilum ' hum !
MAD. CLEMENT
Eh bien , mademoiselle ?
FINETTE
M'y voilA, madame. Vous savez qii'Aglaé depuis qu'elle a perdu ses père et mèie est orpheline. C'est moi qui ai lait son éducation : je lui ai appiis a se présenter convenablement dans un bal et à sentir les beautés d'un mélodrame.
MAD. CLEMENT
Après ?
FINETTE
Vous savez qu'elle est jeune , jolie, douce, bonne, sensible ♦ Irèâ-sensible, trop sensible peut-être. • . Vo^s savez. . .
MAD. cleme:<t, VinUt rompant. ■■' ' Je sais, je sais que vous élc? trcs-bavardc. . . Finirez-yous.
finette, d pari
Madame, je crois, me manque de respect. . . mais dissimulons
{Haut). A dii-huit ans, le cœur d'une jeune fille sensible murmu -
re, parle , crie. ..madame doit savoir cela. . . Si toutefois clle^
ne l'u pas oublié.
MAi>. CLEMEîïï, à part.
Pelile soUe I ^ . '-^
C est ce qui est arrivé à Aglaé ; son cœur a parlé. . . il a parlé pour monsieur Edouard , yotre nev^ii , qui lui rend la réciproque j et c'est îa main de çe^ jeune homme que je viens vous demander pour mon intéressante amie.
MA.D. CLEMENT. '.' • .' .''
Voyez- vous cela. C'est le monde renversé, maintenant les filles demandent les gat-çons en mariage.
FINETTE
Pourquoi pas ? il est temps d'abolir tous les usages rocooo. Que répondrais-je à Aglaé ? car enfin son cœur a besoin de savoir sur quel pied danser.
Vous répondrez à mademoiselle Aglaé que je lui défens d'entretenir plus long-temps la moindre relation avec mon neveu, qui n'épousâra jamais une ouvrière modiste qui n'a pasfe soii.
FINETTE
Mais, madame , vous parlez bien cavalièrement des ouvrières modistes, il me semble que vous l'avez été tout comme nous ouvrière, quand vous exerciez sous les galeries de bois. Seulement depuis cette époque on a construit l'église de la Madeleine , et il y a long-temps qu'elle est commencée. (A part). Attrappe. ..
MAD. CLEMENT
Quelle insolence !
FINETTE. • . ; ' .■ ;»::;. r»;
Pourquoi madame veut-elle nous ravaler, m^» dame n'a pa^ toujours été cossue. . . une ouvrière vaut bien une mirchande de modes...
MAP. CLEMENT
Vous tairez-vous ? mademoiselle , si vous ajoutez un mol de plus, je vous chasse de mon magasin. Et pour en finir, apprenez à mademoiselle Aglaé que jamais je nf^ cociscûtirai à son mariage avec mon neveu... :;;*iw b ':■:!>' h. n\ ^^A -ni-
FrNETTE, d part.
Dieu que c'est humiliant de ne pouvoir pas dire tout ce qu*gsn a sur le cœur.. .
SGÉimixiii.: .
Mab. clément, FÎN'ÉlT^E,'À(*JtAÉ,' K0SALT15, HEl^IlïEt^^^^
M 0DISTE8, jpafV pèti 'oprês 'ÉDQ UARD.
. ■■; i j j V - s ;) i i : > . . . . '(^fic^ar (l'es môdlsié^ '. ' " * ' ' Aie \"€'^k i'dfHVl^^
Tour le ti^avatl; C est une pause ;
Vive i'inslanl du déjeuner ! (Z'W)
faAD. CLIMBNT.
Mesdemoiselles, j'fli besoin de sortir pour faire des emplellcs , j*espère que l'on se conduira bien pendant mon absence. Il faut que l'on &oil au travail avec plus d'absiduité que jamait. ! " ^ édol'\rd, entrant.
Ah! ma tante, je suis bien aise de vous trouver encore au magasin ; d'abord j'ai fait votre commission , et vous ne pourrez a vêtir, vos rubans qu'à une beure. Mainlonant j'ai quelque cho#e à vous demander pour moi et pour ces dempiseJles,^ - ,
ToriES. **' , ' '".', '" '' ■
Pour nous !..
MAD. CLEMENT
Que voulez-vous dire ? ^'y)';
ÉDOPaHI).
Imaginez-vous que le fameux bal que je vous ai tant vanté , tant jïrèconisé depuis un mois, a lieu ce soir même. . r TOUTEi», quittant les comptoirs.
Ce soïr î. ./ ^ :...;...>. ...M.. .. ..:*..
ÉDQrARD. ^' J'filiJOî^ëflOO Otl t>i!
Qui, mesdemoiselles, ce soir; et comrne ma tante vous a laissé entrevoir qu'elle vous permettrait d'y aller, je, vous apporte des billets, et je viens vous prévenir que je me suis déjà occupé de y 03 cost^Ines, tout est prêt., ainsi ^..
'CoJùtRïiènl nous irions au bal ce çoii ! '^'
tli'^'V."^' TOUTES.
'•Alitctfélbonbeur !...
orniioniènt, un moment, mesdcmoiselhîè, î! fatrt ê^ttteord»it|W<J ' je vous le permette... ^if»o pnoliïjJ
ÉDOTJARD.
Comment ? ma tante. . .
^ ^ . . , . FINETTE
' Vloas hotf s avcï prortiis. .' .
MAD. CLEMERT. ' ' '''' '" ' ^'-'t-T'
Ça ne se peut pas , mesdemoisetles , ]é^iiih très-pressée din» ce moment, d'ailleurs je ne suis pas assez conleille de voti'ï pbur vou> laisser aller au b^l. . . AinSÎ vruillez donc n'y plus penser et retournez h vos places. M^jJcmoiscHc ^glaé,jc voua rcc(ynimtin(fe de vous observera l'avenir, *vou s Savez cévjlic [eVéïlk voUé (ïtft'i' * Quant à vous , Edouard , veuillez me donner votre bras. ..jVi « vous parler. . . ; ' • .. , /
ÉDOfARD.
Gomfnèb^ ma tanle^vous ne voulespas.. . wj.,\> •
■ .'■ :•■ ;i-ji7 .;,ow Ju'JV i;(' . TOUTES •'!!'' I» ■ -UOllJO»/ <\'>
A})! madîf mfe ! .• . . • u-'t.-t-'-^Ki . .
Silence, je vous p^lé^jc («Afs ce^ucfai à i"aii*;^*orlon6.
m 22 îg
ÉDOt'ARD^ iui donnant le bras.
Mais pourtant. ., ma tante...
MAD. CLEMENT, soria/if avec Edouard.
C'est impossible, . . [Ils sortent).