SCENE XIY
FINETTE, AGLAÉ, ROSALIE , HENRIETTE, Modistes.
(Les demoiselles gardent le silence jusqu'au dépari de madame Clément, elles vont avec précaution s'assurer si elle est éloignée , et revimnent ensuite vivement sur le devant de la scène). TOUTES;, ai^ec colère et criant.
C'est indigne ! c'est abominable !
AGLAÉ
Que t'a-t-elle dit ? Oh! je m'en doule bien... tu peux parler*
FINETTE
Elle te défend de penser îi Edouard, et elle m'a dit que janiais clic ne consentirait à ce que tu fusses sa femme.
AGLAÉ
Je n'ai plus d'espoir qu'en lui, c'est un honnête homme et j'ai sa parole.
FINETTE
Hélas! ma chère amie , c'est bien peu de chose que la parole d'un homme quand il s'agit de mariage. . . Si vous saviez, mesdemoiselles, comme elle a traité le corps respectable des ouvrières en modes. . . Une madame Clément, si ça ne fait pas mal !...Et puis nous empêcher d'aller à ce bal. Mais, vraiment, c'est de la ty-rannie, c'est un vrai gouvernement despotique.. . et nous souffririons cela ?
AGLAÉ
Que faire ?
FINETTE
Que faire ? vous me le demandez : il faut secouer le jougue , quand on est asservi... on se révolte ! !
ROSALIE ET HENRIETTE
Finette a raison î
FINETTE
Nous en avons assez enduré de toutes les couleurs... A bas l'injustice I à bas les tyrans î et vive la liberté !
TOUTES
Vive la liberté I
FINETTE
Tenez, au diable les carions, les chapeaux, les comptoirs. Ah ! on veut nous empêcher d'allerau bal... On veut nous priver de toutes les satisfactions de la vie . . . Liguon.«-nous, coalisons-nous , faisons des émeutes. { Elles bousculent les cartons, (es chapeaux, etc.) Voulez- vous me prendre pour votre chef ?
TOUTES
Oui.
FINETTE^ qui est montée sur un comptoir. Eh bien , je me rendrai digne de \otrc confiance. Jurez-moi de m'obéir jusqu'à la mort I
Nous le jurons î
Je reçois vos sermens.
TOUTES
FINETTE