SCÈNE III
Edouard!..
EDOUARD, AGLAK.
aglaÉ;, entrant.
EDOUARD
Bonjour ma bonne Aglaé. ( llregarde de tous côtés. ) Il n'y a personne par ici. . personne par là. . ( // femhrasse, )[ ci part, ) Et de deux. . .
AGLAÉ
Finissez donc, monsieur, si l'on nous voyait.
EDOUARD
Oui, mais on ne nous voit pas.
AGLAÉ
Si je t'avais su au magasin, je serais descendue plutôt ..niais c'est Finette qui m'a retardée.
EDOUARD
Finette?
AGLAÉ
Oui^ elle récitait une scène de l'Auberg^e des Adrets, et voulait absolument que je fisse le gendarme assassiné. EDOUARD, riant.
Ah! ah!... je la reconnais bien le, h petite espiègle, toujours
en train de rire. . . Mais laissons-Ià, Finellc et le gendarme, poift parler de nos affaires.
AGLÀB.
Oui, ça \audra mieux. Imagine-toi qu'hier soir, ta tante m'a encore fait une scène terrible, sous prétexte que depuis un mois je ne suis plus reconnaissahle; que je suis distraite, préoccupée... enfin, que je pense à tout autre chose qu'à mon ouvrage. Elle a bien un peu raison, et c'est votre faute, monsieur.
EDOUARD
Ma faute ?. . .
AGLAÉ, souriant.
Certainement.
Air de La Sylphide (Mme Dochambge).
Oui , vraiment, j'en conviens,
Quand j' suis à mon ouvrage.
J'aperçois ton image,
Sous r chapeau que je tiens.
Je n*aîme plus à rire,
A chaque instan t j* soupire,
Enfin... je le sens là.
C'est bêt' d'aimer comme ç5.
Vers la porte parfois Si je tourne ia vue, J* croîs te voir dans la rue, Car.partuut je te vois.
Pour moi c'est un supplice , Edouard .faut qu' ça finisse, Car, vraiment, je r sens là, C'est bCl' d'aimer comme ça.
EDOFARD.
Non, ma chère Aglaé, c'est très-spirituel au contraire,
AGLAÉ
Madame Clément, sans le moindre doute, s'est aperçue de notre amour, et ça lui déplait. . . Elle voudrait te voir marié à une femme riche. . . et moi, je n'ai rien.
EDOUARD
Rassure-toi, mon Aglaé .. Ma tante aura beau dire et beau faire, je n'aurai pas d'autre épouse que toi . . si je ne puis obtenir son consentement, sais-iu ce que je ferai?. . .
AGLAB^
Non.
EDOUARD
Eh bien. . . je m'en passerai. . . Dieu merci, je ne suis ni d'âge, ni d'humeur à me laisser mener. . . Je suis commis-voyageur !... libre de mes actions.. . Je t'épouserai, je l'ouvrirai un magasin "perbc, tu feras des modes et mon bonheuF.. .
ACLAE.
Oli oui!. . . j'aurai des chapeaux délicieux, du dernier goût.. . «t toujours des attentions pour loi.
EDOUARD
Tout ce qu'il y a de comme il faut dans Paris, se fournira chea toi.
AGLAÉ
Je serai bien honnête avec tout le monde, j'aurai des rubans d'un genre tout nouveau, et je ferai des nœuds charmons.
EDOUARD
En fait de nœuds, nous commencerons par le nôtre.
Moi, i\ la tête d'un magasin, . . que je vais être heureuse !. . . ù prix fixe n'est-ce pas ?
EDOUARD
Comme tu voudras. . . et pendant que tu gagneras de l'argent à Paris, moi j'exploiterai les départemcns. , . Seulement plus de voyage de long-cours. . . car je ne veux pas trop m'éloigner de ma petite femme.
AGLAS.
Que ce sera joli I
AGLAÉ
Aia : Allons de la philosophie , ou Fions nous d ta destinée.
Le bonheur sera notre partage, Jamais d'ennuis, nous nous aim*rons-toujoura", Oui, dans notre petit ménage, Nous n'aurons pas de mauvais jours,
Jamais de mauvais jours. {bis).
EDOUARD
Je r jure ici, près de femme jolie, Des mêmes feux mon cœur sera brûlant.
AGLAÉ
Et moi je veux, pendant toute la vie.
Que mon mari soit toujours mon amant.
Reprise ensemble.
L' bonheur sera notre partage, etc.
SCÈINE IV.