‹ La révolte des modistes; vaudeville en 3 actesChapitre 2 sur 48 · CLAUDINE, EDOUARD · texte numérisé non relu

CLAUDINE, EDOUARD

EDOUARD

Bonjour Claudine

CLAUDINE

Bonjour monsieur Edouard. . . vous v'ia déjà levé?

EDOUARD

Déjà?... il est neuf heures... Est-ce que tu crois que je me lève comme ces mirliflors de la Chaussée d'Anlin, moi?. . . Un commis- voyageur !.. lu ne me connais guères: depuis cinq ans que je voyage, le soleil ne s'est pas levé une seule fois avant moi... il ne peut pas s'en flatter... Et c'est toujours une servante d'auberge ou une bonne de magasin qui a eu l'étrenne de ma barbe, lorsqu'elle eu valait la peine.... et comme toi, Claudine,, tu en vaux la peine. ( // l'embrasse. )

CLAUDINE, elle lui tend l'autre joue.

Hé ben, hé ben. . . vous ne vous gênez pas...

Je ne mo gêne jamais.

CLAUDINE

Faut avouer, monsieur Edouard, que vous êtes un vrai Rogerbon-temps.

EDOUARD

Je suis commis-voyageur !... J'aime à rire, à m'amuser, à faire des farces... Vivent les farces !. . .

CLAUDINE

C'est donc un état ben amusant que le vôtre ?

EDOUARD

C'est le roi des états... et un état de roi !

Air : Ah\ vraiment î (de Jean).

Gai luron , Sans façon , Ma vie , Est digne d'envie; Séducteur, Et farceur , Je suis commis voyageur!

Il faut me voir monter en diligence, Vers l'un des coins prudemment je m'élance, @n part; chacun à s'endormir commence, Et moi, taquin, y fais de» nich's au voisin.

Vient le diner, l'on descend, l'on se presse, Pour décoapcr, je m'offre, je m'empresse, Et j'ai le soin de prendre avec adresse

De chaque plat L* morceau 1' plus délicat {bis)»

Gai luron,

Sans façon, etc.

Quand, pour coucher à l'auberge on s'arrête. Si ma voisine est jeune et gcntilletlc, y vois en passant T numéro d'sacharobreltc ,. Et vers minuit, Je marche à petit bruit.

Alorp, ma foi, Dieu sait ce qui se passe. Le lendemain chacun reprend si place.

Mais ma voisin' ne parle qu'à voix basse. Et devant moi, Rougit, je n'sais pourquoi [bis).

CLAUDINE, V interrompant e fi riant.

Ah! laissez donc , farceur, je le sais bien moi, pourquoi o' qu'elle rougit... c'est parc' que vous la faites pâlir...

CLlVDlirE ET EDOUARD.

Gai luron.

Sans façon ,

"hla vie Est digne d'envie.

Séducteur

Et farceur , Je suis commis voyageur.

CLAUDINE

Dites donc, si mademoiselle Aglaé vous entendait.

EDOUARD

Où serait le mal... Aglaé m'aime tel que je suis, avec mes défauts... et moi, je l'aime telle qu'elle est avec ses qualités. D'oil- !eur.«, je veux devenir rangé. .. et tiens, Claudine, toi d'honnête garçon, Aglaé sera ma femme.

Est-ce que vous avez le consentement de madame Clément?

EDOUARD

Démâtante... non... mais qu'importe; je suis commis-voyageur, et comme Gusman du Pied de Mouton, je ne connais pa» d'obstacle.. . Maij Aglaé tarde bien à descendre . . elle qui est toujours la première au magasin. . .

me 1^

CLAUDINE

Rassurez-vous. . . je l'entends. . . moi , je m'en vas i la bou, eherie.., ( Elk prend un panier. )

Air ; Le tout est de s'y faire ( vaud. de l'Homme qui bat sa femme).

CLAUDINE

Allons , je vous laisse, D'ici je pars au galop, En fait de tendresse, Un troisième est d' trop.

Quand mon Alexandre Me pari* de ses feux, Pour bien nous comprendre.

Faut n'êtr' que nous deux.

Reprise ensemble.

CLAUDINE

Allons, je vous laisse, etc.

EDOUARD

Pars avec vitesse, Elle vient, vite au galop.

En fait de tendresse.

Un troisième est d' trop.

( Claudine soj't, )

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