HENRIETTE
Que vous a-t-il dit?
Ils m'ont dit tous deux qu'ils vous adoraient. i. Je dois déjeûner avec eux aujourd'hui.
'...,., ,,,,.,,. ...<, FISETTE.
Dis donc, Rosalie, je né m'étonne plus si Aglaé était si pressée de descendre à la boutique.
AGLAÉ
Finette. . . vous vous trompez. . . j'ignorais. . .
FINfcTTE.
Ohl mon Dieu, ne vas* tu pas l'en défendre... Est-ce que nous ne savons pas toutes que monsieur Edouard te fait la cour et le recherche pour le bon motif. . . C'est comme moi, si j'écoute Jé- Hcho, c'est que ses intentions sont pures. . . Du moins ils disent toujours ya, ces brigands d'hommes.
EDOUARD
Tiens, à propos de Jéricho, je l'ai rencontré il n*j a qu'un instant, charge de fioles et de médicamens.
FINETTE
C'est vrai que depuis qu'il est dans la pharmacie , ce pauvre garçon, on ne le voit plus qu'avec des drogues. . . Moi d'abord je ne veux plus lui douQiir le bras.. . Eh bien! monsieur Edouard j voyons, à quand la noce ?
ACLié.
La noce ?... y penses-tu?...
FINETTE
Qu'esl-ce qu'il manque donc?. . . Edouard l'aime, tu /'aimes., vous vous aimez. . . il me semble qu'il n'en faut pas davantage.
Sans doute. . . Il n'y a pins qu'A parler h ma tante. . . ce que ié ferai ce soir-même... ça m'ennuie, parce qu'il faut des ménao-cmens.
FINETTE
Je comprends, c'est là ce qui fous embarrasse. . . ( Gravement ) Eh bien! écoutez, jeunes gens, je vous prends sous ma protection,ne vous inquiétez de rien, c'est moi qui parlerai â madame. . Agiaé, tu es orpheline. . . je te servirai de père. AGLAÈ, riant.
Je te remercie. . .
EDOUARD
Comment donc ! mais je serai ravi d'avoir un beau-père aut^si joli. . . et certainement que je. . .
ÂGLAÉ, pinçant Edouard.
Allez, allez, ne vous gênez pas. (Bas)
EDOUARD, bas d Aglaé.
Oh!... Aglaé... quel pinçon... je suis sûr que mon bras est tricolore.
riNETTE.
Ah ! à propos, mesdemoiselles, j'ai des nouvelles de Phrasic,
EDOUARD
Phrasie^ qu'est-ce que c'est que pa ?
FINETTE
C'est une de nos anciennes camarades qui a quitté les modes pour le théâtre. . . Vous savez bien comme elle faisait la fière depuis qu'elle devait débuter.
TOUTES
Oui...
Eh bien! ses débuts ont eu lieu à lAmbigu-Comique, et elle n été sîfïïée.
AGLAÉ, ROSALIE et HENRIETTE.
Sifflée!...
FINETTE
Oh! mais sifflée. ... à boulets rouges. . . aussi elle ne vous regardera plus du haut de sa hauteur^, quand elle passera devant le magasin. . .
ROSALIE
C'est bien fait pour elle.
FINETTE
C'est vrai ça. . . elles font leur tête parce qu'elles jouent la comédie. . . mais je la jouerais aussi, si je voulais. . . Je sais le rôle de monsieur Frédéric dans l'Auberge des Adrets. JÉRICHO, à la porte.
Peut-on entrer ?
TOUTES
Eh! c'est Jéricho î c'est Jéricho!