SCÈNE V
Les Mêmes, JÉRICHO.
JERICHO
Oui, mes petites chattes, c*est moi. . .Dites dope, il n'y a f&s de danger ?
Non, rassurei-vous; madame Clément dort encorcr " '<i ^-^
JÉBICHO.
Vivat!... quand le chat dort les souris dansent... Boi^jour Edouard,., ça va bien! très-bien., merci. Mes petites ohallas, ... Voilà de la pâte de jujubes que je vous apporte. ( Il tire une boite de la poche de son /a^//er. )Ensuile, voilà pour mademoiselle Aglac qui se plaint de ne plusavoir d'appétit.
AGLAÉ
Qu'est-ce que c'est que ça ?
JERICHO
Deux petits paquets de rhubarbe... faudra prendre ça dans deux cuillcr»;cs de potage.
A6LAÉ, prenant le paquet.
Mcici , monsieur Jéricho. ( Toutes les demoiselles vont s^asseoiK dans les comptoirs de droite et de gauche. )
EDOUARD
£h bienl est-ce qu'il. n'y a rien pour moi ?
JÉRICHO
Vous n'êtes pas malade, vous.
EDOUARD, s^efforrant de ne pas rire».
Si fait, vrai . .j'ai. . . comme une barre sur l'estomac... cl une autre sur le vcnlrc.
JÉRICHO
Votre parole ?. . .
EDOUARp,
Ma parole î
Eh bien! alors ( // lui parle bas et fait le geste de donner un lavement. ) voilà ce qu'il faut faire. .. si le premier ne suffit pas, faudra en prendre un second.
EDOUARD
Merci bien... mais ça ne sera pas pour aujourd'hui.
JÉRICHO
Elouard, vous avez tort. . . ça n'a rien de désagréable.
FINETTE, assise au comptoir d f^auche.
Jéricho, quand vous aurez Oni de bavarder, vous viendrez me dire bonjour, pcut-t-lre.
JKIICHO.
Comment, Finette, j'aurais oublié... ahî je suis un monsire!..
( // lui baise la main. )
FINETTE
A la bonne heure. . . et mon chocolat ?
JERICHO
Le voici. Vous saurez, mesdemoiselles, que c'est aujourd'hui pion jour de sortie., à midi, je serai libre comme l'air; ainsi, si vous avez quelques commis^loosime donner, jç cuis entièrçment
à vos ordres.
EDOUARD
Ce brave Jéricho, toujours aux petits soins auprès des dames.
FINEtTE.
Quand je sors c'est lui qui porte mon carton. . . il est bien gentil dekîe icmté-là. ^ ■■'-■' i ? <« -^ > > ohcv\ ■, . ■ JÉRICHO.-; ■ ;''--^ ^ - ; ,'; t * "l^rietle, il me semble que je suis gentil de plusieurs autres côtés encore... Que voulez-vous? je ne rêve que femmes, jeue vois que femmes.. . oh! les femmes.... pourquoi ne suis-je pas né femme... non, au fait, j'aime mieux être ce que je suis. . . afin de leur rendre hommages sur hommages... ( Bas d Finette. ) A propos, Finette, as-tu demandé un congé à madame Clément? FINETTE , de même.
Je lui ai fait un conle , j'ui dit que ma grand'maman avait la poqueluche, et si madame est bien disposée ce matin, je lui demanderai la permission d'aller lui faire de la tisanne.
JÉRICHO
Fameux ; et au lieu de faire de la tisanne, nous ferons des farces •'. . . Je repasserai à midi et j'attendrai devant la boutique.
FINETTE. urîlifti r.
C'est convenu.
EDOUARD
Est-ce que vous complotez quelque chose , tous les deux ; j'espère que nous en sommes s'il s'agit de rire et de s'amuser.
JÉRICHO
Non Edouard , ceci est une chose a notre à part. . . Mais ditesdonc, en parlant de rire et de s'amuser, voilà la mémoire qui me revient; vous nous aviez beaucoup parlé d'un certain bal costumé dont vous deviez être nommé commissaire.
EDOUARD
Et pour lequel je vous avais promis des billets, n'est-ce pas?
JÉRICHO
Il me semble que oui.
EDOUARD
C'est aujourd'hui que cela se décide.
Aujourd'hui. [Les modisles quittent leurs comptoirs).
EDOUARD
El ce soir peut-être. . . Mais je ne veux vous parler de rien. . , j'aime mieux vous laisser le plaisir de la surprise.
FINETTE , sautarJ de joie.
Oh! si c'était pour ce soir I quel plaisir ilcdansor! ^ravoir un joli costume I
i ; , I . EDOUARD.
Tout sera décidé dans une demi-heure, et jo vous promets, si le bal est remiç, de venir pas:yer Ja soirée avec vous, mesdemoiselles, et de vous ccntcr des bislQires; nous autres commis-voyageurs, nous en ayons AQujours, ^
Oui, mais pas des histoires 4c voleurs , ça fait faire de vilains rêves.
JÉBICHO.
Est-il heureux, cet Edouard , d'être le neveu du magasin I . . . car vous êtes le neveu du magasin , vous. . .il peut rester toute la sainte journée auprès de son Agiaé ; tandis que moi je suis obligé de piler de la rhubarbe à deux cents toises de Finette.. . Si ie n'avais pas une vocation décidée pour Fétat d'apothicaire .. ma parole d'honneur. . .
BOSÀLIE.
J'entends madame Clément. ( Les demoiselles reprennent téirs pluçes. )
jÉRicno, e/f'-ajc.
Madame Clément I ah ben me voiUv gentil!
EDOUARD
Cachez-vous...
Vite, vite. . . ici. . . sous le comptoir.
JÉRICHO
Sous un comptoir. .. c'est humiliant!
FINETTE
Allons, Jéricho, voulez- vous me compromettre ?
JERICBÔ.
Moi? te compromettre !. ..Je me mettrais plutôt dans un carton à chapeaux. (// se fourre sous le comptoir. )
EDOUARD
II était temps!