‹ La Revolution à Poitiers et dans la VienneChapitre 30 sur 86 · RAPPORT DU SECRÉTAIRE ,A · texte numérisé non relu

RAPPORT DU SECRÉTAIRE ,A

môme. Il a fait aussitôt les frais des réparations les plus urgentes. Il ira encore plus loin, aidé, nous l'espérons, par des souscriptions que la Société des Antiquaires de l'Ouest est disposée à encourager. II acceptera, si les circonstances s'y prêtent, le classement de sa nouvelle propriété par la Commission des monuments historiques. Il est décidé à conserver à l'un des plus pittoresques villages du Poitou sa parure archéologique.

L'exemple de M. Jules Tribert sera imité certainement par de nombreux propriétaires qui sauvegarderont ainsi, au grand profit de leurs localités, des monuments, des ruines capables d'inspirer les artistes, d'attirer les touristes et les savants . Cet utile résultat sera acquis par un judicieux classement de tous les objets intéressant l'histoire parmi les monuments sur lesquels s'étend la protection de l'Administrai des Beaux-Arts. Cette protection suffit, la Société des Antiquaires de l'Ouest en a la conviction, conviction qu'elle affirmait naguère par un vote unanime. L'abus que certains amateurs étrangers faisaient de l'hospitalité française pour dépouiller notre pays d'importantes curiosités trouvées sur notre sol et pour les vendre à l'étranger avait frappé diverses Sociétés amies de la science ou du pittoresque. Ne signalait-on pas un Suisse, habile découvreur d'antiquités préhistoriques, qui paraissait décidé h vider les cavernes de la Dordogne au profit du Musée Ethnographique de Berlin? Les Sociétés intéressées échangèrent leurs vues sur les mesures les plus urgentes à prendre contre cette exploitation ruineuse pour le pays, sur l'opportunité d'instituer des lois protectrices et des surveillants officiels des fouilles. La

xc SÉANCE PUBLIQUE DE 1911

société des Antiquaires de l'Ouest, s'inspirant en partie des vœux que lui avait communiqués la Société polymathique du Morbihan, s'est rangée à la doctrine qui laisse aux chercheurs d'antiquités le plus de liberté possible. Pourvu qu'au sortir de terre les produits des fouilles soient classés, point n'est besoin, semble-t-il, de formalités nouvelles, ni de fonctionnaires en supplément. Le plus sage est de faire crédit aux bonnes volontés, à l'initiative locale, de témoigner aux propriétaires — aux propriétaires français du moins — la confiance qu'ils méritent. On s'inquiète actuellement du sort réservé aux curiosités préhistoriques françaises exploitées par les étrangers. Voici que tout dernièrement— nous en avons été informés par lettre dans le courant du mois de décembre — un de nos confrères, M. Grimaud, possédant dans la Dordogne un terrain voisin des Eyzies a fait classer aussitôt que découvertes des sculptures préhistoriques, sortes de bas-reliefs dus aux velléités artistiques des chasseurs de rennes.

Que l'on veuille bien compter aussi sur l'influence utile des Sociétés qui s'efforceront toujours de répandre autour d'elles la notion de la juste valeur des témoignages matériels sur lesquels s'appuie l'histoire. C'est là leur véritable emploi, leur tâche propre, ces sociétés la rempliront d'autant mieux que les trouvailles et les dons constituant leur patrimoine leur seront plus libéralement abandonnés. La Société des Antiquaires de l'Ouest a aussi formulé le vœu que la réglementation attendue des fouilles ne contribue pas à la centralisation des documents de l'art et de l'histoire, que chaque contrée, chaque département garde ce qu'ont

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produit ses anciens habitants et qu'il y aitdes musées dignes d'être visités en France ailleurs qu'à Paris ou dans quelques villes exceptionnellement peuplées.

A toutes les richesses locales que nous voudrions conserver, mettre en valeur ou découvrir encore, notre bonne volonté si vigilante qu'on la suppose ne saurait suffire. La Société des Antiquaires de l'Ouest demande l'aide et le concours des amis de la terre poitevine. C'est pourquoi ce soir, profitant, Mesdames et Messieurs, de votre bienveillante assistance, notre Société a longuement — trop longuement, la faute m'est imputable — narré ses efforts et dévoilé ses espérances.

LA

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