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l82 LA RÉVOLUTION A SAINT-MENOUX
On lui devait une compensation, il la réclama, et en la réclamant il prit soin de désigner lui-même ce qui pouvait le mieux lui convenir : c'était « le parterre de la ci-devant abbesse ».
Le département, sans doute peu préoccupé de cette question, ne se hâta pas de prendre une décision. Le 23 août de Tannée suivante seulement, un commissaire était désigné pour aller à Saint-Menoux choisir un autre jardin qui, « avec celui dont jouit le curé (i), devra compléter le demi-arpent, mesure de roi, auquel il a droit » ; et le 20 octobre on lui abandonnait, non le « parterre de la ci-devant abbesse », mais « un carré pris dans la partie de Tenclos, au Midi et à TOuest, dans l'angle méridional et occidental », c'est-à-dire dans le potager, le meilleur terrain, par conséquent, et tout à la portée du presbytère. La solution était donc satisfaisante pour l'intéressé.
Mais Pallier ne prévoyait pas, alors, que plus tard il deviendrait le seul propriétaire de tout l'enclos et qu'il aurait à racheter de ses deniers cette enclave créée par lui-même ou pour lui-même. Afin de ne pas la laisser subsister, il dut en effet se résigner, en 1796, à en faire l'acquisition (2), ainsi que de la petite tour d'angle « servant autrefois de chapelle, et d'un réservoir de l'étendue de quatre toises carrées ». Ce réservoir n'était autre que le ^ creux Saint-Martin », dont l'eau passait depuis les temps les plus reculés pour posséder des vertus miraculeuses (3).
La vente de l'abbaye eut pour conséquence, sur pétition des habitants,
il] Le petit jardin dans les « Râteliers », acheté plus tard par Faivre.
(2) Dans la lettre déjà citée (p. 64), écrite (29 août 1810) au préfet de TAllier par le maire Aubery du Goutet, celui-ci, au sujet de ce jardin, s^exprime ainsi : « Lors de la suppression des communautés religieuses, M. Fallier.se fit allouer quatre grands carrés du jardin potager dans l'enclos de l'abbaye, pour servir de jardin à la cure. Peu après on mit en vente le couvent et ses dépendances, et M. Fallier en fit l'acquisition ; mais dès qu'il fut question de détruire (a religion et qu'il fut défendu à tous les prêtres d'exercer les fonctions de leur ministère, ledit curé Fallier alla de suite soumissionner ce même jardin, qui lui fut abandonné pour une somme très modique... » (Arch. de l'Allier, série O., commune de Saint- Menoux ; l'église.) On voit qu'Aubery est tout à fait dans l'erreur quant à Pépoque de la soumission.
(j) Abbé Moret : Saint Menoux^ savie^ son culte, p. 47. — Le creux Saint-Martin sert aujourd'hui de lavoir communal.
ainsi qu'on Ta vu,rattribution à la commune de la cour et du petit bâtiment appelé la « Charbonnière » des religieuses (i). D'après Tarrêté pris à ce sujet, la municipalité était tenue de faire exécuter les travaux de démolition d'une grille de fer qui séparait le « chœur des dames » du sanctuaire de l'église, et les stalles des religieuses devaient être distraites de l'adjudication, pour être vendues séparément avec le reste du mobilier (2), ainsi que le siège abbatial, tandis que les lambris et le parquet en feraient partie (3).
A noter également qu'au moment de la vente le maire Loyard avait demandé et obtenu l'insertion au cahier des charges d'une clause réservant au public la libre circulation dans le chemin — alors un sentier qualifié de « passage » — « qui va de la fontaine de saint Menoux à la grande route de Moulins, et qui* sort devant l'auberge de VEcu », sans que, dorénavant, y est-il ajouté, on puisse « fermer les issues » ; — phrase indiquant très explicitement que des barrières, du temps de l'abbaye, y étaient placées (4).
Une autre condition du cahier des charges concernait la maison d'arrêt, « située dans l'enclos », et désignée comme devant être comprise dans l'adjudication. Cette maison d'arrêt n'existe plus, et aucun indice n'en signale l'ancien emplacement.
Que devenait l'abbaye entre les mains de Fallier ?... Propriétaire et maître absolu de ce grand monastère, comment en disposait-il ?... Tout simplement il le démolissait.
(i) Nous avons dit (p. 9}) que cette « Charbonnière » fut utilisée par la municipalité et la Société populaire pour leurs séances. Plus tard, quand l'instituteur quitta le bâtiment du presbytère, sans doute après le Concordat, il vint s'y installer. Le bâtiment fut démoli en 1861, quand on restaura Téglise, alors que l'ancienne dénomination était depuis longtemps oubliée. (V. deux délibération, municipales des 10 février et 14 mai 1861 ; et aux Arch. de TAllier, série O, commune de Saint-Menoux, un dossier très abondant contenant un plan de tout le terrain précédemment occupé par l'ancienne abbaye).
(2) Quelques-unes de ces stalles, assez endommagées, ont été conservées et placées dans l'église. M. l'abbé Moret, dans son Hist. de Saint-Menoux, p, 80 et 96, en a donné une reproduction en héliogravure.
(}) En fait les lambris et le parquet du chœur furent aussi réservés.
(4) Au sujet de ce sentier (la rue du Couvent), voir ci-dessus, p. 10 et 18, ainsi que notre plan.
Soit afin de se procurer les fonds nécessaires pour payer les acomptes, soit hâte de réaliser des bénéfices, il jetait bas, en effet, les constructions, il en vendait les matériaux. Et dans le parc les beaux arbres, ceux du massif que Ton appelait « le bosquet », entre autres, jonchaient le sol : c'était comme une exploitation en forêt.
On fut informé au district de ces procédés et le directoire voulut y porter obstacle. On prit un arrêté (12 avril) à la suite duquel Pallier fut sommé de payer la totalité du prix de l'adjudication, ou de fournir caution, « attendu qu'il détruisait le gage de la nation ». Les matériaux et les arbres devaient être saisis et un gardien désigné pour surveiller le tout, à ses frais. Mais il n'était pas homme à s'incliner sans lutte. Très obstiné et processif, il contesta à l'administration qu'elle fût en droit d'intervenir, alléguant que les bâtiments démolis manquaient de solidité. Il demanda même l'autorisation, pour cette cause, de continuer, et malgré un premier refus (25 juin), il revenait à la charge sous le prétexte que ce qui resterait debout serait plus que suffisant pour la garantie de la dette. Il se montrait agressif, et menaçait de s'adresser au tribunal du district. Le directoire lui répondit (2 juillet) « qu'il ne devait pas ignorer jusqu'où pouvaient s'étendre les droits de l'administration, puisqu'il était lui-même caution de Thibaud, son beau-frère, à qui avait été faite pareille sommation, suivie de la saisie des matériaux de l'église Saint-Pierre (i) ; contre lesquelles sommation et saisie il n'avait pu faire valoir aucun moyen d'opposition... » La conclusion était que : « sans s'arrêter à ce que la pétition contenait d'injurieux, il y avait lieu de la déclarer inadmissible ».
Pallier, néanmoins, ne se tient pas pour battu. Changeant de tactique, il annonce tout à coup (29 juillet) qu'il ne veut plus abattre les bâtiments: il entend, au contraire, les entretenir, les réparer. Seulement, pour la jouissance, il est nécessaire d'en distraire plusieurs parties, dont l'état de vétusté peut faire craindre des éboulements. Dans ces condi-
(i) Pierre Thibaud s'était rendu adjudicataire, le 14 janvier 1792, de PégUse Saint-Pierre de Moulins, y compris la « chapelle Giraud f?}, la sacristie et le clocher », mais non compris « les cloches, Tautel, le tabernacle, les tableaux, les statues, grilles, bancs, stalles et autres objets de décoration », au prix de i $.000 livres.
VENTES DE BIENS NATIONAUX iSj
tions, prétend-il, la saisie ne peut être maintenue sur les matériaux, ni l'interdiction d'en disposer, etc. Il en revenait toujours à son idée, et toujours, naturellement, on lui faisait la même réponse ; c'est-à-dire qu'on ne lui laissait, cette fois (5 août) comme précédemment, avec l'embarras des richesses, que le choix, ou de se libérer par anticipation, ou de fournir caution.
Il semble bien, pourtant, qu'il parvint à obtenir gain de cause devant les juges, car on trouve dans un autre arrêté du département, du 8 fructidor an Il (25 août 1794), une autorisation donnée à l'agent national « pour suivre l'effet d'un appel interjeté contre le citoyen Pallier..., au sujet d'un jugement du tribunal du district du 8 du même mois d'août »• Ce jugement ne peut concerner que le différend dont il vient d'être parlé ; en tous cas, pendant les années qui suivirent. Pallier continua, paraît-il, à transformer l'abbaye en ruines : il fît tout raser, notamment le cloître, et non sans endommager l'église (i).
Voyons maintenant comment furent vendus les meubles.
L'inventaire dressé par la municipalité, en juillet 1790, avait été une mesure préparatoire. On y avait consigné l'argenterie, les effets de sacristie, la bibliothèque, le mobilier le plus précieux, etc. ; puis tout cela était resté en la garde des religieuses jusqu'au jour des enchères, 16 mai 1792 (2). Cette vente, faite par Vidil, huissier à Moulins, en présence de Martin Radot et de J.-B. Reignier, membres du district, produisit 2.404 1. 12 s. 11 d.
Les publications par affiches avaient eu lieu à Moulins, Bourbon et Saint-Menoux ; et néanmoins il est à remarquer que ce sont surtout les amateurs de Souvigny qui vinrent concurrencer ceux de la localité. Moulins avait été principalement représenté par les revendeuses « la Marie-Jeanne » et « la Voisin », toutes deux, ainsi que « la Petit » et « la Chassin », bien connuçs à cette époque sous ces appellations familières.
(i) V. une lettre du maire Bouchand au préfet, du 2 octobre 1829. (Arch. de l'Allier, série O, commune de Saint-Menoux ; procès Condamine.)
(2) Ce n'était que la deuxième vente mobilière. La première, faite le 17 octobre 1790 par Aucouturier, avait compris les effets et bestiaux de la basse-cour. On la trouve mentionnée, sans indication de chiffres, dans un récolement de la municipalité du 4 juin 1791. 24
l86 LA RÉVOLUTION A SAINT-MENOUX
Ce fut, suivant Texpression de M. Cornillon, Tôge d*or du bric-à-brac^ et on ne saurait, aujourd'hui, s'imaginer la quantité de meubles qui, sortis des couvents et des églises, allèrent s'entasser dans les magasins des marchands ou se disperser chez les particuliers. Et dans le nombre, combien d'objets rares ne furent pas disséminés dans les ménages ruraux, et anéantis ?
Le 21 septembre suivant, Martin Radot fit, ainsi qu'on Ta vu, l'inventaire des meubles et effets restés à Tusage des religieuses, et il attribuait à ces dernières ceux auxquels elles avaient droit. Cette question d'inventaire réglée, on pouvait continuer à vendre, et une nouvelle adjudication faîte par Thuissier Vinatier eut lieu les 25 et 26 octobre,, en présence de Reignier, assisté de Loyard et de Faivre. Le produit net de la première vacation fut de 767 1. 4 s., et celui de la deuxième,. de 321 1. 9 s.
Cette vente comprit surtout des meubles vulgaires, et cette fois une grande partie des habitants, bourgeois, journaliers et métayers, purent s'y approvisionner. Une seule des revendeuses de Moulins, « la Chassin », y parut ^^ 1 ).
Parmi les meubles se trouvait un clavecin. Radot Tavait consigné dans son inventaire et le district, en commissionnant Reignier le 19 octobre, pour surveiller les opérations, lui recommandait spécialement de le faire transporter à Moulins <i pour y être vendu, parce que un meuble de cette espèce trouverait peu de concurrence à Saint- Menoux » ; mais Reignier n'avait pu se conformer à ces indications, « attendu qu'il faut une grande précaution pour empêcher la dégradation »^ d'un instrument semblable, ainsi qu'il l'expliquait dans un rapport adressé au district le 26.
On sait qu'en décembre 1702, c'est-à-dire après la deuxième adjudication, Tabbaye avait été mise à sac. Ultérieurement, cependant, il avait été possible aux officiers municipaux de réunir et de mettre en dép<M, dans une chapelle do Téglise, une certaine quantité de fers soustraits au pillage. Il s'en était trouvé un peu plus de 400 livres, consis-
vi^ Ciiibcrt-Pon Airbory ne dodaijjna pas d'y faire quelques emplenes pour sa batterie de cuisine.
tant en « une grande grille et sa porte, et deux grillages provenant de la cheminée du parloir ci-devant abbatial » (i). La municipalité fit conduire le tout à Moulins, dans la cour du département (2), où une quantité d'autres débris de même origine, grilles de parloirs des communautés supprimées, portes, balustres, ferrements d'églises, etc., se trouvaient amoncelés.
Il en était encore resté à Saint-Menoux, de ces fers, parmi lesquels la grille qui séparait « le chœur des dames » du sanctuaire de l'église ; il restait également des stalles et la boiserie du cloître, plus l'horloge, les vitraux, etc. Il restait enfin le clavecin.
Le tout fut vendu sur place, le 8 avril 1793, par l'huisîsier Pierre Chartron, en présence de Martin Radot, du procureur de la commune Charles Guelin et de l'officier municipal Rolland. La grille atteignit le prix de 241 livres et fut adjugée à Pierre Réty, de Moulins, qui acheta, en outre, pour 127 livres, un lot supplémentaire encore fourni par l'inépuisable abbaye. L'horloge avec ses poids, ses balanciers, son timbre, fut vendue à Fallier, pour 150 livres, et les vitraux « déposés dans une boîte placée derrière le chœur de l'église », pour i livre 15 sols à Jean Loyard, qui ne visait probablement qu'à faire emplette de la boîte. Quant aux stalles, au siège du prie-Dieu de l'abbesse et à la boiserie du chœur, on leur adjoignit le clavecin, « parce que, dit le procèsverbal, il a été tellement dégradé et mis hors d'usage, que sa valeur serait presque nulle s'il se vendait séparément ». Cet ensemble fut adjug;é à Fallier pour la modique somme de 36 livres (3).
Au sujet de ce clavecin on pourrait se demander comment, étant séparément de valeur nulle ou à peu près, il pouvait en ajouter aux objets auxquels on le réunissait, ou en recevoir d'eux. Quoi qu'il en soit,
(ij Reg. municipal ; délibération du i*"" janvier 179}.
(2) Actuellement le bâtiment de l'ancien évêché, rue Diderot.
(3) Dans les procès-verbaux de ventes il n'est pas question du buffet d'orgues, mais on lit dans une délibération municipale, portée au registre à la date du 19 pluviôse an v : « ... lecture faite de la lettre du département du 10, concernant le buffet d'orgues^ à laquelle il a été répondu que celui qui existait dans l'église de la ci-devant abbaye a été vendu dans les temps au citoyen Cartier, apothicaire à Moulins... » Il est probable que cette vente avait été faite à l'amiable par les officiers municipaux.
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c'est une fin lamentable de cet instrument de distraction et d'étude des religieuses, rare et précieux à cette époque, et qui s'est tant multiplié de nos jours sous une forme modifiée et un autre nom, au point d'exciter les convoitises fiscales. L'épinette de Saint-Menoux, après avoir subi deux fois les terribles épreuves du pillage de l'abbaye, devenait l'insignifiant appoint d'un lot hétéroclite dont les enchères étaient portées à 36 livres I
On vendit aussi, le 31 prairial an 11 (9 juin 1794), le mobilier de Maurice Deschamps de Pravier. Il consistait en meubles et bestiaux garnissant la réserve (maison, jardin, terre et pré) de Lavin. Le chanoine en avait la jouissance gratuite, sauf les simples charges d'entretien. Le produit fut de 2.075 hvres 14 sols.
Les biens d'émigrés — Vente de Bigut fMEUBLES et immeubles) — Vertb dis>
VeSVRES, des NlZONS, DE LÊPAUD, DE LA. MeSCHINE — VeNTB DB LA « FORÊT DR LÉP4UD » (domaine de LA CoURONNE).
Une loi du 12 février 1792 mit les biens des émigrés « sous la mai» de la nation », et les opérations de vente commencèrent aussitôt (i). On rencontra — ce qui ne s'était pas produit pour les biens ecclésiastiques — quelques obstacles en nombre de localités, notamment dans celles qui avoisinent Saint-Menoux, au point qu'Aucouturier, nommé commissaire pour les inventaires de meubles dans le canton, se voyait dans Tobligation de se faire escorter par des gendarmes (2).
(i) La vente des biens d'émigrés fut trop souvent roccasion de procédés inavouables. M. Cornillon cite en les flétrissant {le Bourbonnais sous la Révolution^ II, 238], des manœuvres criminelles — malheureusement couronnées de succès,-» qui font horreur.
(2) Informé par les municipalités qu'il y aurait danger pour lui à se présenter dans les châteaux, il réclama du district la protection d'une brigade de gendarmerie. Le 2 mai il devait être à Agonges à huit heures du matin, mais il déclare qu'il ne partira que s'il ne court aucun risque. « Je vous assure, expliquait-il, que l'affaire est très délicate dans la circonstance présente, oà les esprits fermenUn
Au mois d'octobre, ainsi que le fait connaître une proclamation du district, datée du 19, il y avait, dans la circonscription, des biens confisqués concernant trente-quatre émigrés, parmi lesquels Jarsaillon et Renaud de Boisrenaud.
Uancien maire et juge de paix de Saint-Menoux était parti laissant chez lui un simple métayer, mais le district avait affermé la propriété (1) et fait établir un état de lieux dont avait été chargé J^an BlondinJ Le procès-verbal dressé par ce dernier (20 décembre 1792) nous montré Bigut dans un triste état. Les bâtiments menaçaient ruine et paraissaient, de même que Tabbaye, avoir été quelque peu mis au pillage. Le métayer Tassin avait été, cependant, constitué gardien, mais aux fenêtres toutes les vitres, sans exception, n'en étaient pas moins brisées. L'habitation et les autres constructions, intérieurement et extérieurement, les terres, les prés, les clôtures, les arbres, les vignes — « non cultivées depuis deux ou trois ans », — le jardin, « où il n'y a plus d'espaliers, mais seulement deux ou trois /oas vents )),le taillis, etc., tout y offrait le piteux aspect de la décrépitude, de l'abandon, de la misère.
La vente des meubles eut lieu le 9 avril 1793. Elle produisit 2.661 livres 15 sols (2).
beaucoup dans nos environs ». Il ajoutait: « Le fanatisme et l'aristocratie voudraient bien étendre leurs conquêtes jusqu'à Saint-Menoux, mais ils n'en viendront pas à bout... » Dans une autre lettre, du 8 mai, il dit encore : « Mercredi et jeudi dernier je fis Pinventaire des meubles et effets des maisons de la Pommeraie, Bigut et Issard... La présence de messieurs les gendarmes fut pour moi un motif d'accélérer la besogne ; nous partions le matin de bonne heure et nous nous retirions le soir tard... Un gros rhume, qui a été le fruit de ma première course, et la pluie continuelle, me retardent dans mes opérations. » Le 10 juin il avait terminé son travail.
(i) On lit dans un tableau des biens des émigrés affermés^ des Archives de l'Allier, à l'article Jarsaillon : « Maison, réserve, grand et petit domaine de Bigut. — Date du bail (par adjudication) : 29 octobre 1792 ; prix : 2.12$ livres ; fermier : Pierre Mathé(de Souvigny) ». Et en observation: « Le ci-devant propriétaire a toujours joui par lui-môme ». Mais Mathé n'était fermier que pour une année. L'année suivante (du 11 novembre 1793 au 11 novembre 1794), Pierre-Joseph Chérion fut adjudicataire (8 novembre 1793) pour 1.62^ francs.
(2) L'état des ventes qui donne ce chiffre mentionne aussi une autre adjudication de meubles ayant appartenu au chevalier, faite à Moulins le 11 vendémiaire an III (2 octobre 1794). Le total atteignit 354 1. 10 s. Il faudrait peut-être en conclure que Jarsaillon avait un pied-à-terre au chef-lieu.
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Quant aux immeubles, on les mit en adjudication le 24 ventôse an 11 (14 mars 1794). Voici le tableau des ventes: