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CHAPITRE II

SOMMAIRE : Causes qui déterminèrént la création de la viceroyauté. — Ce qu’elle comprenait comme territoire géographique. — Puissance croissante de la race créole. — Les chanoines de Buenos-Ayres entreprennent les démarches en vue de fonder une université — L’émancipation aristotélique. — Le premier vice-roi. — Son expédition contre les Portugais du Brésil. — Participation du gouverneur de Buenos-Ayres à cette entreprise. — Vertiz succède à Zeballos dans la vice-royauté. — Les améliorations d’ordre social et administratif. — La fondation du collège de San-Carlos ; son plan d'éducation. — L'introduction de l’imprimerie dans la capitale de la viceroyauté. — La fondation d’une « maison de comédies ». — Hardiesses oratoires d’un prédicateur colonial. — Le souevement de Tupac-Amaru. — Le catéchisme absolutiste de l’é évêque de San-Alberto. — Le vice-roi Loreto et son conflit avec le chanoine Maziel. — Le vice-roi Arredondo. — Le commerce des noirs et le consulat. — Le marquis de Avilés. — L'école de navigation et l’Académie de dessin fondées par Belgrano. — Le vice-roi Del Pino et l’enseignement de la médecine. — La presse périodique. — Le Telésrafo mercantil et le Semanario de Agricultura y Comercio.

USQU'EN 1776, les trois gouvernements mentionnés : Buenos-Ayres, Tucuman et Paraguay, dépendaient de la vice-royauté du Pérou. La ville de

CRÉATION DE LA VICE-ROYAUTÉ Si

Lima était, par conséquent, le siège du pouvoir central, et la marche des affaires ainsi que celle de la vie politique de ces colonies atlantiques était subordonnée à une ville du Pacifique. |

« La vaste extension de la vice-royauté du Pérou, dit le Doyen Funes, ne permettait pas que les, lois Supprimassent convenablement les abus, ni que la force publique ait l'influence requise pour le fonctionnement régulier de l’État. Le siège du gouvernement étant établi dans la ville de Lima, à neuf cent quatrevingt-deux lieues de Buenos-Ayres, il fallait confier à : la longueur du temps et à la lenteur des consultations les cas les plus urgents. D'autre part, le gouvernement de Buenos-Ayres dépendant toujours des subsides de cette capitale, le sort de ces provinces devenait précaire. Pour porter remède à ces maux, j’estime que la Cour devrait installer une nouvelle vice-royauté à Buenos-Ayres, qui comprendrait, outre ces provinces et celles de Cuyo, tout le territoire de la audiencia de Charcas. Cette mesure gouvernementale reçut une dernière impulsion avec le motif impérieux de venger les injures du Portugal » (:).

Donc, ce qui forme aujourd’hui la République Argentine, le sud de la Bolivie, le Paraguay et la république de l’Uruguay fit partie de la vice-royauté dont la capitale fut la ville de Buenos-Ayres. Cette création coïncidait avec l’apparition de deux facteurs sociaux qui étaient la cause de ce progrès colonial. Le premier,

(:) Ensayo de la Historia civil del Paraguay, Buenos Aires y Tucumén, t. III, p. 196.

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