‹ La Révolution ArgentineChapitre 18 sur 62 · NORME AC NN TEE IS AMONT" OIL OIL AN PS · texte numérisé non relu

NORME AC NN TEE IS AMONT" OIL OIL AN PS

allons essayer de les découvrir et de les mettre ensuite en pleine lumière. Mais auparavant, synthétisons l’état de la vice-royauté, ayons une notion précise de ses'idées, et nous comprendrons ainsi la situation intermédiaire dans laquelle elle se trouvait entre la fin de la monarchie et le début de la Révolution.

Pendant la longue période de trois siècles que dura la domination coloniale, l'Espagne révéla la même mentalité qu’elle avait révélée à l’heure de la découverte et de la Conquête. Son trône, cimenté sur le théologisme, se croyait d’origine divine ; et les fils de l’Amérique, qui n’avaient pas la liberté de disposer de leur sort, n'étaient pas autre chose que de simples vassaux de la couronne. Le génie initiateur de la race était subordonné aux intérêts de celle-ci. On ne reconnaissait pas la souveraineté du peuple, mais la souveraineté de la couronne, et les colonies devaient hommage et soumission aux lois qu’un pouvoir despotique et arbitraire dictait dans la Péninsule.

Il en résultait que, politiquement, l'Espagnol était plus puissant et mieux considéré que le créole. Celuici devait être toujours un subalterne, et celui-là le représentant d’un pouvoir qui revêtait la tyrannie: de formes légales.

Les plus hautes prérogatives accordées par l’Espagne aux colonies d "Amérique furent les viceroyautés. Mais dans le fond la vice-royauté ne constituait pas un privilège de liberté. Tout bien considéré, avec ces institutions, l'Espagne ne faisait que fortifier son absolutisme, car les vice-rois, au lieu d’être les élus des Américains, étaient choisis par la

couronne. À l’exception de Ceballos et de Vertiz, ceux qui vinrent au Rio de La Plata eurent pour système de fermer leurs domaines à la liberté et de répondre uniformément aux vœux de la monarchie.

De tous les monarques espagnols, Charles IIT est celui qui pendant son règne se montra le mieux disposé à modifier le sort des colonies.

Son œuvre réformatrice se répercuta au Rio de La Plata sous trois formes : premièrement il érigea les gouvernements de Buenos-Ayres, Tucuman et Rio de La Plata en vice-royautés ; deuxièmement il octroya le Réglement du commerce libre, et troisièmement il affecta à l’instruction et à la bienfaisance les biens temporels abandonnés par les Jésuites après leur expulsion. ;

Sans doute, la vice-royauté"changea les colonies de La Plata de rang, mais n’affectant pas l’essence même des choses, ce changement ne dépassa pas la surface politique. « Le Règlement du commerce libre », qui est le titre de gloire de Charles III, se réduisit, en effet, à étendre la faveur du monopole, dont jusqu'alors jouissaient seuls les commerçants de Séville et de Cadix, à tous ceux de la Péninsule » (:).

En ce qui concerne les biens temporels, le profit que l’on put en retirer fut l’œuvre personnelle et exclusive du vice-roi Vertiz, qui, d'autre part, n’était pas espagnol mais américain. Ce furent son zèle et sa: constance qui déterminèrent une nouvelle orientation

() José ManuEL Esrraps, Lecciones sobre la Historia de la Repriblica Argentina, t. I, p. 220.

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