‹ La révolutionChapitre 6 sur 31 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Ce qui avait déjà perdu la cause de Saint-Just et de Robespierre, c'est que dans cet enfer de Paris, plus sombre et plus désolé que l'enfer de Dante, tous les matins Fouquier-Tinville faisait l'appel des âmes.

Ce n'était pas la Divine Comédie, Dante ne conduisait pas Virgile sur le3 degrés de l'église Saint-Paul, la vraie place pour voir dealer tous les degrés de la société qui va à l'échafaud. Mais jamais on ne frappa plus l'aristocratie, et jamais on ne guillottina plus de femmes.

Le 1 er thermidor : Combien de femmes? Deux charrettes toutes pleines, où l'on remarque la belle madame Bourbonne, âgée de trente et un an ; comme le Moniteur, je retranche le de. On regarde passer pêle-mêle Hervé Faudoas, ex-comte ; mademoiselle Hervé Faudoas, jeune comtesse de dix-huit ans ; madame de Beaurepaire, une autre Faudoas ; Souchet d'Alvinart, ex-noble: mais celui-ci portait le crime irrémissible d'avoir été gouverneur des ci-devant pages de Capet. A côté de lui, le maître d'armes des enfants de Capet, qui se nomme Rousseau, Ensuite Megnemen d'Artaïze, ex-noble, que son titre de cultivateur ne peut

sauver dans cette république qui ne parlait cependant que de Rousseau et de Cincinnatus. Rossignac, exnoble, ex-vicaire; Susanne, ex-curé ; Bricogne, ex-curé ; Lambert, ex-curé, âgé de quatre-vingts ans; Levain, un étudiant de dix-huit-ans ; Mercandier, un journaliste comme Camille Desmoulins.

Des grandes dames : Madame de la Sudery-Gamory; madame Dacier de Saint- Priest; madame de Lauradour; madame du Plessis-Lamerlière ; madame du Plessis-Chamborand.

Et puis, le comte de la Balue, quatre-vingt-un ans ; de la Belinay, quatre-vingts ans. Toute la maison de la Belinay, famille et serviteurs. Jean de Saint-Pern, dixsept ans, le plus jeune comme le plus vieux des Saint- Pern.. En compagnie bretonne des Saint-Pern, les Conin Saint-Luc. Même le tribunal criminel révolutionnaire se révolutionne et se guillotine par luimême en la personne du citoyen Legris. Pourquoi Legris avait-il été intendant du ci-devant duc d'Havre?

Le 2 thermidor, je ne découple plus que les noms marquants et le3 figures insolites delà liste du coupeur des têtes : « Tissère, garde du corps du frère puîné de Capet ; Berbis, femme de Dutheil Tainé, ex-noble et officier d'artillerie ; Zolla, blanchisseuse et femme de chambre de Berbis ; Rouxel de Blanchelande, vingt ans, ex-noble ; Lurion, ex-noble ; Villemin, quinze ans ; Rousselin, vingt-trois ans, rédacteur de la Feuille du Salut public. »

Voici une rédaction textuelle du 3 thermidor:

De Grimaldi, ex-noble ; Macdonald, colonnel du ci-devant" régiment de Foix ; Rapin Thoyras, vingt-deux ans, capitaine d'artillerie; Montarly, ex-noble, ex-capitaine; Rose, femme de Montarly; Suzon, gendarme à cheval.

Convaincus de s'être rendus les ennemis du peuple ;

Grimaldi, en favorisant les projets du tyran, au 10 août 1792 ;

Macdonald, en servant d'espion aux ennemis, en offrant ses services à Tinfr me Pitt;

Thoyras, en favorisant les projets liberticides des traîtres Lanoue et Lameth;

Montarly et sa femme, en déclamant contre la liberté et le peuple;

Suzon, en servant d'instrument aux assassins du peuple; Ont été condamnés à la peine de mort.

Le 4 thermidor :

Cossé-Brissac, veuve de Tex-miréchal de Noailles ; Noailles, femme de l'ex-vicomte de Noailles ; Daguesseau, vrmve Dayen, émigié; Cascoing, femme de Laroche-Lupy, ex-noble; Laborde, fermier géuéral; Lempereur, ex-garda du tyran.

J'en passe trente.

Du S thermidor :

Dessales-Champanier, ex-noble ; Beauvoir, vingt-quatre ans, ex-noble ; Bruge, ex-vicaire général de l'évèque de Mende, exnoble, ex-constituant; Boucher-d'Argis, ex-lieutenant particulier au ci-devant Cbâtelet. ex-noble; D'Autichamp, ex-noble, exchanoine delà ci-devant église de Notre- Dame ; Constantin Montbazou-Roan, ex-prince, ex -vice-amiral; Champcenets, né à Ptris, ex-noble rue du Mail; De Salm-Kirbourg prince d'Allemagne, rue de Lille; Humbert, colonel du 19 e régiment de chasseurs à pied ex-noble; Gouy-d'Arcy, ex-noble, ex-constituant; A. Beauharnais, trente-sept an», né à la Martinique, ex-noble, ex-constituant, ex-général ; Joli-Bévi, ex-noblé; L. Garcado, ex-marquis rue de Valois ; Querbeent, ex-comte et maréchal de camp ; Michtlet ; Delerme, ex -chevalier de Saint-Louis, ex-écuyer ; Waroquier, ex-noble, ex-lieutenant des grenadiers royaux; Soyecourt ex-comte; Leroi de Grammont, ex-noble ; Chambly, ex-capitaine Dupuget, ex-marquis, ex-mousquetaire noir ;

Convaincus de s'élre déclarés les ennemis du peuple, en participant aux conspirations de Capet, de sa femme, de ses ministres des Chevaliers du poignard; aux crimes de Bailly, de La Fayette à la conspiration de l'étranger, «n tentant d'ouvrir la maison dite des Carmes, pour anéantir la Convention nationale, ses Comités de salut pub ic et de sûreté générale; en conspirant contre l'unité et l'indivisibilité de la République, ont été condamnées à la peine de mort.

Mobiliaire du 6 et du 7 thermidor :

Flavigny, ex-comtesse, femme Desvieux; Soyecourt, ex-baronne, veuve d'Hinnisdal; Dubois, femme de Fleury, avocat général au ci-devant Patlement de Paris; Pigray, âgée de vingt-

sept ans, femme divorcée de Meursen, directeur des ci-devant fermes ; Gravier de Vergennes, ex-comte C. Gravier de Vergennes, ex-nobles, ex-maître des requêtes, capitaine de chasseurs ; Laval-Montmorency, soixante-douze ans, ex-abbesse de Montmartre; Thibault-Lagarde, officier du ci-devant régiment des gardes françaises, ex-noble, Gharleval, ex-noble, ex-lieutenant de la garde du tyran ; Albert de Bérulle, premier président au ci-devant Parlement de Grenoble ; Beauvilliers de Saint-Aignan , ex-duc ; Bérenger, femme de Beauvilliers de Saint-Aignan; Goppin de Villepreux, ex-chevalier, capitaine à la suite de la cavalerie; Laboulbène-Montesquiou, ex-noble, ex-prétre de Saint- Roch; Gauthier, vingt-quatre ans, ex-page du tyran ; André Chénier, âgé de trente et un ans, né à Gonstantinople, homme de lettres, rue de Gléry.

Bérenger, femme de Beauvilliers de Saint-Aignan, s'étant déclarée enceinte, il a été sursis à l'exécution de son jugement.

Ces deux noms se retrouvent dans l'histoire comme on les retrouve dans le roman. André Chénier meurt en se frappant le front : « J'avais quelque chose là ! » Madame de Saint-Aignan survit en se frappant le cœur « J'ai quelque chose là ! » Moi, j'ai relu le beau roman d'Alfred de Vigny. Si le poêle a tort devant la société, combien la poésie a raison dans le roman !

Singulière destinée ! dans la vie de Chénier il n'y a qu'une page, c'est l'histoire de sa mort! Mais quelle page ! 11 est mort lue par la République, pour avoir trop aimé la liberté ! Sa poésie a élé la fêle suprême de tous ceux qui l'ont connu à Saint-Lazare! Il est mort portant la tête haute jusque sur l'échafaud, parce qu'il savait que la tête qui allait tomber portait déjà Tauréolle immortelle!

Comme un dernier rayon, êomme un dernier zéphir

Anime la fin d'un beau jour , Au pied de Vèchafaud j'essaye encore ma lyre.

Peut-être est-ce bientôt mon tour :

Peut-être avant que l'heure en cercle promenée

Ait posé sur l'émail brillant,

Dans les soixante pas où sa route est bornée,

Son pied sonore et vigilant , Le sommeil du tombeau pressera ma paupière ;

Avant que de ses deux moitiés Ce vers que je commence ait atteint la dernière,

Peut-être en ces murs effrayés Le messager de mort, noir recruteur des ombres,

Escorté d'infâmes soldats, Remplira de mon nom ces longs corridors sombres

Il n'eut pas le temps de retrouver sa rime. Le mot sombres fut le dernier qui tomba de sa plume, mais déjà son âme traversait les espaces radieux.

Ce jour-là on expédie une Narbonne-Pelet :

Madame Tallien mariera un jour une de ses filles à un comte de Narbonne-Pelet.

Ce jour-là, un seul accusé est sauvé, et cependant il est prêtre et il est vieux. Mais les autres.

Louise Simon, veuve de Maillet, lieutenant des maréchaux de France, ex-noble; Trenck, ex-baron; Monta'embert, ex-marquis t capitaine au ci-Jevant régiment du Roi ; Houdetot; Castel, exnoble, lieutenant des mousquetaires ; Rougeos de Mont cri f, exnoble, garde du corps ; Bessejouls de Rauquelaure, ex-marquis» colonel du ci-devant régiment de Beauce ; Créqui de Montmorency, ex-noble; Dolcy. ex- vicomte, sous-lieutenant au ci-devant régiment d'Alsace; Serres, officier de l'état-major de l'armée de Bussy, ex-commandant de Ghandernagor ; Bourdeilles, ex-comte, mestre de camp à la suite de la cavalerie : Goesman, conseille au ci-devant Parlement Maupeou, employé par l'ancien gouvernement en Angleterre ; Coat*are1, ex-noble: Raoul, ex-prêtre de la Doctrine dite Chrétienne; Dartigue, veuve Maton, ex -noble ;Assy, ex-bénéficier de l'Eglise de Paris :

Convaincus de s'être rendus les ennemis du peuple en participant aux crimes de Capet et de sa famille, en écrivant contre la liberté et en faveur de la tyrannie, en discréditant les assignats, ont été condamnés à la peine de mort .

Le célèbre perruquier Léonard ne sauvera pas sa tête ; on l'accuse d'être « coiffeur de la femme de feu Capet. » On lui reproche d'avoir mis à sa perruque la

cocarde blanche. A la mort la perruque et la cocarde ! M. de Robespierre cependant portait perruque. D'ailleurs la tête de Robespierre n'est pas loin.

Nous sommes au 8 thermidor. J'abrège et je déchire ce livre de sang. Je ne prends au 9 thermidor qu'un nom, celui de Moncrif : « P. — L. Demoncrif, âgé de soixante-quatorze ans, ex-conseiller de l'infâme d'Artois. »

Le 10 thermidor, c'est Robespierre ; ce devait êlre madame Tallien.

C'était la grande échéance, tout le monde payait de sa vie ou de sa fortune. Rivarol avait fui s'écrianl: « Je ne veux pas émigrer dans l'autre monde. » Chamfort craignant la guillotine, se coupait la gorge. Celait le dernier mot de l'esprit français.

Robespierre faisait la terreur dans la Terreur. Jamais tyran de l'antiquité, du Bas-Empire ou du moyenâge, n'avait régné plus impérieusement. Il était armé de la guillotine. Il daignait reconnaître Dieu comme pour le railler, il promettait la liberté et donnait la mort. Et il faisait tout cela peut-être avec la foi d'un apôtre. Il était pauvre et ne voulait pas que son ambition fût vêtue de pourpre, mais il no voyait pas qu'elle marchait dans le sang. 11 travaillait devant un buste de la Raison et une gravure représentant Socrale. Socrate n'eût pas travaillé devant le buste de Robespierre.

Les Français sont des Athéniens et non des Spartiates. Ils ont joué aux Romains, mais ni Brutus ni Calon n'étaient avec eux. Ils avaient l'héroïsme de l'épée et de la mort, mais non les vertus du républicain. Ils jouaient tous la comédie du devoir; en montant à

l'échafaud, ils conservaient encore l'air théâtral. Ils avaient bien plus la soif du pouvoir que la soif de la liberté. Ils avaient supprimé Dieu, mais ils croyaient tous à une fatalité occulte qui les dominait. Quand c'était leur tour d'aller à la mort, ils ne se révoltaient pas plus que les orientaux. Quand ils signaient la mort pour les autres, c'était avec le même fatalisme.

Les Français du dix-huitième siècle étaient pour les étrangers un sujet d'étonnement ; au moment où J. J. Rousseau rappelait les mœurs à la simplicité de l'état sauvage, au moment où les mâles vertus de Rome et de Sparte se drapaient austérement sur le théâtre, la noblesse et le clergé donnaient au monde le spectacle d'une société qui s'enivre à la coupe de toutes les folies. Plus l'avenir était sombre et chargé d'événements, plus l'heure présente riait sous le masque. Je ne lis point celte page de notre histoire sans songer aux derniers jours de Pompéia. Le volcan fume, l'éruption s'annonce par de sourdes et profondes secousses ; la terre tremble de moment en moment : esclave, effeuille les roses ! La société est un banquet dont les convives chantent sous la cendre d'un monde qui se bouleverse. La vie frivole des femmes du dix-huitième siècle formait un tel contraste avec la gravité des circonstances, que l'Europe tout entière n'en pouvait croire ses yeux. On se demande où court ce fol essaim d'esprits perdus Quand la Révolution vint et saisit aux cheveux, par la main du bourreau, tousces Français ivres de folies elle les trouva mal réveillés du festin de la veille.

Cet enivrement, précurseur des grandes catastrophes, est un fait qui se reproduit trop souvent dans l'histoire pour qu'on n'y voie pas une loi de la Providence. Les races et les classes condamnées se précipitent au-devant de leur ruine, la tête couronnée de roses. La lumière des idées nouvelles ne les atteint que pour les aveugler; prises de vertige, elles donnent d'autant plus raison à la voix de l'opinion publique; elles oppo?ent le scandale à la conscience qui les menace. Leur perte était

imminente, elles la rendent inévitable. D'une main fébrile, elles signent en riant l'arrêt du destin ; ce n'est pas une mort, c'est un suicide.

A quel historien demanderons-nous le tableau familier et pittoresque de Paris au 9 thermidor? Si j'ouvre le Moniteur, je lis cette page :

« Les sciences et les arts avaient fui la patrie des Corneille et des Racine; nos théâtres ne présentaient plus que de misérables rapsodies payées par l'ambition et applaudies par l'ambition ou la sottise ; sur les sièges qu'avaient illustrés les Daguessau et les Mole, on ne voyait plus que d'ignares bourreaux déguisés sous le nom de juges. Les riantes promenades où les citoyens allaient autrefois se délasser étaient remplies d'hommes à carmagnole, coiffés du bonnet des forçats : leurs yeux portaient la terreur dans l'âme de tous les citoyens, et leurs jurements effroyables les faisaient fuir. Les rues étaient obstruées par les charretées de victimes qu'on menait à la mort. Les départements gémissaient sous la tyrannie d'insolents proconsuls qui les décimaient ; partout on créait des tribunaux, partout on dressait des échafauds, partout on creusait des cimetières. La Convention, veuve de ses principaux orateurs, gémissait dans l'oppression, était muette sous le couteau qui l'égorgeait. Tel était alors l'état de la France. Les auteurs de tant d'atrocités n'avaient pas même l'honneur de les avoir inventées. Dépourvus de ce caractère qui fait les grandes choses, ils s'étaient contentés de renouveler les horreurs dont l'histoire nous a transmis le souvenir. Brigands subalternes, ils ont suivi les traces des grands scélérats qui les avaient précédés ; et Tacite en traçant les forfaits qui marquèrent le règne de Do-

mitien, a écrit celui de Robespierre. Nos oppresseurs ont tout imité, tout, jusqu'aux scènes de Caprée. Ils avaient près de Paris plusieurs maisons de plaisance où ils se livraient aux plus infâmes débauches. Ils trouvaient toujours là la table de Lucullus, tandis que ce qu'ils appelaient la populace (car ils traitaient ainsi dans leurs orgies la foule qu'ils faisaient servir à leurs projets criminels) manquait de tout, et ils se proclamaient effrontément les premiers des sans-culottes. »

Et au revers je lis des vers de Marie-Joseph Ghénier, Vhymne du 9 Thermidor, musique de Méhul. Méhul qui était du dernier festin de Robespierre, chante aujourd'hui ses funérailles.

Salut, neuf thermidor, jour de la délivrance :

Tu vins purifier un sol ensanglanté :

Pour la seconde fois tu fis luire à la France

Les rayons de la liberté.

Deux jours avaient vengé Vopprobre de nos pères ; Mais le sceptre tombé des mains du dernier roi Armait encore la main des tyrans populaires

Il ne fut brisé que par toi.

Chantres républicains, célébrez la victoire ; Vierges du peuple franc, couronnez-vous de fleurs : Pères, enfants, époux, bénissez la mémoire

Du beau jour qui sécha vos pleurs.

Le sommet de l'Olympe a vu réduire en poudre Les superbes géants par la terre enfantés :

Au sénat de la France ainsi tombait la foudre

Sur les tyrans épouvantés *.

Et maintenant si vous voulez voir les dîners de la fraternité, regardez ce tableau peint par Barère:

* Jamais Marie-Joseph Chénier n'avait été si grand poète qu'en thermidor, comme s'il eût voulu y rouver que les poètes avaient droit de cité dans cette République qui les vouait à la mort.

C'est le 3 thermidor que le Moniteur publie le Chant du départ ;

84 TABLEAU DE PAfUS AU NEUF THEÎtMIDOft

II y a deux mois que Ton avait ouvert partout les temples de Ja Raison ; des jeux scémques y remplaçaient un ancien culte. Aujourd'hui Ton élève des tables de fraternité dans toutes les rues, et des espèces de saturnales sont substituées à la décence des repas domestiques.

Les repas publics ne sont pas parmi nous une institution nouvelle. Camille Desmoulins les provoqua dans les journaux ; des contre-révolutionnaires les demandèrent aussi, et t'en servirent, en juillet 1792, à Marse lie et à Arles, quand les débris de la conjuration de Sajllant étaient encore fumants; c'est ainsi qu'on cherchait à altérer ce qu'il y a de plus amical, de plus respectable.

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