ADRESSE AU ROI
Sire!
Les soussignés, vos respectueux et fidèles Sujets, prennent la liberté, dans les circonstances difficiles, oi^i se trouvent la Ville de
Bruxelles et d'autres Villes du royaume, de députer vers V. M., cinq de ses Citoyens, MM. le B°" Joseph d'Hoogvorst, C'^ Félix De Mérode, Gendebien, Frédéric De Sécus, Palmaert, père, chargés de lui exposer que jamais, dans une crise pareille, les bons habitans ne méritèrent davantage l'estime de V. M. et la reconnaissance publique. Ils ont, par leur fermeté et leur courage, calmé, en trois jours, l'effervescence la plus menaçante, et fait cesser de graves désordres. Mais, Sire, ils ne peuvent le dissimuler à V. M. : le mécontentement a des racines profondes ; partout on sent les conséquences du sj^stème funeste suivi par des ministres, qui méconnaissent et nos vœux et nos besoins. Aujourd'hui, maîtres du mouvement, rien ne répond aux bons cit03"ens de Bruxelles, que, si la nation n'est pas appaisée, ils ne soient pas eux-mêmes les victimes de leurs efforts. Ils vous supplient donc. Sire, partons les sentiments généreux qui animent le cœur de V. M., d'écouter leur voix et de mettre ainsi un terme à leurs justes doléances. Pleins de confiance dans la bonté de V. M., et dans sa justice, ils n'ont député vers vous leurs concitoyens que pour acquérir la douce certitude que les maux dont on se plaint seront aussitôt réparés que connus. Les soussignés sont convaincus qu'un des meilleurs moyens pour parvenir à ce but si désiré, serait la prompte convocation des États-Généraux.
Bruxelles, 28 Août 1830.
Le Baron Emm. d'Hoogvorst, covimandant de la
Garde Bourgeoise.
Le Baron de Sécus.
A. J. Moyard, major de la Garde Bourgeoise.
Le comte Werner de IMérode.
Frédéric de Sécus, 7nembre des états provinciaux du ILainaut.
F. Michiels, capitaine de la 8'"^ section.
Zé? comte De la Laing, garde.
F. Opdenbosch, fabriquant.
Ed. Stevens, avocat.
Ed. Ducpétiaux, avocat.