‹ La Révolution belge de 1830, racontée par les affichesChapitre 17 sur 46 · LE COMMANDANT EN CHEF A PRIS L'ARRETE SUIVANT · texte numérisé non relu

LE COMMANDANT EN CHEF A PRIS L'ARRETE SUIVANT

Il est nommé un conseil attaché à l'état-major de la (}arde "geoise.

Ce conseil est composé de :

Bourgeoise.

Echarpe aux j MM. Rouppe, ancien maire de Bruxelles. cl. sans /rang.

» S3ivain Van de Weyer, avocat. id.

» Ph. Lesbronssart, professeur. id.

» Ed. Van der Linden, avocat. id.

» Teichman^ ingénieur en chef. id.

Les Écharpes seront distribuées au quartier général.

Bruxelles, le 30 août 1830.

Baron VAXDERLINDEX-D'HOOGHVORST.

Le mardi 3i août, arriva, dans la matinée, à Bruxelles, le* comte de Crucquenbourg, aide de camp du prince d'Orange. Il invita de la part de Son Altesse Royale, le commandant de la garde bourgeoise à se rendre sans retard au palais de Laeken, où le prince venait d'établir son quartier général.

Le baron d'Hoogvorst s'y rendit sur le champ accompagné d'une délégation de la garde bourgeoise.

Ces députés exprimèrent aux princes le désir que Leurs Altesses Royales entrassent en ville, accompagnées seulement de leur état-major personnel, pour se convaincre du bon esprit de la garde bourgeoise et pour rassurer la population.

Après trois heures de délibérations orageuses, les députés rentrèrent en ville porteurs d'une réponse fort peu satisfaisante, qu'ils firent aussitôt connaître au public.

PROCLAMATION

Concitoyens, le Commandant en chef de la Garde Bourgeoise ayant été invité à se rendre au quartier-général de L. A. R., s'y est transporté, accompagné de MM. le baron Vander Smissen, le chev. Hotton, le comte Van der Burch, Rouppe et S. Van de Weyer; et

là, après avoir exprimé aux Princes le désir de les voir seu/s dans nos murs, il a acquis la certitude que les troupes n'entreront point avant qu'il n'ait été répondu aux propositions ci-dessous. Cependant, L. A. R. ont attaché à leur entrée dans Bmxelles, des conditions auxquelles le commandant en chef et les autres membres du conseil qui l'accompagnaient, ne se sont pas crus autorisés à accéder sans avoir consulté préalablement le vœu vénérai , par la voie d"une publication qu'ont demandée les Princes eux-mêmes. En conséquence, le Commandant se croit obligé, en acquit de ce qu'il doit à ses concitoyens, de publier la pièce suivante, revêtue des signatures des deux princes.

« Vous pouvez dire à la brave Bourgeoisie de Bruxelles, que » les princes sont à la porte de cette résidence royale, et ouvrent » leurs bras à tous ceux qui veulent venir à eux. Ils sont disposés » à entrer dans la ville, entourés de cette même Bourgeoisie et » suivis de la force militaire destinée à la soulager dans le pénible » service de surveillance que cette Bourgeoisie a rempli jusqu'à » ce moment, dès que des couleurs et des drapeaux qui ne sont » pas légaux, auront été déposés, et que les insignes qu'une mul- » titude égarée avait fait disparaître pourront être replacés. »

(Signé) Guillaumf:, prince d'Orange.

Frédéric, prince des Pays-Bas.

Il a été arrêté qu'un certain nombre de membres de la Garde Bourgeoise seraient députés auprès des princes, à l'effet d'obtenir des changemens aux conditions qui précèdent, et que les sections seraient ensuite invitées à se rendre au quartier-général, par députation de 2^ hommes, à l'heure qui leur sera mdiquée.

Bruxelles, le 31 août 1830.

Le Comm. en chef de la Garde Bourgeoise, Baron VAXDERLIXDEX-D'HOOGHVORST.

Les conditions mises par les princes à leur entrée en ville, surtout celle qui exigeait l'abandon des couleurs nationales causèrent une grande émotion. Le peuple ne

put plus être contenu, de tous les côtés on dépava les rues, on abattit les arbres des boulevards et, en (|uelques heures, les accès de la capitale furent fermés par plus de cinquante barricades.

Entretemps, une nouvelle députation, conduite par le duc d'Arenberg et par le prince de Ligne, s'était rendue à Laeken; elle représenta aux princes les effets déplorables de leur précédente réponse et parvint à arracher au prince d'Orange la promesse qu'il entrerait le lendemain en ville, sans escorte, se liant à la garde bourgeoise.

La proclamation annonçant cette heureuse nouvelle lut imprimée pendant la nuit et affichée dès le lendemain de grand matin.

PROCLAMATION

S. A. R. le prince d'Orange viendra aujourd'hui avec son état-major setdemcnt et sans troxipeSy il demande que la Garde Bourgeoise aille au-devant de lui.

Les députés se sont engagés à la garantie de sa personne et à la liberté qu'il aura d'entrer en ville avec la Garde Bourgeoise, ou de se retirer, s'il le juge convenable.

Peu après, un ordre du jour vint régler le service de la garde bourgeoise pour la réception du prince d'Orange.

ORDRE DU JOUR

MM. les Chefs de Section sont invités à se rendre aujourd'hui, à 10 heures précises, avec toute leur Section en armes et dans la meilleure tenue, sur la place de l'Hôtel-de- Ville, où ils se rangeront en bataille sur deux rangs, pour aller à la rencontre de S. A. R. le Prince d'Orange.

On laissera une faible garde à chaque porte.

Le Major de service, Le Comte A. Van der Meere.

Son Altesse Ro3"ale entra en ville vers midi, elle passa en revue les 4000 hommes de la garde bourgeoise qui faisaient la haie depuis la porte Guillaume (aujourd'hui porte de Laeken), jusqu'à l'église du Finistère, le long des boulevards et de la rue Neuve.

Parvenu sur le front des troupes, le prince parut étonné du manque d'enthousiasme dans la foule, il poussa lui-même à plusieurs reprises le cri de « \i\e le Roi! ». Mais ce cri resta sans écho, à peine, ça et là, lui réponditon : ce Vive le Prince! Vive la Liberté! ».

Après s'être arrêtéàlaGrand'Place, où la Régence vint le complimenter, le prince se retira dans son palais, se mit immédiatement au travail, reçut plusieurs délégations de la bourgeoisie et fit rédiger une proclamation, qu'il ht aussitôt imprimer et afficher.

PROCLAMATION

De S. A. R. le Prince d'Orange, au nom du Roi. HABITAXS DE BRUXELLES !

Je me suis rendu avec confiance au milieu de vous. Ma sécurité est complète, garantie qu'elle est par votre loyauté.

C'est à vos soins que l'on doit le rétablissement de l'ordre; je me plais à le reconnaître et à vous en remercier, au nom du Roi. Joignez-vous à moi pour consolider la tranquilité, alors aucune troupe n'entrera en ville, et de concert avec vos autorités, je prendrai les mesures nécessaires pour ramener le calme et la confiance. Une commission composée de :

MM. le Duc à' Ursel, président; » Van der Fosse, Gouverneur de la province ; » De Wellens, Bourgmestre de Bruxelles; » Emm. Vanderl inden-d' H 00 ghvorsi , commandant de la

Garde Bourgeoise; » le Général /)'.-J/^/^7<?;;/t^;

MM. Kockaert, membre de la Régence;

» le Duc ^Arenberiy, (qui a bien voulu à ma prière, coopérer à cette tâche) ; » Steve?is, membre de la Régence, sec. Est chargée de me proposer ces mesures. Elle se réunira demain 2 Septembre, à 9 heures du matin, à mon palais.

Bruxelles, i^'' Septembre 1830.

GUILLAUME, Prince d'Orange.

Le même soir, le Conseil de Régence adressa les plus vils remerciments à la garde bourgeoise pour son dévoùment à la cause publique.

AVIS

Le Bourgmestre et les Echevins,

Témoins du zèle infatigable déployé depuis plusieurs jours par la Garde Bourgeoise de cette ville, pour rétablir l'ordre et la tranquillité publique. Les Magistrats de Bruxelles s'empressent d'adresser à leurs concitoyens armés dans un but si louable, leurs remercimens et l'expression de leur vive reconnaissance.

Ils ont l'intime conviction que ce service, quelque pénible qu'il soit, sera continué avec le même empressement pour consolider le repos des bons et paisibles habitans.

Fait en séance permanente du Conseil de Régence, à l' Hôtelde-ville, le mercredi soir i'^"' septembre 1830.

Par ordonnance : L. DE WELLEXS.

Le secrétaire, P. CUYLEX.

La composition de la commission consultative créée par le prince d'Orange, ne satisfaisait qu'incomplètement la population, on se plaignait de ce que la garde bour-

geoise n'y fut pas suffisamment représentée, le baron d'TIooi^vrjrst se fit l'interprète de ces désirs, une proclamation du duc d'Ursel, président de la commission, vint y donner satisfaction.

La Commission nommée hier par le Prince d'Orange, au nom du Roi, avant proposé à S. A. R. que deux Membres, pris dans la Bourgeoisie armée, lui fussent adjoints, S. A. R. usant des pouvoirs qui lui sont confiés par Sa Majesté, a nommé Membres de la Commission susdite, MM. Rouppe et Vaji de Wever.

La Commission ainsi formée, se réunira de nouveau aujourd'hui 2 Septembre, à six heures et demie, au palais de S. A. R.

Bruxelles, le 2 septembre 1830.

Le Président de la Comi)iissio7ï, Le Duc d'URSEL. Le Secrétaire, P.-J. STEVENS.

MM. Rouppe et \\an de Weyer occupaient tous deux une situation élevée dans la garde et étaient très populaires à Bruxelles.

Le même jour, le baron d'Hoogvorst annonça, en même temps que ces deux nominations, le retour des notables députés à la Ha3^e.

PROCLAMATION

Habitans de Bruxelles !

La députation chargée de présenter au Roi l'expression du vœu général des Belges, est de retour dans nos murs. Elle apporte des nouvelles satisfaisantes et qui sont de nature à ramener le calme dans les esprits. On les imprime en ce moment et elles vous seront communiquées sans retard. La commission réunie en ce moment au palais de S. A. R. le prince d'Orange, s'occupe activement des mesures nécessaires pour parvenir ace résultat si désiré.

A la demande que j'en ai faite à S. A. R. MM. Roitppe et Van de Wever, membres du conseil de l'état-major, ont été adjoints à cette commission. 2 septembre 1830, à midi.

Baron VANDERLINDEN-D'HOOGHVORST.

Les députés firent aussitôt publier, répandre et afficher une longue et importante proclamation qu'ils intitulaient modestement « Rapport », par laquelle ils rendaient compte de leur mission et des réponses données par le roi aux prières de ses sujets du Midi.

Page 1