PIERRE OU LE COUVREUR, LA MANIE DES PLACES. ZOÈ
Vaudevilles
La représentation souleva l'enthousiasme des spectateurs, toutes les allusions patriotiques, tous les appels à la liberté furent couverts d'applaudissements et la foule quitta le spectacle, électrisée, entraînant la populace cpi massée sur la place, attendait les événements.
Nous n'avons pas à rappeler ici les désordres qui signalèrent cette première nuit de révolution, le pillage des bureaux du National, organe officieux du gouvernement ; le sac de l'habitation du directeur de ce journal, Librv ; les incendies des hôtels du directeur de la police, M. de Knijff et du ministre de la justice, M. Van Maanen.
Les pouvoirs constitués n'intervinrent pas : le général C^^' de Bylandt, commandant de la province du Brabant méridional, laissa ses troupes l'arme au pied, et ce ne fut que, vers le matin, que quelques patrouilles circulèrent dans les rues, trop tard pour disperser l'émeute. L'autorité civile, de son côté, ne fit pas preuve de plus d'énergie et la police ne tenta même pas d'empêcher les désordres.
Devant cette inertie, quelques bourgeois, craignant pour la sûreté de la capitale, se réunirent spontanément, s'armèrent pour le maintien de l'ordre, et improvisèrent ainsi la « garde bourgeoise »,
Dans l'après-midi du 26, vers 4 heures, la proclamation suivante fut placardée aux murs de Bruxelles :
PROCLAMATION