LES BOURGMESTRE ET ÉCHEVIXS A LEURS CONCITOYENS
Des désordres accablent notre belle ville, quelle qu'en soit la cause, il faut les faire cesser.
Pour arriver à ce but où tendent les vœux de la population entière, nous avons arrêté les mesures suivantes :
Les troupes ont été invitées à se retirer dans les casernes : elles ont cessé d'intervenir dans une lutte déplorable.
Le droit de mouture est supprimé à dater de ce jour, il ne sera remplacé par aucun autre impôt de la même nature, sous quelque dénomination que ce soit.
Si quelque demande légitime reste encore à faire, qu'elle nous soit adressée : nous joindrons nos efforts à ceux des bons Citoyens, pour leur obtenir un plein succès.
Mais ces mesures seront sans effet si le calme ne renaît pas. seul il peut amener d'heureux résultats ; le désordre et le sang en plongeant des familles entières dans le deuil, ne peuvent rien que de funeste.
Concitoyens, écoutez la voix de vos Magistrats, ils veillent au salut commun; mais votre coopération leur est indispensable : que chacun défende ses foyers, que des gardes provisoires s'organisent dans chaque quartier; que des illuminations spontanées fassent régner la lumière pendant la nuit. Quant à nous, nous demeurons au centre, et nous ne quitterons ce poste du devoir que quand le calme, appelé par tous les vœux, sera rétabli.
C'est aux Citoyens qu'est provisoirement confiée la garde des propriétés tant publiques que privées, les Magistrats en appellent à leur honneur et à leur patriotisme, ils s'}' confient.
Fait en séance du Collège de l'Hôtel-de-Ville, le 26 Août 1S30.
F. Delvaiix de Suive, P. Ciiylen, secrétaire.
L'abolition du droit de mouture, venue 24 heures plus tôt eût peut-être conjuré l'émeute ; il était désormais trop tard, cette première concession ne produisit pas l'apaisement que l'on aurait pu en attendre.
La formation et l'organisation de la garde l)ourgeoise furent, dès le lendemain, vendredi 27 août, portées à la connaissance de la population par une série de proclamations et d'avis.