‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 108 sur 396 · Arch. Ard. L · texte numérisé non relu

Arch. Ard. L

6. Duclaux aurait voï#lu la retarder d'une quinzaine de jours pour permettre la récolte des cocons. Lettre de Duclaux à Montgolfier s.d. Arch. nat. Div 17.

un certain nombre de suppléants qui seront admis après la vérification des pouvoirs et par l'arrivée de quelques députés retardataires de Thueyts et de Joyeuse. Au dernier scrutin pour l'élection du procureur général syndic, malgré le départ de quelques délégués pressés de rejoindre leur exploitation ou leur commerce, on comptera encore, le 8 juin, 392 votants !.

L'Assemblée de Privas était composée de citoyens sincèrement attachés au nouvel ordre de choses, mais étrangers en grande majorité à la pratique des affaires. À part quelques nobles et bourgeois qui entraient aux Etats du Languedoc et du Vivarais, la plupart étaient des hommes de loi ou des paysans, maires ou officiers municipaux, qui n'avaient pu se former à l'administration dans un délai aussi court ou dans le cadre trop restreint de leurs communautés. Cette assemblée avait à nommer les administrateurs du départementet à donner son avis sur une série de questions administratives, économiques et même politiques. Ce double but ne fut pas atteint sans difficulté.

Le choix des administrateurs était d'autant plus malaisé que les électeurs, venus de tous les coins du département, ne se connaissaient pas entre: eux et qu'aucune personnalité marquante n'émergeait de la masse et ne s’imposait aux suffrages. Les bourgeois et les hommes de loi formaient un groupe compact d’ardents patriotes qui se croyaient tout désignés pour constituer les nouveaux corps administratifs. Mais ces ambitions, qui se manifestent un peu naivement dès l'ouverture de l'assemblée, n’ont d’autre résultat que d'accentuer les préjugés et les susceptibilités de classe, de ressusciter les vieilles querelles locales et d’aviver les défiances des paysans ?. Forts de leur nombre, ces derniers n’entendent pas avoir secoué le joug des aristocrates pour retomber sous la férule des bourgeois, et il sont bien décidés à ne pas se laisser brider par cette oligarchie d'un nouveau genre. À l’occasion, ils s’y opposeront même par la force et la violence.

A côté d'eux, quelques gentilshommes libéraux tendent à se poser en médiateurs, tout en s’efforçant de profiter de cette rivalité aiguë des villeset des campagnes. Ils forment un petit groupe discret et avisé qui réussit à se créer des intelligences dans tous les milieux. Il peut escompter en particulier l'appui sans réserve de la

: de Procès-verbal de l'assemblée électorale 9 juin 1790. Arch. nat. F1 bu Arèche 1. SA

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