Réimpr. du Moniteur T 11 p
7. Mémoire de 1780 f” 33. « Cette industrie fait Îa richesse d'Annonay où elle fait fleurir toutes les autres branches».
exploitées, n'ont donné jusqu'alors de résultats bien encourageants !. Les Etats particuliers du Vivarais ont beau accorder à maintes reprises des subsides et subventions ?, l'extraction trop primitive reste déficitaire et, en 1788, la production du charbon ne dépasse guère 40.000 quintaux *.
C'est l'ensemble de ces divers produits agricoles et industriels qui, par le jeu du commerce et des échanges, permet de pourvoir à l'entretien et au développement d’une population de près de 250.000 âmes. Le blé, le seigle, l'avoine, les pommes de terre, les chätaignes, le bétail et les autres denrées ne sortent guère du pays. Celles qui ne sont pas consommées à la ferme même sont portées aux divers marchés de la région et alimentent les bourgs et les centres industriels qui en retour livrent au cultivateur les objets manufacturés dont il a besoin.
Un actif commerce d'exportation donne au pays le moyen de se procurer au dehors les produits agricoles et les matières premières que son propre sol ne saurait lui fournir en quantité suffisante. S'il vend des cocons et de la soie au Dauphiné et au Lyonnais #, du vin, des cotonnades et des draps au Velay et à l'Auvergne, des cuirs et du papier * à Grenoble, à Marseille et à Paris, il en reçoit en échange avec le blé pour sa subsistance, la laine, les chiffons, les peaux et le coton que réclame son industrie.
Malgré les difficultés et les obstacles que suscitait la multiplicité des péages et des douanes 5, ces échanges lointains avaient
1. On signale aussi des mines de plomb à Chièzes, paroisse de St-Jeure en Vivarais. Le 16 Juillet 1761, elles sont concédées pour 20 ans à Ravel et Abrial d'Annonay Il est question encore de mines à Peogres, à Boulieu, à St-Marcel, à St-Maurice près de Privas, à Vernoux. cf) aussi mémoire de Blachère, subdélégué d'Aubenas,sur les mines de son arrondissement le 22 octobre 178$. Arch. Hérault C 2714.
2. Procès-verbaux des Etats particuliers de Vivarais. Arch. Ardèche C 11 et C 14. cf) aussi Arch. Hérault C 2735.
3. D'après le procès-verbal des Etats-particuliers de Vivarais de 1789, on avait extrait du 21 mai 1788 au 20 mai 1789 exactement 12851 quintaux. Arch. Ardèche C 366.
4. Les cocons qui ne sont pas filés sur place sont vendus dans le Dauphiné et toute la soie grège et moulinée aux fabricants de Lyon.
5. Mémoire de 1780 f0 33. « Le papier d'Annonay a sa destination- pour Paris, Avignon, Marseille, Lyon, le bas-Languedoc et même l'Italie et l'Espagne ».
6. Les principaux péages par terre ou par eau le long du Rhône sont Serrières, Peyraud, St-Vallier, Tournon, la Roche de Glun, Châteaubourg, Valence, Charmes, Lavoulte, Baix, Rochemaure, Le Teil.
cf) Arch. Ardèche C 966. Mémoires sur les péages du Rhône relativement au charbon de terre.... Lyon 1788.
‘pris une remarquable extension au cours du XVIII: siècle et s'éten- -daient jusqu'à la Suisse, l'Italie, l'Espagne, l'Angleterre et les Echelles du Levant. Malheureusement le Vivarais n'a pas de bonnes voies navigables. Il a fallu renoncer aux essais de flottage qui, à plusieurs reprises, avaient été tentés sur l'Ardèche et les autres torrents du pays !. Seul, le Rhône ouvre une voie d'eau assez médiocre mais praticable. La batellerie, beaucoup plus active que de nos jours, réussit, malgré un aménagement insuffisant, à assurer un important trafic. Mais, en dehors du fleuve, tout le commerce en est réduit à emprunter les voies de terre qui, malgré les efforts méritoires du pays, restaient bien défectueuses.
C'était, en effet, un grave problème que de s'élever des bords du Rhône aux hauts plateaux du Velay et du Gévaudan et l'établissement de communications transversales, coupant des vallées profondes et abruptes,ne comportait pas moins de difficultés. Aussi la pénétration intérieure du pays avait-elle été fort tardive. Jusqu'à la fin du XVI siècle, le Vivarais n'avait guère à sa disposition que la route pratiquée sur la rive droite du Rhône. Les diverses régions n'étaient reliées que par de mauvais sentiers et des pistes impraticables aux charrettes et presque tous les transports devaient se faire à dos de mulet ?
A partir de 1740, le pays fait de grands sacrifices pour le déve loppement de son réseau vicinal *. Mais,comme les besoins à satisfaire étaient nombreux et pressants et les ressources restreintes, on se préoccupa de multiplier les communications plutôt que de les rendre commodes et pratiques. Les routes escaladent rapidement les plateaux, franchissent les vallées, suivent les crêtes et passeut de l’une à l’autre par des descentes et des montées très raides ‘.
A la fin de l’ancien régime, le Vivarais peut se vanter d’avoir créé près de 300 lieues de routes *, mais «tous ces chemins ne sont
IPN ATCh--nat- F114/528;:
2. Arch. Ard. C 755. cf) Mémoire du syndic du Vivarais adressé à M. Joubert en 1740. cf) aussi arch. Hérault C 3117 sur les chemins du Vivarais à la fin du XVIIe siècle.
3. Cf) Mé“oire du département de l'Ardèche au Comité des finances le 206 février 1791 sur les malheurs du département.
Arch. nat. D VI 21. cf) aussi arch. Hérault C 3066 et 3990.
4. cf) Mémoire concernant les chemins construits ou à construire en Vivarais en 1774. Arch. Ardêche C 755.
cf) Mémoire de Lachadenède sur l'insuffisance des moyens pour répondre aux demandes de chemins. Arch. Ardèche C 756. cf) aussi C 606: 867 et 870.