‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 125 sur 396 · Délibération de Vinezac. Arch. Ard. L · texte numérisé non relu

Délibération de Vinezac. Arch. Ard. L

5. Il y eutenviron 300 morts dont 21 protestants ; 120 maisons furent dévastées, quelques-unes détruites. Ernest Daudet. Histoire des conspirations roya-

listes du midi. Paris 1881, in-8, p. 23.

tion et de colère. L'esprit de solidarité se réveille et de partout s’élèvent des cris de vengeance. Dans plusieurs paroisses des cantons de Bannes, de Joyeuse, des Vans, on sonne le locsin les 17 et 18 juin et, à plusieurs reprises, il fut question d'exercer des représailles contre les réformés de St Ambroix, de Vallon et des Vans. ! On parla même de descendre sur Nimes, pour délivrer les catholiques emprisonnés et « mettre les huguenots à la raison. » ? La nouvelle de l'organisation d'un camp protestant dans la plaine de Boucoiran apparaît comme une menace et un défi qu'il importait de relever.

C'est pendant les préparatifs même de la fête du 14 juillet que quelques personnalités, sincèrement émues des malheurs des catholiques de Nimes, jettent les bases d'une fédération nouvelle qui, sous le nom fameux de camp de Jalès, contribuera, plus que tout autre évènement, à scinder en deux groupes ennemis et à jamais irréconciliables les citoyens de la partie méridionale du départe-

ment.

L'âme de ce mouvement fut Louis Bastide de Malbose, maire de Berrias. Ardent catholique, royaliste convaincu, allié aux principales familles du midi,il redoutait l'influence des protestantset partageait les inquiétudes de ses proches au sujet de l'attitude de lAssemblée nationale à l'égard du roi et de la religion. Le premier, il a l’idée d’un groupement catholique à opposer au camp protestant de Boucoiran. Vers la fin juin, il s'en ouvre à sa famille * et à ses amis et rapidement les adhésions lui viennent nombreuses et empressées de tous les coins du pays. Nobles, bourgeois, curés et paysans lui offrent leur concours le plus dévoué. Sur son initiative, on forme un Comité, chargé d'étudier les conditions matérielles et morales de cette fédération, et, dès le premier jour, on convient que la position la plus avantageuse pour le déploiement d’une imposante force arméeest la plaine de Jalès, sur les confins de l'Ardèche et du Gard et non loin de la Lozère, au milieu d’une population énergique et rude, mais à la foi viveet ardente.

1. Lettre de Malbosc du 15 novembre 1790 au directoire du département. C'est lui qui a empêchéle désarmement des protestants et des officiers municipaux des Vans Lettre de Griolet, procureur général syndic du Gard, à Dalmas, 27 juillet 1790. Fonds Mazon cbr. 13.

Page 1