Boissin. Les camps de Jalès. Annonay 1896 in-8 p
3. Un des plus vifs opposants à ses projets fut son fils, Ferdinand de Malbosc, employé des finances à Béziers. Cf) sa lettre du 8 juillet 1790 à son père où il déclare que la Constitution lui paraît sublime. Fonds Mazon chr. 13.
Pour assurer le succès de l'entreprise, le Comité sollicite Fappui des corps constitués et affecte de s’effacer derrièreles administrateurs du district de Largentière, Dans une réunion préliminaire le 11 juillet à Bannes, au château du comte du Roure, ce sont les membres mêmes du directoire qui sont chargés de prendre les dispositions nécessaires à la formation du camp !. Le premier août, à l'appel de Rivière de Larque, 101 délégués des cantons de Bannes, de Largentière, de Joyeuse, des Vans, de St-Etienne de Lugdarès tiennent une nouvelle assemblée pour désigner l'état-major et régler les derniers détails de la fédération ?. C’est encore le président du district qui, avec Malbosc, signe les lettres de convocation et qui se préoccupe de les faire imprimer *. Ces lettres se bornent à inviter les maires et officiers municipaux à se rendre à Jalès, le 18 août, avant dix heures, à la tête de leurs gardes nationales, avec leurs insignes et leurs drapeaux. On n'y remarque aucune allusion directe ni aux évènements de Nimes, ni au camp de Boucoiran. Elles insistent, au contraire, sur les sentiments d'union et de fraternité. & Ilest consolant de se réunir en famille pour aviser aux moyens de faire la paix, la concorde et d'en éloigner tout ce qui pourrait la troubler ». On renouvellera le serment « de verser jusqu'à la dernière goutte de sang pour repousser les ennemis dela Constitution »f.
Le succès de cet appel futimmense, inattendu. A 10 ou 15 lieues à la ronde, les municipalités prennent des délibérations * en masse pour régler l'envoi de leurs gardes nationales. Malgré la distance et les travaux pressants, surtout dans la montagne, chaque paroisse tient à participer à cette grandiose manifestation, et, si les plus éloignées se laissent parfois arrêter par la dépense et le souci des récoltes, elles adhèrent à l'avance à toutes les décisions qui seront prises à Jalès. Le Gard, la Lozère et même la Haute-Loire annoncent des délégués. Le district d’Annonay s'excuse d’avoir été prévenu trop tard. L'entraîinement fut tel qu’on put craindre un instant que l’em-
1. cf) Délibération des députés des municipalités de Bannes, Berrias, Beaulieu, St-André et St-Sauveur de Cruzières du 11 Juillet. Fonds Mazon, chron. 13.
2. Procès-verbal de la nomination de l’Etat-major de la fédérstion de Jalès, 1° août 1790 : Fonds Mazon chr. 13.
3. Lettre du 3 août de Malbose à Rivière de Larque pour lui transmettre de la part d'Allier, prieur de Chambonas, la nouvelle que l’imprimeur de Pont-St- Esprit est allé s'installer à Villeneuve les-Avignon. Rivière de Larque répond : « Je pars à cheval à minuit pour le Bourg-St-Andéol », Fonds Mazon, chr. 13.
4. Lettres de convocation datées du 2 août 1790 : arch. nat. Dxxix bis 12.
o. cf) Mulüitude d'extraits de délibérations : Fonds Mazon chr. 13.