Lettre de Cachon
8. cfi Procès-verbal! de Rivière de Larque et procès-verbal de la tenue du camp fédératif de Jalès.
renouveler un serment. Les fédérés d'Uzès, exaspérés de tant d'atermoiements, proposent à l'assemblée de ne pas attendre la dislocation complète des troupes et de partir, en forces et sur le champ, pour Nîmes, de disperser en passant le camp de Boucoiran, d’attaquer la ville, d'ouvrir les prisons etde destituer les autorités protestantes. [ls rappellent que c'est dans ce seul but que le camp s’est réuni. Qui sait si une occasion aussi favorable se présentera jamais de venger les catholiques et de mettre les huguenots à la raison ? € Mille voix s'élèvent pour appuyer la motion ». Un modéré, qui essaie de prècher le calme, est assailli, fortement houspillé et menacé de mort. Les sabres sont tirés, on brandit les pistolets, le sang risque de couler.Dans tous les coins de la salle, ce ne sont que disputes et provocations. Les quelques officiers municipaux et gardes nationaux patriotes, qui se sont égarés au château de Jalés, sont trailés de vendus etde protestants et courent grand risque d’être écharpés.!
C'est en vain que Malbosc rappelle à l'ordre une assemblée déchaïnée, on ne l'écoute pas. Il déclarera le surlendemain que ce fut la plus terrible journée de sa vie ?. Désespéré de la tournure des évènements, ne guidant plus les’débats, menacé peut-être,lui aussi, parce qu'il n'a pas le courage, en ce moment critique, de précipiter la décision attendue,il offre sa démission.Cette parole rappelle l'assistance à la réalité, un peu de calme se rétablit. Chacun comprend que, sans Malbose, le Comité n'existe plus et que tout le labeur des dernières semaines est perdu. On refuse, :
C'est alors que Cachon, patriote d'Aubenas, profite de l'accalmie relative pour faire une motion de diversion.Quoique résolument hostile à toute mesure illégale, il feint d'entrer dans les vues des légionnaires. Mais, avant de pousser les choses à l'extrême, pour éviter des actes irréfléchis, il conseille aux organisateurs de s’éclairer sur les évènements de Nimes et il propose d'envoyer une délégation à Montpellier. La municipalité de cette ville, plus apte dans son impartialité à juger sainement de la situation, pourra donner des renseignements précis. et collaborer avec le Comité au rétablissement de la paix et de la tranquillité. Ce projet, qui,en gagnant du temps, permettait à Malbosc de sauver la face et,à ses amis, de sortir honorablement d’une impasse sans issue, réussit. Le discours
1. Lettre de Cachon. ; , 2, Lettre de Malbos à Bastide, membre du directoire du département, du 20
août. Fonds Mazon. chr. 13.
habile de Cachon fait impression. La plupart de ceux qui préconisaient une marche immédiate sur Nimes l’applaudissent. Quelques énergamènes, cependant, sentent bien que cet ajournement n'est qu'une capitulation déguisée, le renversement de leurs espérances et l'échec du camp. Cachon fut même injurié par un individu « babillé élégamment et en bourgeois qui lui demande s'il était protestant » !, mais l’effervescence était tombée et le président reprenait la direction des débats. Il en profite pour faire désigner immédiatement les 15 commissaires chargés de la députation ?.
L'assemblée, calmée et assagie par l'illusion d'avoir fait quelque chose, ne songe plus désormais à mettre Nimes à feu et à sang ni à égorger les protestants. Elle se borne à prendre un certain nombre d’arrêtés d'un caractère assez platonique. Elle réclame la translation hors du Gard des citoyens détenus dans les prisons de Nimes etlenr prompt jugement, la réparation des dommages matériels et moraux causés anx victimes, l'éloignement du régiment de Guyenne, trop inféodé ‘au parti protestant, et la remise dans leurs dépôts des canons pointés sur la ville ; enfin, elle décide la permanence du Comité, & point central où toutes les gardes nationales fédérées correspondront pour toutes les affaires qui auront trait à la fédération » *.
Il n'y avait rien là de bien meaaçant pour la tranquillité publique. L'article le plus révolutionnaire était évidemment la prétention de ce Comité sans mandat de rester en fonctions et de traiter d’égal à égal avec les corps constitués. © C'était, malgré la défense de F'As-