Lettre de Cachon
2. Ernest Daudet et Vingtrinnier n’ont pas l'air de soupçonner les démêlés de Malbosc avec le directoire du district, lors de la prestation du serment, ni l'intervention de Cacuon qui est à l’origine de la délégation de Montpellier.
E. Daudet, dans « l'histoire des Conspirations royalistes du midi ».écrit que la manifestation de Jalès (trompa tout le monde . et jusqu’au directoire du département du l'Ardèche ». p. 36 ; .….. « malheureusement pour le secret de leurs délibérations... quelques unes des gardes nationales... avaient eu vent des motions projelées et de ce qui allait se passer après la levée officielle du camp... elles y firent des allusions... qui parvinrent dès le lendemain au procureur syndic d'Aubenas ». C’est de la fantaisie.
Vingtrinuier, La contre révolution. T. I. p. 328-329 affirme que les motions furent adoptées, malgré l'opposition formelle du président du district, qui aurait objecté que, pour être légales, elles devaient obtenir l'adhésion de l’Assemblée nationale, Le malheur est qu'aucun des administrateurs du district n’assista à la réuvion du château de Jalès. Cf) Procès-verbal de Rivière de Larque.
3. Procès verbal de la tenue du camp fédératif de Jalès. Arch.nat. A Dr 101.
4. Dans sa proclamatiou du 26 août 1790, arch. nat. F l'a 403, le directoire proteste énergiquement contre la permanence du Comité et surtout contre sa pré-
tes os de répartir sur tout le département les frais de la délégation de Montpellier. ;
semblée nationale, un retour à la tactique des Comités permanents de l'année précédente.
Malgré ce dénouement pacifique, le rassemblement de Jalès eut un retentissement considérable dans tout le pays et de graves conséquences sur l'état d'esprit du bas Vivarais. Aussitôt après la dissolution du camp,! tous ceux qui avaient combattu l’apportunité de cette manifestation triomphent bruyamment de voir leurs prévisions pessimistes réalisées. Les patriotes et les protestants, à peine remis de leur frayeur, accentuent le caractère illégal de la fédération et des arrêtés qui l'ont suivie el en profitent pour jeler la suspicion sur tous leurs adversaires politiques.
Dès le 22 août, la municipalité de Joyeuse,dans une délibération haineuse, accuse les meneurs de contre-révolution et essaie de sou lever l'opinion contre Bournet, un des 15 commissaires conciliateurs. ? Le maire, Dussargues, ne lui pardonne pas de l'avoir combattu aux élections municipales. Ïl lui enjoint de se désister dans les 2{ heures de sa députation, sous peine d'être rayé de la liste des citoyens actifs. * Aubenas, Viviers, Villeneuve-de-Berg, Largentière flétrissent « les sourdes menées du fanatisme. » t Cachon ,dès le lendemain, vient déclarer au maire d'Aubenas qu'il n’a proposé la délégation de Montpellier que. pour détourner l'orage et éviter une guerre civile imminente. La garde nationale de Vesseaux, ® le procureur syndic du district d'Aubenas, le directoire du département du Gard rejettent toute la responsabilité sur Malbosc et dénoncent «le maire de Berrias, qui paraît avoir joué le premier rôle -.» *
1. M.Mathiez écrit dans la (Révolution française » T. I p.97 : « Le camp de Jilès resta organisé pendant plusieurs mois. Il ne sera dissous par la force qu’en février 1791. » Le camp de Jalès est dissous le jour même dessa formation, le 18 août 1790 Un 2e camp sera organisé en février 1791.