Arch. Ard. L
2, Lettre écrite de Villeneuve-de-Berg à la municipalité de Metz par Tavernol de Barrès, lieutenant criminel. en la sénéchaussée de Villeneuve-de-Berg le 26 nov. 1789. Arch. nat. Dxxix bis 2.
3. Lettre du 2 octobre 1790 « Malgré les décrets de l’Assemblée nationale, les juges de Villeneuve-de-Berg n'informent pas sur le camp de Jalès. » Arch. nat. F 7 3652 1.
4. Arch. Ard. L. 119. procès-verbal du directoire 21 octobre 1790.
tis opposés. Les patriotes lui reprochent ses capitulations déguisées et les partisans de Jalès parlent sans aménité des gens « em place » qu'ils accusent de méconnaitre et de trahir les intérêts les. plus chers de leurs commattantst. Et, si l'Assemblée pationale est prête cette fois-ci à écouter le langage de la modération et de la clémence, Malbose et ses amis sont moins disposés que jamais à la conciliation et à la soumission.
Le décret du 7 septembre «a été accueilli dans nos montagnes par un cri de fureur », affirme une lettre de Bannes, du 20 septembre ?, La population souligne cette attitude partiale qui laisse impunis les protestants de Nimes, massaerant sans pitié les catholiques, et condamne brutalement les fédérés de Jalès « qui n'ont que des vues de paix. Tout annonce une explosion qui pourrait être suivie d’affreux désordres, si la douceur et la sagesse du gouvernement envers ce peuple à moitiésauvage ne les prévenaient » ?. Une lettre de: Gravières du 20 novembre proteste contre l’amnistie demandée par le directoire, «& pour les scélérats qui ont troublé et ensanglanté la ville de Nimes et pour les moteurs et auteurs du camp de Jalès.… Vous ne sauriez imaginer avec quelle indignation les gentilshommes, les honnêtes gens, les paysans eux-mêmes... s'élèvent contre cette adresse »..…. Les innocents n’ont pas besoin d’amnistie et ils n'entendent pas être confondus avec les « monstres de Nîmes f.
Les députés du département ont beau publier dans le Moniteur une déclaration affirmant que l'Ardèche est dans la plus parfaite tranquillité » et que « le décret de l’Assemblée nationale a rempli le vœu de tous,» 5 la fermentation des esprits est si inquiétante que Delichères, procureur syndic du district d’Aubenas, en envoyant des renseignements, 6 supplie le Comitédes recherches de lui conserver l'anonymat, pour ne pas le désigneraux haines populaires. La précaution n'était pas superflue ni la crainte imaginaire. Un soldat du régiment de Guyenne, reconnu à son uniforme, aux
1. Lettre de Tauriers à Malbose du 13 décembre 1790. Fonds Mazon. Chr. 19:
2. Lettre publiée dans le « Journal général de France », 1* octobre 1790 p. 1151. bibliothèque nationale L C2 69.
de... lbideme.dns insérée dans « le Journal général de France » du 4 décembre 1790, P. .
5. Réimpression de l'ancien Moniteur T. 6 p. 77, 10 octobre 1790. Tous les. dépuités d2 l'Ardèche ont signé, sauf les 3 députés de la noblesse et Monneron. 6. Arch nat. D xxix bis 12.
environs de Rannes, aurait été massacré, s'il n'avait affirmé qu'il désertait, ! Les petites vengeances se multiplient, À la faveur de la nuit, des inconnus coupent 300 müriers et arrachent des vignes à Rivière de Larque pour le punir d'avoir jugé sévèrement dans son procès-verbal les prétentions de quelques organisateurs. « On l'eût pendu, si on l'eût trouvé. » ? Des hommes qui passent pour modérés et équitables, applaudissent ouvertement aux malheurs qui lui arrivent. Le comte de Tauriers, «major général du camp de Jalès », écrit, le 13 décembre * 1790, à Malbose : » L'humiliation qu'éprouve M. Rivière de Larque, pour la mauvaise affaire qu’on suscite à son fits curé #, doit lui faire voir queles méchants ont leur tour, eton peut dire qu'il n'a rien perdu pour attendre. »
Devant la rigueur de la condamnation, Malbosc, caractère impulsif etviolent, se cabre à son tour. Désormais, il se refuse à la moindre concession et rompt de plus en plus délibérément avec la Révolution. Les poursuites dont il est l’objet grandissent soninfluence et renforcent son autorité sur les mécontents. Les montagnards firent signifier à la sénéchaussée chargée d'informer conire lui, qu'« à la première démarche ... ils viendraient mettre la ville et le pays à feu et à sang. » ’ Beaucoup de gardes nationaux, qui étaient repartis de Jalès déçcuset irrités du manque d'organisation et qui avaient blâmé l'indécision et la pusillanimité des chefs, se rapprochent de nouveau de Malbosc et sont prêts désormais à le suivre aveuglément. Lesréunions du Comité se multiplient. Il entretient une correspondance fort active avec les chefs des légions catholiques et de nombreux officiers municipaux. 5 A force d’entendre prodiguerle terme de contre-révolutionnaire, le mot n'effraie plus guère les partisans de Jalès. Et ainsi très vite, le Comité fédératif devient le point d’appui de toute résistance et le symbole même de la contre-révolution. Désormais, il est prêt à écouter les sollicitations des émigrés.
Rien, avant le mois d'octobre, dans les papiers de Malbosc et
1. Arch. nat, F 7 3653 1. On lui donna un autre vêlement et on brûla son uniforme.