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Délibérations du 21 et 22 février

7. Délibération du directoire du département du 20 février 1791. Il ordonne leur élargissement et envoie à Aubenas le détachement de troupes de ligne qui était à Villeneuve-de Berg. Arch. Ard. L120. cf) aussi informations judiciaires. Arch. nat. F7 4423.

8. Le chiffre est très difficile à préciser. Jules de Malbosc, Andéol Vincent, Tallon, Boissin parlent de 30 à 35.000 hommes. Albignac, dans son rapport au ministre de la guerre du 2 mars, dit que St Ambroix était occupé par %.000 hommes. Le directoire du Gard déclare que 8.000 h. ont pénétré dans son département. St Martin, député de l'Ardèche, réduit ce chiffre à 4 à 5.000 hommes : Daudet et Vingtrinnier s'arrêtent à 6 à 7.000 hommes.

Si les premiers chiffres nous paraissent exagérés, les derniers sont manifestement trop faibles. Les autorités et l’Assemblée nationale cherchent à minimiser

et Barjac. La plupart de ces fédérés sont de bonne foi. Pour eux, le massacre des catholiques par les protestants ne fait pas de doute. C'est dans un sentiment de solidarité qu'ils volent au secours de leurs frères. Dans leur pensée, il ne s’agit nullement d’une insurrection politique. [ls sont simplement en état de légitime défense. L’autorité manquant à son devoir, ils trouvent tout naturel de se dresser en jusliciers elen vengeurs.

Mais quel résultat Malbose attendait-il d’une telle levée de boucliers ? Quel était au fond son véritable but ? Il n'est pas facile de le dégager nettement de la masse des documents et des témoignages contradictoires. Que Malbosc et ses amis fussent alors acquis aux idées de contre-révolution, le vovage de Pallarin et Polignac, la publication du manifeste du 4 octobre et le refus de dissoudre le Comité permettent de le croire.Que, depuis la fin septembre, ils aient été en rapport avec les agents des émigrés qui opéraient à Lyon et dans le Sud-Est, lefait n'est pas invraisemblable, encore qu'on ne puisse en fournir aucune preuve certaine !. I] n’est pas douteux d’autre part que l’état d'esprit du bas Vivarais ne fût favorable à une manifestation hostile au nouvel ordre de choses. Jit cependant, il est difficile de concevoir qu'un homme réfléchi ait pu songer sérieusement à déclancher, au début de 1791, un mouvement insurrectionnel.

En ce qui le concerne, Malbosc a toujours protesté contre les projets criminels qu'on lui prêtait. Encore qu'un pareil témoignage soit suspect, il faut cependant noter que jamais dans ses papiers ni

le rassemblement pour rassurer l’opinion publique. Les municipalités, dans leurs délibérations, signalent souvent les effectifs des diverses paroisses qui traversent leur ville. Joyeuse voit revenir le 22 février 2.000 hommes, sans compter ceux qui ne passeront que le lendemain. Largentière en reçoit 1500, le 23, appartenant à des communes qui ne sont pas mentionnées à Joyeuse. D'après Delichères, 4000 hommes des environs ont suivi, le 23, la garde nationale d'Aubenas. Plus de 1500 ont pris la direction des Vans.

Eu tenant compte des gardes nationales qui ont dû emprunter d’autres itiné— raires et de celles des cantons de Bannes, Vallon, Villeneuve-de-Berg et de toutes les communes entre Aubenaset Vallon,nous croyons rester au-dessous de la vérité en donnant le chiffre de 10 à 12.000 hommes pour l’ensemble des troupes de St Ambroix,de la Cèze, de Barjac, de Berrias, de Jalès et des deux camps de Lalevade et Laurac.

1. Daudet, p.5!, affirme que l'Abbé Allier,prieur de Chambonas, (correspondait avec les émigrés de Coblentz. » En 1790, la question ne se posait guère Il en est de mêine du sermon coutre-révolutionnaire d’Allier, affirmant que, dans 15 jours, la France sera en guerre avec toute l'Europe ; Daudet place en janvier 1751 ce qui eut lieu en 1792.

dans la correspondance des princes on ne trouve, à cette date, la moindre allusion à des préparatifs de rébellion et de révolte prochaine dans le Vivarais. Le moment, d’ailleurs, eût été singulièrement mal choisi. La conspiration de Lyon venait d'avorter et ses principaux meneurs avaient été emprisonnés le 10 décembre 1790 !. À la même époque, les tentatives d'Aix et de Marseille aboutissaient à un lamentable échec. Pascalis et deux de ses complices avaient été massacrés, le 14, par la populace ? et Lieutaud, l'agent de Mirabeau, avait été arrêté à Toulon. Les gentilshommes d’Auvergne, en route pour assister à l'entrée des princes à Lyon, le 15 décembre, se dispersaient rapidement. Partout, dans le Sud-Est, les royalistes intransigeants se terraient ou émigraient. Les princes euxmêmes, le 16 décembre, donnaient l’ordre de tout suspendre. Découragé par tant d'insuccès, Condé quittait Turin, au mois de janvier, pour la Suisse et l'Allemagne, pendant que le comte d'Artois partait pour Venise *, en attendant de prendre la direction de Coblentz.

On est donc réduit à des conjectures. Deux hypothèses seulement nous paraissent admissibles. Ou bien, comme lors du premier camp, Malbosce et le comité ont voulu simplement intimider les patriotes etles protestants, par la menace d'une force armée, et appuyer ainsi le mouvement d'opposition quise manifestait dans le pays contre les prestations de serment à la Constitution civile du clergé, ou bien, et cette seconde hypothèse, à notre avis,est plus conforme à la réalité, Malbosce, au début de 1791, devant la gravité de la situation religieuse, se préoccupe de jeter les bases d'un complot nettement contre-révolutionnaire, mais à longue échéance. Bien loin que la réunion du 13 février ait été, comme le prétend Ernest Daudet !, le conseil de guerre qui discute le plan de la conjuration et en décide l'exécution, elle n'était, croyons-nous, qu'une simple prise de contact, une préparation éloignée.Une assemblée plus importante de « 600 personnes, choisies dans toutes les municipalités », était

1.E. Vingtrinnier. La contre-révolution T. II p. 205-206. cf) aussi Réimpr. du Moniteur T. 6 p. 642, 661, 671.

2. Pascalis, d’abord ardent patriote passéà la contre-révolution, avait protesté énergiquement contre l'abolition des parlements le 27 sept. Arrêté le 12 décembre à Aix, il fut pendu le surlendemain par la populace avec la Roquette et Guiramand. E. Vingtrinnier; loc cit. p. 233-239. Réunpr. du Moniteur T. vi p. 671-688 et T. vu p. 470-472.

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