‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 147 sur 396 · E. Daudet. Histoire des conspirations royalistes p · texte numérisé non relu

E. Daudet. Histoire des conspirations royalistes p

prévue pour la quinzaine suivante !.Et ce n'était vraisemblablement qu'après cette réunion, qui ne put avoir lieu, qu'on devait intensifier la propagande, prévoir un chef et se mettre en rapport avec les émigrés et les princes, pour organiser de concert avec leurs agents, cette insurreclion, en la liant aux autres tentatives de contre-révolution qui s'ébauchaient dans le pays.

Daudet affirme encore que c'est Malbosc'qui a provoqué l'exode des catholiques d'Uzès ?, pour avoir un prétexte plausible de soulèvement. Nous pensons, au contraire, que, s’il eût dépendu de lui de susciter à son heure cette échauffourée, il eût attendu des circonstances plus favorables.On ne se lance pas dans une lutte sans merci contre la Révolution sans alliés, sans chef, sans argent, sans vivres et sans munitions, L'affaire d'Uzès, comme l’affirme un mémoire, hostile *, éclate trop tôt pour les projets de Malbosc et en détermine l'échec. L'arrivée prématurée des émigrants, le récit dramatique de leurs malheurs, en réveillant les vieilles haines confessionnelles, agissent fortement sur ces imaginations méridionales et leur font perdre la claire notion des réalités. Sous le coup de cette émotion violente, les contre-révolutionnaires croient que Ja surexcitation de l'opinion et la colère des catholiques suppléeront au manque de prévision et d'organisation. Lorsqu'ils auront réfléchi,il sera trop; tard, l'impulsion scra donnée et le pays soulevé.

Aen croire sa correspondance, Malbose n’a pas partagéles illusions de ses amis. Ila vite discerné le danger de la situation, et ïl a combattu, au péril de sa vie, assure-t-il, des décisions inopportunes. € Hier matin f, écrit-il le 18, j'ai voulu parler de paix, j'ai été exposé à des désagréments que je n'ose rendre... Quand j'ai voulu engager les délibérants, assemblés à notre église, à renvoyer le rassemblement à dimanche, j'ai éprouvé une résistance opiniâtre ; quand j'ai lu la délibération, les murmures, les cris redoublés de partir tout de suile se sont fait entendre. J'ai tonné et exposé qu® l'on courait à la boucherie... » Dans une autre‘lettre du 26 février, il affirme © que sa tête a été radement compromise. Mais, débordé et impuissant à remonter le courant, il s'efforce, pour éviter un dé-

1. Mémoire pour donner des notions sur l'affaire de Jalès. Arch. Ard.L 313.

2. « Il comptait sur le spectacle de cette poignée d'hommes exaltés, de femmes et d'enfants en haillons... .. pour exciter et apitoyer les populations qu'il voulait soulever ». Daudet p. 60,

3 Arch. Ard. L 313.

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