Procès-verbal des commissaires Dereboul et Vacher
À Berrias, Malbose ! défère à l'invitation de Legrand d'accompagner le détachement. Malgré toutes les recherches, les perquisitions restent infructueuses et les soldats sont fort désappointés de ne découvrir ni vivres, ni armes, ni munitions ?. C'est alors que, dans leur déception et leur colère, non contents de saccager les appartements, de briser les portes et les fenêtres et de disperser les archives, ils se saisissent de Malbose, malgré les protestations de Dereboul et de Vacher contre ce manquement à Ja foi jurée, et l'entraînent sans réquisilion sur le territoire du Gard *. Sa femme est arrêtée en même temps, fouillée et gardée trois jours en captivité !, Malbosc fut internéà Pont-St-Esprit, avec Terron et la Saumès, pendant que d’Albon était incarcéré à Uzès *.
L'arrestation de Malbosc suscite une vive agitation et provoque dans toute la région une tristesse profonde qui prouve combien, malgré ses erreurs, le maire de Berrias restait populaire. Les pétitions affluent au département pour :éclamer sa mise en liberté. 22 paroisses du bas Vivarais font écho à la délibération de Berrias, protestant contre une détention si inattendue et si peu méritée. Les droits de l'homme ont été indignement violés dans la personne de Malbosc. Il a été appréhendé par des gens sans mission et en violation flagrante de la loi. Toutes raprellentl'ardeur de Malbose pour le bien publie, ses soins et ses efforts pour maintenir l'union et la paix dans le canton. Seuls, les malveillants peuvent suspecter ses sentiments patriotiques f.
1. Malbosc avait écrit la veille aux commissaires qu'il était prêt à se rendre à Barjac, « s'il y a sûreté pour moi », pour se justifier. Lettre du 26 février. Fonds Maz on chron. 13. De Berrias à Jalès, il se déclare.prêt à le faire, mais les commissaires le renvoient au département. cf) proc.-verb. des commissaires.
2. Daudet, p. 105, dit que l’armée trouve sur son chemin des feux de bivouac, allumés par îles fédérés en se retirant, qui s'éteignaient et qu'à Jalès il y avait encore du feu dans les cheminées et des marmites chaudes. Si on veut bien remarquer que les derniers fédérés se sont retirés le 23 et 24 févrieret que l’expédition est du 27 février, on se rendra compte combien le souci Cu pittoresque peut partois fairetort à la vraisemblance et à l’histoire.