‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 153 sur 396 · cf) Daudet p. 78. Ÿ · texte numérisé non relu

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6. En particulier. la garde nationale de Viviers, menticnnée dans une lettre de Dussargues du 26 février et des commissaires de l'Ardèche qui, le 28 février, rendent témoignage de son attitude correcte, lors de la visite du château de Jalès, Fonds Mazon. Chr. 13.

7. Lettre du directoire du Gard à l’Assemblée nationale, citée par arch. parlementaires T. 23 p. 691.

La concentration est rapide et, le 22 février, les trois colonnes. se mettent en marche !. La division d’Alais a pour objectif St-Ambroix, où les bataillons de Nimes viendront la rejoindre, pendant que les détachements de Pont-St-Esprit occuperont Barjac. Enfin, un cordon de gardes nationales garantira la plaine de toute tentative d’incursion des contre-révolutionnaires ?.

C'est dans la journée du 23 février que les forces patriotes débouchent à St-Ambroix, après la débandade des fédérés. Elles ne peuvent mettre la main que sur quelques trainards et quelques réfugiés d'Uzès *. La Molette, cependant, tient toujours dans Barjac. A l’arrivée de Legrand, il fait demander une entrevue pour discuter des conditions de Ja paix, mais, la nuit suivante, ses soldats ne jugent pas à propos d'attendre l'issue de la conférence et se dispersent rapidement :

Albignac n'avait plus devant lui aucun ennemi. Sa tâche semblait terminée, mais il devait compter avec l'eraltation des troupes, enivrées de leur facile victoire, et les perfides suggestions de quelques patriotes qui, revenus de leur frayeur, ne rêvent plus à présent que vengeance et représailles. Dussargues, maire de Joyeuse, presse les gardes nationaux de passer outre aux scrupules de légalité et de se porter à Jalès et dans tout le bas Vivarais. € Nous avons besoin de votre concours. La vie des buns patriotes de cette ville n’est pas en sûreté ÿ ». Des lettres analogues arrivent de Vallou et de Pont St- Esprit. L'agitation est extrême et l’armée citoyenne se transforme en un véritable club où les motions les plus incendiaires sont acclamées 5,

Le directoire du Gard, prévoyant les difficultés inhérentes à une telle expédition, avait envoyé deux commissaires auprès du général en chef et demandé à l'Ardèche de leur adjoindre quelques délégués.Dereboul et Vacher partirent, le 23, par le Teil, Bourg St-Andéol et Pont St-Esprit etarrivèrent, le 25, à Barjac. Ils avaient la mis-

1. Lettre du directoire du Gard au directoire de l'Ardèche le 22 février. Fonds Mazon Chr. 13

2. Lettre du directoire du Gard. Arch. parlementaires T. 23 p. 691.

3. Quelques émigrants d'Uzès furent tués, d’après Boissin. Les camps de Jales p#0E

4. Journal de l'armée citoyenne de Pont-St-Esprit, impr. Oiuse in-8, 1791, 38 p. cité par Boissin p. 70-71,

5. Lettre de Dussargues à l’armée de Barjac le 26 février. Fonds Mazon Chr. 13.

6. Procès-verbal des commissaires Dereboul et Vacher du 23 février au 3

mars. Arch. Ardèche L313.

sion délicate et difficile de s'opposer énergiquement à la violation des frontières du département, par crainte des désordres et des violences. Le 26, ils remercient chaleureusement les troupes de Pont-St-Esprit de leur assistance el de leur appui, mais, à présent que le calme est revenu et que les ennemis du bien public se sont évanouis, leur concours devient inutile et toute incursion sur le territoire de l'Ardèche constituerait une illégalité qu'ils n'ont pas le droit d'autoriser !.

Mais l’armée citoyenne était moins disposée que jamais à entendre le langage de la modération et de la retenue. Klle ne s'est pas portée à Barjac pour y recevoir des éloges , mais pour marcher contre les ennemis de la Constitution. Les commissaires n'avaient qu'à se munir de pouvoirs suffisants. Elle exige un départ immédiat pour Jalès, où l’on trouvera des provisions de bouche et des munitions. Elle estime urgent de paraître sur les lieux du crime, « pour imprimer la terreur à l'aristocratie qui inieste le département de l'Ardèche », où « l'on égare le peuple sous le masque de la religion 2». La résistance des commissaires ne fait que l’exaspérer. Elle dénonce, comme un piège d'inspiration contre-révolutionnaire, les nouvelles rassurantes transmises par le directoire de Privas. Elle se répand en injures contre les commissaires et les administrateurs et déclare que, s'ils persistent à s'opposer à son départ, elle proclamera la loi de la responsabilité *. Les délégués du Gard ont beau requérir Legrand et défendre aux gardes nationales assemblées de délibérer et de prendre des arrêtés *, les troupes adoptent une atlitude de plus en plus pravocatrice et menaçante.

Après deux jours de discussions violentes, l'armée finit par accepter la transaction proposée par les commissaires. Sur l'engagement formel des officiers et des soldats de respecter les personnes et les propriétés, Dereboul et Vacher donneront une réquisition de passage à Legrand, pour se transporter avec 600 hommes à Jalès *.

1. Réponse des commissaires à l’armée citoyenne du 26 fevrier. Fonds Mazon Canr. 13.

2. Arrêté du Conseil de guerre de l'armée remis aux commissaires de l'Ardèche, le 26 février à 11 heures du soir. Fonds Mazon. Chr. 13.

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