Arch. Ard. L 106, article XVI du règlement de police
difficultés avec leurs paroissiens, accorde aux frais de la nation des vicaires à des desservants âgés et infirmes, modère ou supprime la taille des congruistes !. Jusqu'au printemps de 1791, il mentionne régulièrement, dans ses procès-verbaux ?, l'interruption de ses travaux chaque dimanche pour l'assistance à la messe. Le 15 août 1791, il se rend encore « dans l'église paroissiale, pour assister en corps à la procession de la festivité », et ne manque pas de faire valoir ses droits de préséance sur la municipalité #. Les districts né sont pas moins fidèles à ces manifestations extérieares du culte, ni moins empressés à revendiquer la place d'honneur qui leur revient dans le cortège f.
La plupart, cependant, sont des légistes de l’ancien régime, des juristes élevés dans les traditions gallicanes, convaincus de la suprématie du pouvoir civil, roi ou nation, et de son indépendance complète à l'égard de Rome. Pour eux, le droit et le pouvoir de l'Assemblée nationale de légiférer, sans recourir au Souverain Pontife, sur toutes les questions qui, de près ou de loin, touchent à l'organisation civile et temporelle de l'Eglise ne sauraient se mettre en doute. Si les élections des évêques et des curés heurtent un peu leurs habitudes, ils se rallient vite à l'opinion qui prétend y voir un retour aux usages de la primitive Eglise. Enfin, les déclarations de l’Assemblée, les lettres de Boissy d'Anglas et de StMartin?, l'attitude des prêtres patriotes et surtout l'exemple de Savine leur apporteraient, s'il en était besoin, tous les apaisements nécessaires. À leurs yeux, l'œuvre de l'Assemblée est un bloc intangible et sacré. Porter une main sacrilège sur le moindre détail semblerait un crime. Ce serait ébranler cette Constitution, si impatiemment attendue, qui « doit faire le bonheur de tous les Franais ». La plupart comprennent difficilement qu’une organisation,
. 1 Cf. Les interventions du directoire en faveur de Marconnès, curé de Dompnac, de Chevallier, curé de St-Jean-Roure, de Didier, curé de St-Alban d'Ay, des curés de St-Appolinaire-de-Rias, de Dornas, etc. ete. Arch. Ard L 119-120 et L 350.
2. C'est le 27 mars 1791 qu'il est question, pour la dernière fois, de l’assistance en corps à la messe paroïssiale. Arch. Ard. L 120.
3. La prétention de la municipalité de Privas, de se mettre sur le même pied que les adininistrateurs, provoque un échange de lettres aigre-douces entre le directoire et le maire et un long arrêté du département, le 17 août 1791, pour le maintien de ses droits. Arch. Ard. L 121.
4. Cf. le conflit ne le directoire d'Aubenas et la municipalité de cette ville. Fonds Mazon. Chr. 14.